Yair Netanyahu compare les médias à la réalisatrice nazie Riefenstahl
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Yair Netanyahu compare les médias à la réalisatrice nazie Riefenstahl

Les journalistes condamnent le tweet du fils du Premier ministre, coutumier des publications incendiaires sur les réseaux sociaux

Adolf Hitler et Leni Riefenstahl pendant le tournage du 3triomphe de la Volonté", en 1934 (Crédit : Domaine public)
Adolf Hitler et Leni Riefenstahl pendant le tournage du 3triomphe de la Volonté", en 1934 (Crédit : Domaine public)

Yair, le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a comparé les journalistes aux propagandistes nazis dans la soirée de jeudi, écrivant sur Twitter que la réalisatrice du troisième Reich « Leni Riefenstahl aurait eu beaucoup à apprendre des médias israéliens ».

Riefenstahl était proche d’Adolf Hitler et elle avait réalisé un certain nombre de films de propagande nazis, notamment « Triomphe de la volonté », de triste mémoire, en 1935.

Les journalistes israéliens ont rapidement condamné cette comparaison.

« Journaliste et fils d’un survivant de la Shoah, cette comparaison me choque », a tweeté le journaliste spécialiste des questions parlementaires de Maariv, Arik Bender.

Capture d’écran de la vidéo de Yair Netanyahu lors d’une interview sur Blaze TV diffusée le 11 juin 2019. (YouTube)

Interpelé par Uriah Canaff, rédacteur-en-chef adjoint de l’édition du week-end de Haaretz, Yair Netanyahu a répondu qu’il « devrait interroger vos patrons de Dumont Schauberg. Ils connaissent un truc ou deux sur la propagande nazie ».

La maison d’édition Dumont Schauberg, qui a soutenu l’ascension du parti nazi par le biais de son journal Kölnische Zeitung, détient 25 % des parts du journal Haaretz.

Le Premier ministre et son fils aîné sont des critiques fervents des médias israéliens, que Netanyahu père a accusé de laisser se propager des « Fake news ». Il a également clamé que la presse prenait part à une « chasse aux sorcières » à son encontre, aux côtés de la gauche et de la hiérarchie judiciaire de l’Etat juif.

Netanyahu et ses partisans ont intensifié récemment leur rhétorique suite à l’annonce, la semaine dernière, de la mise en examen du Premier ministre pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois dossiers par le procureur-général Avichai Mandelblit. Deux de ces affaires impliquent des tentatives de passer des accords de compromis avec les propriétaires de médias israéliens, avec pour objectif de bénéficier d’une couverture plus positive de ses actions.

Les critiques accusent Netanyahu d’incitations contre le système judiciaire et la presse. Mardi soir, lors d’un rassemblement organisé pour « mettre un terme au coup d’Etat » contre Netanyahu, ses partisans ont agressé verbalement et physiquement un certain nombre de journalistes.

Le Premier ministre a minimisé mercredi les incidents de harcèlement mais vivement recommandé à ses partisans d’éviter les violences.

« Les médias piocheront toujours des cas individuels sur ces milliers de personnes qui se trouvaient là dans le seul but de vous délégitimer, mais ils ignoreront des cas bien plus graves dans les manifestations de gauche », a dit le Premier ministre dans une vidéo. « Ceci étant dit, j’ai une demande : il est important d’agir de manière responsable, dans le cadre de la loi, sans zèle outrancier et sans violences. Nous respectons le droit et nous respections les tribunaux. Je suis sûr que la justice et la vérité émergeront de tout ça. »

Capture d’écran du dessin animé représentant George Soros et publié par Yair Netanyahu, le 8 septembre 2017. (Crédit : Facebook)

Yair a l’habitude de poster des messages incendiaires sur les réseaux sociaux – notamment un message qui semblait perpétuer le trope antisémite du financier juif hongrois George Soros contrôlant en secret le monde.

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