Le procureur général Avichai Mandelblit aurait approuvé l’ouverture d’une enquête criminelle sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour des accusations de corruption et de fraude.

Netanyahu fera l’objet d’une enquête dans deux affaires séparées, et sera appelé pour être interrogé par la police ces prochains jours, a annoncé la Dixième chaîne mercredi.

Interrogé par le Times of Israël, le ministère de la Justice, l’institution dont dépend le procureur général, a refusé de commenter cette information mercredi soir. Le bureau du Premier ministre n’a pas non plus fait de déclarations.

Ce mois-ci, le député de l’Union sioniste Erel Margalit et Eldad Yaniv, avocat et militant travailliste, avait demandé à la Haute cour de justice pourquoi le procureur général n’avait pas encore ouvert d’enquête malgré, selon eux, des « preuves écrasantes. »

Quelques heures avant la diffusion du reportage de la Dixième chaîne, Yaniv avait écrit sur Facebook que Mandelblit « a réalisé qu’il n’y avait pas d’autre possibilité que d’ouvrir une enquête » après avoir rencontré les enquêteurs.

Eldad Yaniv, militant travailliste, à Tel Aviv, le 8 février 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Eldad Yaniv, militant travailliste, à Tel Aviv, le 8 février 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

« La police a de lourdes preuves liant Bibi [Netanyahu] à des suspicions de corruption et de fraude », a écrit Yaniv.

La police a récemment reçu de nouveaux documents dans le cadre d’une enquête secrète sur le Premier ministre, qui a commencé il y a presque neuf ans, a annoncé mardi la Deuxième chaîne. Sur la base de ces documents, la police s’est tournée vers Mandelblit pour demander une enquête criminelle. Le reportage affirmait que le Premier ministre était notamment soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin et de fraude aggravée.

En juin, Roni Alsheich, le chef de la police, avait donné son feu vert à une enquête ultra-secrète de l’unité anti-corruption Lahav 433, mais avait demandé une coopération totale sur le secret et qu’aucune information ne soit transmise aux médias.

Mandelblit aurait également demandé aux employés du bureau du procureur de l’Etat d’étudier les accusations contre Netanyahu, qui aurait accepté un million d’euros de la part d’Arnaud Mimran, fraudeur français, en 2009.

Ce mois-ci, dans une affaire, apparemment indépendante, certains ont demandé l’ouverture d’une enquête contre le Premier ministre pour son rôle dans l’achat par le ministère de la Défense de sous-marins à une entreprise allemande, en partie possédée par le gouvernement iranien.