Un parti d’extrême droite allemand a provoqué l’indignation après qu’il ait demandé à recevoir des données sur le nombre de Juifs vivant dans la ville de Dortmund ainsi que leur répartition selon les districts, a rapporté ce week-end le journal Süddeutsche Zeitung, donnant lieu à des souvenirs troublants parmi la population juive de la ville.

Dennis Giemsch, le seul membre du conseil de la ville du parti « Die Rechte » («Le droit ») a fait cette demande jeudi avec une liste d’autres requêtes diverses aux responsables de la ville, en disant que cela lui était nécessaire « pour le travail politique ».

Le maire de Dortmund, Ullrich Sierau, a rejeté la demande purement et simplement, la qualifiant d’ «inhumaine ». Le Conseil Central des Juifs d’Allemagne a, lui, parlé à propos de l’enquête « d’antisémitisme odieux et perfide ».

Le Daily Mail a rapporté que le document présenté par Giemsch a été transmis au ministère de l’Intérieur dans le lander de Rhénanie du Nord-Westphalie pour examen juridique afin de savoir si ce nouveau parti devait être interdit.

« Die Rechte », formé il y a deux ans, appelle à la « préservation de l’identité allemande » et a été formé par Christian Worch, un néo-nazi fier de l’œuvre de son père dans la Waffen SS pendant la Seconde Guerre mondiale, a rapporté The Independent.

Les députés allemands ont longtemps cherché à abolir les partis d’extrême droite comme le Parti national démocratique (NPD), considéré par beaucoup comme un parti raciste et fasciste, mais n’ont pas encore trouvé les moyens juridiques de le faire. « Die Rechte » prétend être moins radical que le NPD et adhérer à la constitution allemande.

En septembre, le NPD a été expulsé du Parlement en Saxe, un des deux seuls Etats allemands où il avait des députés.

La perte de quelques 2,5 millions d’euros chaque année en financement public, pourrait mettre à mal ce parti considéré depuis quelques années comme le fer de lance du sentiment néo-nazi en Allemagne et une menace pour la réputation du pays.

En septembre, la police allemande avait interrogé deux garçons photographiés ayant fait des saluts hitlériens dans le cadre d’un fan club secret néo-nazi. Les adolescents de l’école de Landsberg, près de Leipzig, dans l’État de Saxe orientale, partageaient secrètement leurs plaisanteries et leur propagande extrémiste avec d’autres camarades de classe à l’aide de l’application de téléphone WhatsApp, a indiqué la police.

Le procureur Andreas Schieweck, 59 ans, a confirmé que les autorités enquêtaient sur les allégations, incluant des références à Hitler en tant que « personne fantastique », « Deutschland – Sieg Heil » etc.

Faire le salut hitlérien ou utiliser des symboles du Troisième Reich comme la croix gammée est illégal selon le droit allemand.