« Working woman »: chronique israélienne d’un harcèlement ordinaire
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« Working woman »: chronique israélienne d’un harcèlement ordinaire

Alors que MeToo est né au moment où elle tournait le film, Michal Aviad est "contente que le film sorte au moment où l'on est dans une refonte globale d'un vieux système"

Michal Aviad et Menashe Noy dans Working Woman. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Michal Aviad et Menashe Noy dans Working Woman. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Avec « Working woman », en salles mercredi, la réalisatrice israélienne Michal Aviad signe un film engagé sur le harcèlement sexuel au travail, à travers l’histoire d’une jeune femme qui se retrouve peu à peu sous l’emprise de son patron.

Le film suit Orna (Liron Ben Shlush), mère de trois enfants, dont le mari vient d’ouvrir au restaurant. Elle décide de changer de travail pour subvenir aux besoins de sa famille et s’ouvrir de nouvelles opportunités dans l’immobilier.

Mais, appréciée par son patron Benny (Menashe Noy), avec qui elle passe beaucoup de temps, Orna s’aperçoit peu à peu que celui-ci devient par moments intrusif et incorrect, se permettant une remarque ou un geste déplacés pour mieux s’excuser ensuite. Elle décide de garder le silence, jusqu’au jour où tout dérape. Honteuse puis révoltée, elle décide alors de mettre fin à une situation qu’elle ne peut plus supporter.

Avec ce film choc sur le harcèlement, sa mise en place et les sentiments complexes que ressentent ses victimes, Michal Aviad explique avoir voulu « mettre une loupe sur les détails de cette relation si complexe », sur « ces zones grises dans lesquelles nous autres, femmes, avons souvent l’habitude d’évoluer ».

« Nous connaissons tous des hommes parfaitement charmants, intelligents, généreux, qui se révèlent être aussi des harceleurs », poursuit dans les notes du film la cinéaste, féministe engagée, qui signe là son deuxième film de fiction après « Invisible » et de nombreux documentaires.

« Nous étions tous d’accord pour ne pas faire de Benny un monstre. Il apprécie vraiment Orna, et il est même peut-être amoureux, mais il est aussi parfaitement conscient du pouvoir qu’il a sur elle et il s’en sert. Orna, pour sa part, choisit de continuer à collaborer avec Benny parce qu’elle veut travailler et prendre du galon, mais aussi pour subvenir aux besoins de sa famille. Il y a une vraie réalité économique et sociale », dit-elle encore.

Michal Aviad et Menashe Noy dans Working Woman. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Alors que le mouvement MeToo est né au moment où elle tournait « Working Woman », Michal Aviad, qui s’est intéressée déjà plusieurs fois à des destins de femmes, s’estime « contente que le film sorte au moment où l’on est dans une refonte globale d’un vieux système ».

Mais, tempère-t-elle, « mon histoire est différente de celles de #MeToo ».

« Orna n’est ni riche, ni célèbre, et elle ne fait pas les gros titres des journaux. Elle est comme des millions de secrétaires, de femmes de chambre, d’infirmières ou d’assistantes personnelles qui ont trop à perdre si elles parlent ».

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