Yariv Levin dénonce « l’absence de réaction à l’incitation contre Netanyahu »
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Yariv Levin dénonce « l’absence de réaction à l’incitation contre Netanyahu »

Le président de la Knesset juge que le procureur général minimise les menaces d'assassinat, une semaine après que Mandelblit a rejeté une plainte similaire d'Amir Ohana

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député du Likud Yariv Levin lors d'une réunion du parti à la Knesset, le 9 décembre 2013. (Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député du Likud Yariv Levin lors d'une réunion du parti à la Knesset, le 9 décembre 2013. (Miriam Alster/Flash90)

Le président de la Knesset, Yariv Levin, un proche allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a dénoncé dimanche un « manque de réaction » du procureur général face aux menaces d’assassinat présumées contre le Premier ministre, ainsi qu’aux protestations continues contre la corruption.

« Nous avons vu comment les événements sont exploités par mépris des symboles de l’État, et les graves menaces d’assassinat et l’incitation sans précédent contre le Premier ministre et sa famille. Cependant, nous constatons un réel manque de réaction de la part des institutions judiciaires et du procureur général », a écrit M. Levin dans un message publié sur Facebook. « Les autorités judiciaires auraient dû agir de la même manière que les policiers sur le terrain, qui sont les seuls à tenir bon face aux manifestations violentes ».

« C’est un test pour toutes les institutions judiciaires. Elles doivent mettre fin à l’inaction et agir vigoureusement pour protéger tous les citoyens israéliens », a écrit M. Levin.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana a également affirmé à plusieurs reprises que les protestations à travers le pays contre la corruption et la gestion par le gouvernement de la pandémie de coronavirus font partie d’une tendance à l' »incitation » contre Netanyahu qui, selon lui, est pire que la période qui a précédé l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995.

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors d’une manifestation à l’université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)

Mais la semaine dernière, le procureur général Avichai Mandelblit a rejeté les allégations d’Ohana selon lesquelles il ne prenait pas au sérieux les récentes menaces contre Netanyahu.

Ohana, un allié de ce dernier au sein du Likud, qui s’était auparavant opposé à Mandelblit à plusieurs reprises en tant que ministre de la Justice, a envoyé à Mandelblit une lettre accusant le procureur général d’ignorer les menaces présumées contre le chef du gouvernement.

Dans sa réponse cinglante, Mandelblit a décrit la lettre d’Ohana comme étant « truffée de fausses allégations infondées contre les institutions judiciaires ».

Le procureur a répondu qu’il n’y avait pas de menaces spécifiques et crédibles qui, selon lui, justifiaient une enquête. Il a ajouté que des menaces crédibles avaient déjà été examinées et a souligné qu’il ne « prenait pas à la légère la gravité des menaces d’incitation ».

Il a déclaré que toutes les décisions de son bureau étaient « prises uniquement sur une base professionnelle et factuelle, jamais sur la base de considérations inappropriées ou personnelles », notant que des enquêtes criminelles ont été ouvertes dans trois cas de menaces contre Netanyahu, et qu’une mise en examen avait été prononcée dans l’une d’entre elles.

Le ministre israélien de la Sécurité publique Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (Flash90)

Ohana s’est entretenu avec la radio Kan dimanche, un jour après que des milliers de personnes ont participé aux manifestations contre Netanyahu dans tout le pays. Plusieurs personnes ont été arrêtées lors du plus grand rassemblement de Jérusalem, alors que la police affrontait les manifestants. Trois autres personnes ont été arrêtées lors d’incidents distincts pour avoir attaqué des manifestants dans la capitale et dans d’autres lieux.

« Il y a un sentiment et une forte probabilité que cela se termine par un bain de sang », a commenté Ohana. « Je suis vraiment inquiet de la haine qui règne actuellement. »

Selon des enregistrements ayant fuité dimanche, Ohana veut « contester » un arrêt de la Haute Cour de justice qui a permis la poursuite des protestations à Jérusalem contre Netanyahu, et exerce une immense pression sur la police pour qu’elle renforce sa répression des manifestants.

Pendant ce temps, le comité ministériel qui s’occupe des questions liées au service de sécurité interne du Shin Bet, serait sur le point de discuter de l’augmentation des effectifs de sécurité du Premier ministre à la lumière des protestations.

Des manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de sa résidence officielle à Jérusalem, le 25 juillet 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon la chaîne Kan, le ministre des Renseignements Eli Cohen a indiqué qu’il avait initié le prochain débat sur la question par le comité, qui est dirigé par Netanyahu.

Ce dernier a récemment déposé plusieurs plaintes auprès de la police pour menaces à son encontre et celle de sa famille.

La semaine dernière, la police a annoncé la mise en examen d’un homme de la ville de Safed, dans le nord du pays, qui avait menacé d’assassiner le chef du gouvernement.

Le mois dernier, le Premier ministre a porté de telles accusations contre un internaute non spécifié qui, selon lui, avait menacé de les assassiner, lui et sa femme.

Toujours en juin, un homme a été arrêté pour l’avoir menacé dans un message sur les réseaux sociaux, avait rapporté la police, sans donner plus de détails sur les menaces. Le suspect, un résident de 21 ans du nord d’Israël, a été arrêté par l’unité cybernétique de la brigade criminelle nationale Lahav 433 de la police.

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