Une nouvelle étude démontre un écart important entre les salaires des juifs israéliens d’origine ashkénaze ou européenne, et ceux d’origine séfarade, venant la plupart du bassin méditerranéen.

Le centre Adva, qui regroupe les informations sur l’égalité et la justice sociale en Israël, a publié son rapport annuel le mercredi 29 janvier. Le rapport montre qu’en 2012 le salaire moyen, en zone urbaine, d’un juif ashkénaze était 42% au-dessus de la moyenne de tous les salariés, quant aux juifs séfarades, leurs salaires étaient à peine 9% plus élevés que la moyenne.

Les salariés des arabes israéliens gagnent, toujours en zone urbaine, bien moins que les autres groupes avec des salaires 34% en-dessous de la moyenne. La moyenne comprend cependant les salaires en région rurale.

Le rapport souligne le fait que l’écart reste pratiquement inchangé au cours des 12 dernières années.

L’écart reste pratiquement inchangé au cours des 12 dernières années

L’étude définit les travailleurs ashkénazes comme des personnes nées en Israël d’un père né en Europe ou aux États-Unis. La manière dont l’étude traite des juifs nés aux États-Unis ou d’origine perse ou même la grande majorité des juifs français qui sont d’origine nord-africaine, n’est pas claire.

Le rapport se concentre également sur l’écart considérable général entre les salaires dans l’économie israélienne. Les cinq professions les mieux payées, prises dans les 100 entreprises de la bourse de Tel Aviv, gagnaient en moyenne un salaire annuel moyen de 3,421 millions de NIS (715 000 euros) en 2012, soit 285 100 de NIS par mois (60 000 euros).

Le revenu moyen en Israël est de 9018 NIS (1885 euros) par mois. Quant au salaire minimum israélien en 2012 se situait à 4300 NIS (900 euros) par mois. En d’autres termes, les PDG de ces entreprises ont gagné 42 fois le salaire moyen et 87 fois le salaire minimum.

Les salaires urbains israéliens par origine ethnique. La ligne du dessus représente les juifs ashkénazes. La ligne du milieu représente les juifs séfarades. La ligne du dessous représente les arabes israéliens. La ligne marquée “100″ représente le salaire national moyen. (Crédit : Adva Center)

Les salaires urbains israéliens par origine ethnique. La ligne du dessus représente les juifs ashkénazes. La ligne du milieu représente les juifs séfarades. La ligne du dessous représente les arabes israéliens. La ligne marquée “100″ représente le salaire national moyen. (Crédit : Adva Center)

« À côté de la ‘nation start-up’, qui récompense généreusement ses citoyens – soit seulement 10% des salariés israéliens – et surtout les gérants des grandes entreprises, le « 1% » de la crème de la crème, qui gagnent de gros dividendes, il existe l’‘Israël la basse-classe’, dans laquelle trois quarts des travailleurs salariés gagnent moins que le salaire moyen et 30% gagnent le SMIC ou moins, » est-il écrit dans le rapport.

Quant au statut des arabes israéliens, le rapport dénonce : « Pendant que les dirigeants de la nation se félicitent du très faible taux de chômage national – 5.8% – dans les villes arabes le chiffre du chômage oscille entre 15 et 30%, et dans beaucoup de villes [pauvres] en développement, celui-ci est estimé entre 10 et 15%.

L’étude s’est montrée très critique à l’égard du gouvernement.

« L’inégalité est reconnue dans le monde entier comme une menace sociale et économique. Ce n’est pas le cas en Israël, » explique l’Institut dans un communiqué accompagnant le rapport.

« Ici, le gouvernement décide de traiter – ou plus précisément de ne pas traiter – [de l’inégalité] avec les commissions s’occupant de ces problèmes : le comité Trachtenberg [sur le coût de la vie élevé], le comité sur la concentration économique ou celui destiné à la lutte contre la pauvreté. »

Le centre Adva insiste sur le fait que « l’inégalité est un problème macroéconomique et macro-sociale qui doit être traitée par une politique économique et gouvernementale du plus haut niveau qu’il soit. »

Plus loin, le rapport recommande de « tendre vers une croissance équilibrée, avec des emplois et un salaire respectable à la clé ». Aussi, il faut chercher à « créer un système de services sociaux capable de résoudre les conséquences d’une croissance non-équilibrée. »

Le centre Adva se présente comme « un institut de recherche qui se spécialise dans les tendances sociales et économiques et compare la politique publique en Israël avec les critères d’égalité et de justice sociale. »

Sur son site Web, l’institut prévient qu’ « Israël est un cas classique d’un pays dont les indicateurs macroéconomiques sont bons mais dont la plupart des ménages en sont exclus. »