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Zehava Galon revient en politique pour empêcher le retour de Netanyahu

« Il ne s’agit pas que du Meretz », déclare la politicienne de gauche. Si Netanyahu redevenait Premier ministre, « je ne pourrai plus me regarder dans le miroir »

Zehava Galon, présidente du Meretz, pendant un rassemblement de La Paix Maintenant sur la place Rabin de Tel Aviv, le 27 mai 2017. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)
Zehava Galon, présidente du Meretz, pendant un rassemblement de La Paix Maintenant sur la place Rabin de Tel Aviv, le 27 mai 2017. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

L’ex-présidente du Meretz, Zehava Galon, a déclaré mercredi que sa décision de revenir en politique et se présenter aux primaires du Meretz en vue des prochaines élections était mue par la crainte que le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, ne revienne au pouvoir. Elle a ajouté que si cela se produisait, elle « ne pourrait pas se regarder dans le miroir ».

Dans une interview accordée à 103 Radio, la politicienne explique qu’au «  cours des deux dernières semaines, les choses ont changé. » Elle avait récemment déclaré ne pas avoir l’intention de se présenter à nouveau à la direction du parti de gauche.

« Tout d’abord, les circonstances politiques ont changé », confie-t-elle, évoquant le récent départ de hauts responsables du Meretz, parmi lesquels Issawi Frej, Nitzan Horowitz et Tamar Zandberg.

Frej a appelé à plusieurs reprises au retour de Galon, et le président du parti, la députée Michal Rozin, ferait également partie de ceux qui ont souhaité son retour.

Galon a également mis en avant les récents sondages indiquant que le Meretz pourrait ne pas franchir le seuil minimum requis pour entrer à la Knesset.

Un récent sondage de la Treizième chaine a montré que, sous la direction de Galon, le Meretz obtiendrait cinq sièges, contre quatre si le député Yair Golan, son unique challenger, remportait les primaires du parti. Les sondages télévisés israéliens sont notoirement peu fiables, mais ils orientent souvent la prise de décision des politiciens.

Le Meretz dispose actuellement de six sièges.

Le député, Yair Golan s’exprimant lors d’une conférence organisée par Democrat TV à Jaffa, le 7 juin 2022. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

Galon a dirigé le Meretz entre 2012 et 2018 et a démissionné avant les élections de 2019, qui ont marqué le début de la période d’instabilité politique et d’élections successives qu’a connu Israël.

« J’ai eu une vie géniale depuis mon départ de la vie politique », confie-t-elle.

Mais elle a estimé de sa responsabilité de tout faire pour empêcher le bloc de droite, emmené par Netanyahu, de revenir au pouvoir.

« Il ne s’agit plus seulement du Meretz », indique-t-elle. « Si le Meretz ne franchit pas le seuil et que le bloc d’extrême droite, théocratique, messianique et kahaniste gagne, les gens me diront : ‘Comment avez-vous pu nous abandonner ?’ »

« J’ai réalisé que si je ne fais pas cela et que [Netanyahu] revenait au pouvoir, je ne pourrai plus me regarder dans un miroir », poursuit-elle.

Galon a suggéré que son retour à la vie politique donnerait du fil à retordre à la droite israélienne. « Je peux attirer au Meretz des sympathisants du parti travailliste et de Yesh Atid. »

Évoquant une la possible fusion avec le Parti travailliste, actuellement dirigé par Merav Michaeli, Galon a indiqué avoir le plus grand respect pour Michaeli, disant qu’elle ferait tout son possible pour amener son parti à conclure une alliance si elle était élue à la tête du Meretz.

Dans une précédente interview, Galon avait indiqué qu’une fusion avec le Parti travailliste « maximiserait » l’électorat des deux partis.

Zehava Galon, à gauche, s’adresse à des milliers de militants de gauche israéliens lors d’un rassemblement à Tel-Aviv le 27 mai 2017 ; la leader travailliste Merav Michaeli assiste à une conférence à Rishon Lezion, le 19 juillet 2022. (Crédit : Gili Yaari/Flash90) ; (Flash90)

Toutefois, Michaeli, devenue lundi la première présidente du parti travailliste à conserver son siège lors de primaires consécutives, a rejeté à plusieurs reprises cette éventualité, rappelant qu’elle n’avait pas l’intention de faire liste commune avec le parti de gauche, comme il y a deux ans. Elle souhaite repositionner le Parti travailliste comme un parti « de centre-gauche » fort, ce qu’elle estime incompatible avec les valeurs du Meretz.

« J’entends ce qu’elle dit et comprends pourquoi elle tient ce discours », a déclaré Galon mercredi. « Dans des circonstances différentes, j’aurais peut-être dit la même chose. Mais je pense qu’à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas nous permettre de nous positionner ainsi. »

« Actuellement, nous sommes confrontés à la montée [d’un bloc dirigé par Netanyahu]. Si cela se produit, Dieu nous en garde, [nous savons ce qui se passera] car ce bloc a déjà indiqué son intention d’anéantir l’État de droit, imposer la suprématie juive, compromettre la démocratie israélienne et nuire aux Arabes. »

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie d’inauguration d’un nouveau quartier à Beit El, en Cisjordanie, le 12 juillet 2022. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

« Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – tout ce monde me fait très peur, et donc je pense que mon attitude envers Merav, une fois que je serai élue [présidente du parti], consistera à faire appel à quiconque souhaite faire partie d’une nouvelle gauche social-démocrate, judéo-arabe plus large, avec l’idée d’un pays égalitaire et démocratique », a expliqué Galon.

Elle a souligné son engagement à mettre sur pied une alliance forte afin de s’opposer au bloc dirigé par Netanyahu, avant les élections du 1er novembre.

« Je ne ferai rien de nature à mettre en danger cette alliance. Je suis totalement impliquée dans ce processus. Je ne me serais pas manifestée, autrement », conclut-elle.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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