Yahadout HaTorah autorisera les femmes à se présenter sur sa liste – mais…
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Yahadout HaTorah autorisera les femmes à se présenter sur sa liste – mais…

En réponse à la requête de la Cour Suprême, Agudath Israël, membre de Yahadout HaTorah, a déclaré que le Conseil des Sages de la Torah maintiendra le statu quo de toute façon

Membres du parti ultra-orthodoxe Yahadut HaTorah à la Knesset le 13 septembre 2017 (Flash90).
Membres du parti ultra-orthodoxe Yahadut HaTorah à la Knesset le 13 septembre 2017 (Flash90).

Le parti ultra-orthodoxe Agudath Israël a notifié à la Cour suprême de justice qu’il supprimera une clause du règlement du parti qui interdit aux femmes de se présenter aux élections sur la plate-forme du parti.

Cependant, le parti – qui, avec Degel Hatorah, forme le parti Yahadout HaTorah à la Knesset et siège dans la coalition gouvernementale – a également souligné que cette décision était purement symbolique et que les femmes seraient encore effectivement interdites.

La cour avait fait savoir aux représentants des partis au début du mois d’août qu’ils devaient trouver une solution à une clause discriminatoire qui stipule que seuls les hommes peuvent figurer sur la liste des candidats à une charge publique élective.

Et bien que le parti ait accepté lundi de supprimer la référence aux hommes, il a également noté que les nominations des candidats continueront d’être du ressort du Conseil des sages de la Torah, du conseil d’élaboration des politiques de Yahadut HaTorah ou des rabbins.

« Comme la position du Conseil des Sages de la Torah n’a pas changé, et tout candidat à l’adhésion au parti doit s’engager à suivre les décisions du Conseil des Sages de la Torah, la modification du règlement n’entraînera aucun changement réel en ce qui concerne la reconnaissance par le parti », a-t-il dit dans un communiqué.

Yaakov Litzman de Yahadut HaTorah quitte une session du Conseil des Sages de la Torah à Jérusalem le 27 août 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

On ne sait pas si cette décision sera de nature à satisfaire le tribunal.

La requête au tribunal avait été présentée par Tamar ben-Porat, une femme laïque, à laquelle se sont jointes les avocates Neta Ziv et Neta Levy d’Itach Maakei – Women Lawyers for Social Justice, représentant 10 organisations de femmes qui souhaitaient se joindre à la pétition. La requête a également été soutenue par Nivcharot, un mouvement de femmes ultra-orthodoxes qui se compare aux suffragettes du début du 19e siècle.

Agudath Israël, fondé en 1912, représente principalement la branche hassidique de la communauté ultra-orthodoxe, et s’est joint au parti Degel Hatorah pour former Yahadout HaTorah, qui a un total de six sièges à la Knesset actuelle. Ni le groupe, ni le parti Shas, qui représente principalement la communauté juive sépharade ultra-orthodoxe originaire d’Espagne et d’Afrique du Nord, n’a de candidates à la Knesset ou aux élections municipales.

En août, Nivcharot a posté sur Facebook que l’avocat représentant Agudath Israël a admis qu’il n’y avait pas de base claire dans la loi juive (halakha) pour bannir les femmes de la fonction publique, mais que selon les coutumes de la communauté, cela n’était pas permis.

« Bien que la présence de représentantes féminines ne pose pas de problème halachique, cela n’est pas convenable », a-t-il déclaré à la cour.

Estee Rieder-Indursky, membre du groupe féminin ultra-orthodoxe Nivcharot, lors d’une interview, le 31 juillet 2018 (Capture d’écran : i24 News)

Même si les partis permettent aux femmes de s’inscrire sur leur liste électorale, que ce soit volontairement ou sur décision de justice, il ne s’agit peut-être que d’une victoire symbolique. Les partis seraient en mesure de veiller à ce que les femmes ne figurent pas assez haut sur la liste pour avoir une chance réaliste d’être élues.

Mais Estee Rieder-Indursky, représentante de Nivcharot, a déclaré à i24 news que les victoires symboliques étaient également importantes. « Pour nous, nous ne sommes pas en 2018. Nous sommes en 1918, a-t-elle déclaré. « Nous sommes au milieu de la lutte des suffragettes. »

Environ 11 % des 8,5 millions d’Israéliens sont Haredi, ou ultra-orthodoxes. Reconnaissables aux chapeaux noirs et aux longs vêtements noirs des hommes, ils mènent souvent une vie en marge de la majorité juive plus laïque et se conforment rigoureusement aux lois juives.

Les femmes ultra-orthodoxes s’habillent traditionnellement en jupes longues et chemises à manches longues, couvrant leurs cheveux si elles sont mariées. Les hommes et les femmes sont assis séparément dans les synagogues et les mariages, et les femmes et les hommes qui ne sont pas de la famille s’abstiennent de tout contact physique.

Non seulement les femmes sont exclues de la politique, mais la plupart des médias ultra-orthodoxes d’Israël – qui comprennent quatre quotidiens, deux hebdomadaires principaux et deux sites Web principaux – refusent de montrer des images de femmes, affirmant que ce serait une atteinte à la pudeur.

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