Le commandant sortant de la brigade d’infanterie Givati a été officiellement blâmé dimanche, ainsi que plusieurs autres officiers, pour ne pas avoir empêché le vol de 33 fusils d’assaut sur la base de l’unité au début de l’année, a fait savoir un responsable militaire.

Le 26 mai, 33 fusils d’assaut de type M-16 ont été volés sur la base de Sde Teiman dans le sud d’Israël, qui sert de quartier général à la brigade Givati, entraînant une enquête de la police israélienne pour retrouver les armes et les auteurs du larcin ainsi qu’une enquête militaire interne visant à déterminer comment les fusils ont pu être volés à l’armurerie de la base, et les initiatives à mettre en place pour éviter que de tels vols se renouvellent à l’avenir.

Le mois dernier, la police a arrêté sept suspects qui seraient membres d’un réseau de trafics d’armes en liaison avec ce vol. Jusqu’à présent, approximativement la moitié des fusils d’assaut ont été retrouvés, selon le responsable militaire.

Depuis des années, l’armée lutte contre les vols commis sur ses bases, par des soldats, qui dérobent toutes sortes de choses, depuis les balles et les missiles jusqu’aux jeeps, mais également par des gangs criminels.

Des munitions et des magasins saisis par la police suite au vol de fusils réalisés sur une base militaire le 27 mai 2017 (Crédit : Police israélienne)

Des munitions et des magasins saisis par la police suite au vol de fusils réalisés sur une base militaire le 27 mai 2017 (Crédit : Police israélienne)

Les résultats de l’enquête militaire interne, dirigée par le colonel Nir Rosenberg, ont été présentés la semaine dernière au chef d’état-major de l’armée, Gadi Eizenkot. Ce dernier a qualifié cet incident de « très grave, car les fusils auraient pu servir à des crimes ou au terrorisme », a indiqué le responsable militaire.

L’enquête a révélé que les voleurs suspectés ont eu l’autorisation de pénétrer dans la base via un sous-traitant dont les services avaient été loués par un entrepreneur pour effectuer des travaux de maintenance, a ajouté le responsable.

Ces sous-traitants, qui avaient des liens avec de grandes familles du crime, n’ont pas été soumis à une enquête approfondie de la part des militaires avant d’obtenir la permission de pénétrer dans la base de Sde Teiman, à proximité de Beer Sheva, a noté le responsable.

Deux des sept suspects auraient commis le vol lui-même et les autres auraient vendu le butin. Selon les témoignages qu’ils ont déposés auprès des forces de l’ordre, les hommes auraient gagné la confiance de ceux qui devaient les surveiller durant leurs travaux sur la base. L’un des deux aurait brisé la serrure de l’armurerie puis aurait rempli son véhicule de 33 fusils d’assaut avant de remplacer le système de fermeture. Le vol n’aurait été remarqué que quarante-huit heures après environ.

Les soldats, sur la base, n’auraient également pas été formés aux procédures à suivre en cas de vol sur la base, seulement sur une éventuelle tentative d’infiltration depuis l’extérieur.

Au vu de ces découvertes, l’armée a accepté la recommandation d’instituer de nouvelles procédures de sécurité. Elles permettraient de garantir que les entrepreneurs civils intervenant sur une base militaire ont fait l’objet d’un examen approprié, qu’ils ont obtenu une habilitation de sécurité et que leur entrée n’a été autorisée que dans les zones de la base où ils effectuent leurs travaux.

Ces nouvelles mesures interviennent après que les militaires ont pris la décision, une semaine environ après le vol des armes, d’investir la somme de 15 millions de shekels en mesures de sécurité supplémentaires autour des armureries des bases pour éviter qu’un tel incident ne se renouvelle à l’avenir, ou au moins pour le rendre plus difficile.

L’armée avait fait savoir à ce moment-là que ces mesures comprendraient des scanners biométriques, des caméras supplémentaires et des systèmes de serrures améliorés.

Le Colonel Yaron Finkleman, chef sortant de la Brigade Givati, s'exprime lors d'une cérémonie (Crédit : Armée israélienne)

Le Colonel Yaron Finkleman, chef sortant de la Brigade Givati, s’exprime lors d’une cérémonie (Crédit : Armée israélienne)

Le rapport de Rosenberg comprenait également des recommandations de sanctions pour les officiers et les soldats responsables de la base.

Le major supervisant les structures de la base a été démis de ses fonctions, et un officier non-commissionné, responsable des réserves d’urgence, a été transféré à un autre poste et a reçu un blâme officiel, a fait savoir le responsable militaire.

Un certain nombre d’officiers ont été eux aussi officiellement réprimandés. En plus du blâme attribué au commandant sortant de la Brigade Givati, le colonel Yaron Finkleman, le chef du commandement du sud, le général de division Eyal Zamir, a également blâmé le chef-adjoint de la brigade en exercice à ce moment-là, le colonel Yehuda Wach, qui a depuis été promu au commandement d’une brigade de réserve, ainsi qu’un autre officier de la brigade Givati. Deux autres officiers ont été réprimandés par le chef de la 162e division.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.