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YouTube: Les profs d’histoire ne peuvent plus télécharger de clips sur Hitler

La plateforme de partage vidéo de Google aurait bloqué les chaînes des enseignants montrant des films historiques sur le chef nazi pour violation des règles anti-discours de haine

Adolf Hitler, (au centre), saluant les troupes de la Wehrmacht allemande qui défilent à Varsovie, en Pologne, au mois d'octobre 1939, après l'invasion allemande. Derrière, de gauche à droite : Le commandant en chef de l'armée, le  Colonel Général Walther von Brauchitsch, le nouveau commandant de Varsovie, le Lieutenant Général Friedrich von Cochenhausen, le Colonel Général Gerd von Rundstedt, le Colonel Général Wilhelm Keitel. (Crédit : AP Photo)
Adolf Hitler, (au centre), saluant les troupes de la Wehrmacht allemande qui défilent à Varsovie, en Pologne, au mois d'octobre 1939, après l'invasion allemande. Derrière, de gauche à droite : Le commandant en chef de l'armée, le Colonel Général Walther von Brauchitsch, le nouveau commandant de Varsovie, le Lieutenant Général Friedrich von Cochenhausen, le Colonel Général Gerd von Rundstedt, le Colonel Général Wilhelm Keitel. (Crédit : AP Photo)

Les enseignants sont dans l’incapacité de télécharger des clips historiques du leader nazi Adolf Hitler sur YouTube après que le géant de l’hébergement de vidéos a annoncé qu’il supprimait les contenus qui nient la Shoah ou qui glorifient le nazisme, a fait savoir le Guardian jeudi.

Le professeur britannique Richard Jones-Nerzic a expliqué au journal que cette politique était particulièrement problématique, les élèves en histoire ayant un lourd programme sur la Seconde Guerre mondiale.

Il a expliqué au journal que certaines vidéos téléchargées sur sa chaîne, provenant d’anciens documentaires, sur l’ascension du nazisme comportaient dorénavant des avertissements sur un contenu qui pouvait se révéler offensant et que d’autres avaient été totalement supprimées.

Jones-Nerzic a indiqué qu’il ferait appel de cette décision auprès de YouTube, disant qu’il s’agissait d’une « forme de négationnisme ou même de déni de la Shoah ».

Des membres SS portent des drapeaux avec une croix gammées et des noms des régions et des villes allemandes alors qu’il marchent vers la mairie de Nuremberg, en Allemagne, le 10 septembre 1935, pour ouvrir la convention du Parti des Travailleurs d’Allemagne Nationale Socialiste (AP Photo).

Les enseignants auraient trouvé pour leur part cette initiative très problématique, utilisant le site pour montrer des vidéos aux élèves pendant leurs cours.

Scott Allsop, qui dirige un site internet d’histoire et qui enseigne dans une école internationale en Roumanie, a expliqué que sa chaîne YouTube avait été supprimée pour violation des règlements anti-discours de haine.

YouTube lui a envoyé un courriel disant que la chaîne avait été supprimée pour avoir affiché « un contenu faisant la promotion de la haine ou de la violence contre les membres d’un groupe protégé ». Son compte a été restauré suite à un appel mais il dit au Guardian avoir entendu parler de professeurs qui avaient rencontré le même problème.

Cette initiative de YouTube de supprimer des contenus qui nient la Shoah ou glorifient le nazisme avait été annoncée sur le blog officiel de l’entreprise et elle marque une nouvelle étape dans la guerre contre les discours de haine, a fait savoir la firme.

En 2017, cette plateforme de vidéos détenue par Google avait adopté un positionnement plus dur envers les contenus suprématistes, limitant les actions comme le partage, les recommandations ou les commentaires des clips concernés. Une politique qui, selon la compagnie, a permis de réduire le nombre de vues de ces vidéos de 80 % en moyenne.

Cette dernière étape vise à interdire les vidéos qui prétendent « qu’un groupe en particulier est supérieur dans le but de justifier les discriminations, la ségrégation ou l’exclusion sur la base de qualités comme les âges, le sexe, la race, la caste, la religion, l’orientation sexuelle ou le statut de vétéran ». Ce dernier se réfère au statut d’une personne qui a servi au sein de l’armée.

« Ce qui inclut, par exemple, les vidéos qui font la promotion ou la glorification de l’idéologie nazie qui est discriminatoire en elle-même », a ajouté YouTube.

« Enfin, nous supprimerons les contenus niant que certains événements très documentés – comme la Shoah ou la fusillade survenue à l’école élémentaire Sandy Hook – ont bien eu lieu ».

In this photo provided by the Newtown Bee, Connecticut State Police lead a line of children from the Sandy Hook Elementary School in Newtown, Conn. on Friday, Dec. 14, 2012 after a shooting at the school. (photo credit: AP Photo/Newtown Bee, Shannon Hicks)
Sur cette photo fournie par la Newtown Bee, la police de l’État du Connecticut dirige une file d’enfants de l’école élémentaire Sandy Hook à Newtown, Connecticut, le 14 décembre 2012 après une fusillade à l’école. (AP Photo/Newtown Bee, Shannon Hicks)

YouTube a expliqué que le site avait réalisé que des contenus de ce type pouvaient être précieux pour les chercheurs et pour les ONG qui tentent de comprendre la haine pour la combattre et qu’il recherche actuellement des moyens permettant de les laisser à disposition dans l’avenir.

« Nous commençons à mettre en vigueur cette politique dès aujourd’hui. Toutefois, il faudra du temps pour que nos systèmes soient pleinement efficaces et nous élargirons graduellement notre couverture au cours des mois à venir ».

YouTube a noté avoir piloté une mise à jour de ses systèmes américains au mois de janvier pour réduire le nombre de recommandations sur des « des contenus limites et de désinformation, comme les vidéos prônant un traitement miraculeux mensonger contre une maladie grave, ou qui affirment que la terre est plate ».

Le site a ajouté espérer étendre ce système mis à jour à un plus grand nombre de pays d’ici la fin de l’année.

« Grâce à ce changement, le nombre de personnes ayant regardé ce type de contenu par le biais de recommandations a chuté de plus de 50 % aux Etats-Unis ».

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