Wonder Woman peut sauver le monde, mais même Gal Gadot ne peut pas sauver la ‘Justice League’
Rechercher

Wonder Woman peut sauver le monde, mais même Gal Gadot ne peut pas sauver la ‘Justice League’

Doté d’un budget colossal, avec un scénario laborieux et des effets spéciaux risibles, ce nouvel épisode de superhéros prouve que parfois tout ce qui brille n’est pas en or

Gal Gadot, dans "Wonder Woman", produit par la Warner Bros. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Gal Gadot, dans "Wonder Woman", produit par la Warner Bros. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Malgré ses apparitions conséquentes à l’écran et son incontestable charisme, Gal Gadot, la découverte israélienne la plus importante depuis les Rouleaux de la mer Morte, ne parvient pas à sauver ce film décousu, ennuyeux et inutile.

Ce n’est pas seulement insipide, c’est surtout exaspérant. Le monde entier aime ces personnages, et tant de temps, d’efforts et d’argent ont été investis dans ce projet. Tout le problème réside dans le fait que l’histoire de la « Justice Ligue » est pratiquement inexistante – et plus insultant encore : les effets spéciaux hollywoodiens sont lamentables.

S’il s’agissait d’une série B à petit budget, ça pourrait éventuellement passer. Mais ce film d’une célèbre franchise a coûté plus que le PIB de certains petits pays. Du grand n’importe quoi !

Les choses commencent quand Batman, alias Bruce Wayne (Ben Affleck), combat le crime dans Gotham (comme il le fait toujours) mais commence à repérer de plus de plus de créatures volantes. (Pour la précision, on les appelle des Paradémons). Quand ils implosent, ils laissent derrière eux une marque : trois cubes. Ce sont trois cubes que Batman se souvient avoir vus dans les cahiers de Lex Luthor, c’est pour cela qu’ils sont méchants.

Il décide qu’il est temps de faire appel aux autres « métahumains » dont on a eu un bref aperçu dans « Batman V Superman : l’Aube de la Justice ».

On retrouve tout d’abord Aquaman (Jason Momoa) amusant, mais qui ne fait pas grand chose d’autre à part nager. Il y a aussi Cybord (Ray Fisher), un gamin inquiétant avec une capuche, qui passe le plus clair de son temps à regarder fixement ses mains. Il y a aussi Superman (Henry Cavill) mais il est mort pendant la première partie du film (contrairement au script de ce film qui est mort tout court). Enfin, il y a Barry Allen, alias Flash (Ezra Miller), mais on en reparlera plus tard.

Avant que l’équipe ne se forme, il y a des scènes d’actions avec Wonder Woman, où elle déjoue une attaque terroriste au British Museum. Ce n’est pas aussi bien tourné que dans le film en solo de Gal Gadot, « Wonder Woman », mais ici aussi, elle est impressionnante dans ses mouvements athlétiques, ses semi-sourires et ses poses.

Gal Gadot n’est peut-être pas une vraie comédienne (ses commentaires sur ces trois cubes mystérieux plus tard dans le film donnent l’impression qu’elle est autant confuse que nous) mais c’est une remarquable star de cinéma.

Elle n’est pas seulement « belle » – ses regards expriment la confiance et la grâce qui auraient fait d’elle une légende du cinéma, même à l’époque du muet. Elle aime la caméra qui lui renvoie son amour. Oui, cela peut sembler ridicule qu’elle, dans son rôle de conservatrice au Louvre, enlève la poussière des statues dans une robe blanche serrée avec un soutien-gorge push-up, mais bon, personne n’est jamais venu voir un film de super-héros pour son réalisme.

Heureusement qu’elle n’a pas besoin d’effets éblouissants pour illuminer l’écran, car les images de synthèse dans la « Justice League » sont tout simplement horribles. Il y a un champ de maïs créé sur fond vert qui a tout simplement fait rire le public. Dans ce film, l’action ressemble tellement à un jeu vidéo à tel point que j’ai voulu saisir la manette de jeu dans un réflexe de mémoire musculaire.

L’affrontement arrive quand le grand méchant, un sadique minotauresque mal fichu et appelé Steppenwofl, sort d’un portail pour rassembler les trois cubes que j’ai évoqué plus tôt. Quand il aura accompli cela, l’ « Unité » sera complétée, et ensuite, je ne sais pas, je crois qu’il aura le droit à un taux d’intérêt diminué ou quelque chose dans le genre. Ses projets sont très vagues.

Par contre, le sentiment de culpabilité qu’éprouve Batman pour la blessure de Superman dans l’épisode précédent n’est pas vague. En plus de vouloir sauver le monde, c’est ce qui le motive à créer cette nouvelle équipe de superhéros.
Aquaman, comme je l’ai mentionné, apporte un souffle nouveau (ironiquement : il ne respire que sous l’eau) car il est interprété comme un gars dur et adorable – le type de gars qui écrase des canettes de bière sur sa tête. A l’inverse, dans le rayon testostérone, on retrouve Barry Allen, et je crois qu’il est temps de faire notre grande révélation : Flash est juif !

Bande-annonce de ‘Justice League’ sorti le 8 octobre 2017. (Capture d’écran: YouTube)

Non, je ne veux pas seulement dire qu’Ezra Miller, l’acteur, est juif. Je veux dire que le personnage, pour la première fois dans son histoire vieille de 77 ans, est un membre de confession juive. Baruch Hashem !

Le Barry Allen que nous découvrons est un vrai moulin à paroles qui se décrit lui-même comme un « mec juif attirant » qui joue du violon, qui s’intéresse à la création de sites internet, à la langue de signes et, également à la langue des signes de gorilles. Il a du mal à se faire des amis parce qu’il a toujours deux kilomètres d’avance sur tout le monde. Il mange aussi tout le temps, grâce à son super métabolisme, qu’il décrit comme étant un « trou à snack » avec ses molécules vivantes dans le Speed Force. (Au cas où vous ne le sauriez pas, le truc principal de Flash est de courir très vite. Mais peut-il courir aussi vite que Superman ?)

Si c’est très bien de voir une représentation juive dans les grands films internationaux, il est indéniable que l’humour du personnage est aux limites de l’ennui. D’un côté, il est mignon ; mais de l’autre, il est embarrassant lorsqu’il essaie de se battre avec le mec afro-américain cool (Cyborg) qui le regarde comme s’il était un pauvre type.

La meilleure chose que l’on puisse dire au sujet de la « Justice League » : les deux heures passent relativement vite. « Batman V Superman » durait environ 40 jours et 40 nuits. Cela fera certainement un carton, et vous pourriez bien vous retrouver entraîner au cinéma par des enfants excités, mais vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu.

Heureusement, quand toute une équipe est impliquée, personne n’est totalement responsable. Ezra Miller aura un film Flash en solo, et peut-être que son film sera bon. (La série Flash qui est actuellement à la tv est, toutefois, bien meilleure).

Petit aparté : avec la même équipe créatrice en place pour le deuxième épisode de Wonder Woman, on a toutes les raisons d’espérer qu’il sera comparable au premier. Peut-être que Wonder Woman et Flash pourront un jour faire équipe. Et si la « Justice League » était la « Juif League », hein ?

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...