23 000 personnes participent à un rassemblement virtuel contre l’antisémitisme
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23 000 personnes participent à un rassemblement virtuel contre l’antisémitisme

Les deux partis américains dépassent leurs différends partisans habituels : démocrates et républicains s’unissent pour dénoncer ensemble les attaques contre des juifs

Dans une rare démonstration d’unité, un « rassemblement virtuel » pour lutter contre l’antisémitisme a réuni jeudi les principaux républicains et démocrates du Congrès sur la nécessité de lutter contre la haine des Juifs.

L’événement en Zoom, auquel environ 23 000 personnes ont participé, répond à l’importante hausse de l’antisémitisme dans tout le pays dans le contexte du récent conflit entre Israël et Gaza. Des Juifs ont été agressés et des synagogues et autres établissements juifs vandalisés dans plusieurs villes du pays.

L’événement, organisé par l’Anti-Defamation League (ADL), en coopération avec les quatre principaux mouvements religieux juifs et d’autres grands groupes juifs, était exempt des batailles partisanes qui ont généralement accompagné les accusations d’antisémitisme ces dernières années.

Un représentant du président américain Joe Biden a vanté les actions de son administration pour lutter contre la haine, et les républicains ont mentionné un projet de loi qu’ils ont proposé pour lutter contre l’antisémitisme, mais aucun des deux partis n’a interpellé l’autre nommément.

Au contraire, la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi, le chef de la minorité parlementaire Kevin McCarthy, le chef de la majorité au Sénat Chuck Schumer (lui-même juif) et le chef de la minorité au Sénat Mitch McConnell ont tous dénoncé l’antisémitisme en utilisant des messages très similaires.

La présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, prend la parole lors d’un rassemblement virtuel pour lutter contre l’antisémitisme le 27 mai 2021. (Capture d’écran / YouTube via JTA)

« Ces dernières semaines, nous avons assisté à une augmentation inquiétante du sectarisme et des violences contre les communautés juives à travers le pays et dans le monde », a déclaré Pelosi. « Cette haine est horrible et affligeante. Nous ne devons pas hésiter à l’appeler par son nom : l’antisémitisme. »

McCarthy a juré que « les monstres qui attaquent les Juifs américains [feront] face à une justice rapide et ferme ».

Schumer a déclaré que « l’antisémitisme est vil, répréhensible et contraire à tout ce que l’Amérique représente ».

McConnell a déclaré que « le monde moderne sait trop bien ce qui se passe lorsque ce mal n’est pas dénoncé avec force. »

Une série de politiciens, de célébrités et de chefs religieux ont participé à cet événement, de la star de la NBA Ray Allen à l’archevêque catholique de New York Timothy Dolan, qui a pris la parole à côté d’une menorah.

Il y avait des représentants d’organisations de Noirs Américains, de Latino-Américains, de Chinois, de Musulmans et d’Amérindiens, entre autres. Plusieurs des orateurs ont insisté sur la nécessité d’éradiquer toutes les formes de haine, une approche que certains ont critiquée comme une façon de minimiser le problème unique en son genre de l’antisémitisme.

L’événement a rappelé la Marche contre l’antisémitisme à New York, qui avait réuni l’an dernier 25 000 personnes pour une traversée du pont de Brooklyn afin de protester contre une série d’attaques contre des Juifs dans la région de New York à la fin de l’année 2019. Cette manifestation, malgré les raisons qui l’avaient motivée, avait un air de fête, avec de la musique forte, des gens bavardant entre amis, et un rassemblement après la marche.

D’autres rassemblements moins nombreux ont eu lieu physiquement en soutien à Israël et contre l’antisémitisme ces dernières semaines. L’atmosphère de l’événement virtuel de jeudi était plus calme et plus formelle. Certains orateurs ont déploré qu’après des années d’antisémitisme croissant, ces rassemblements soient encore nécessaires.

« J’aurais aimé que nous n’ayons pas à être ici, à nous rassembler pour défendre les communautés juives du monde entier et ici même dans notre propre pays », a déclaré le représentant Ted Deutch de Floride, lui-même juif. « Mais nous voici. Nous sommes toujours là, car aucun de nous ne restera silencieux alors que les Juifs sont intimidés, menacés, attaqués et même assassinés pour ce que nous sommes. »

Le représentant américain Ted Deutch (parti démocrate ; Floride). (Autorisation)

En début de semaine, des représentants de cinq organisations ont rencontré des responsables de la Maison Blanche pour discuter des mesures que l’administration Biden pourrait envisager, notamment la nomination d’un responsable au Département de la sécurité intérieure et la désignation d’un agent de liaison avec la communauté juive.

Parmi les noms qui ont été suggérés : l’ancien chef de l’Anti-Defamation League Abraham Foxman, l’ancienne directrice générale National Council of Jewish Women, Nancy Kaufman, et la professeure d’études sur la Shoah à l’Université Emory Deborah Lipstadt, a rapporté Bloomberg mardi, citant des sources bien informées.

La réunion a été organisée rapidement par la Maison Blanche après que les organisations ont envoyé vendredi une lettre exhortant Biden à dénoncer la vague d’antisémitisme et à nommer des responsables spéciaux pour traiter la question. Les groupes qui ont envoyé la lettre et qui étaient représentés à la réunion, en plus des Fédérations juives d’Amérique du Nord, sont l’Orthodox Union, l’American Jewish Committee, l’Anti-Defamation League et Hadassah.

Lundi à 8 heures du matin, Biden a tweeté que « les récentes attaques contre la communauté juive sont méprisables et doivent cesser ».

Les groupes juifs ont salué la réactivité de la Maison Blanche.

Ces dernières semaines, les communautés juives à travers les États-Unis ont été victimes d’antisémitisme pendant et après le conflit entre Gaza et Israël. À New York, dans le contexte des manifestations rivales pro-israélienne et pro-palestinienne jeudi dernier, plusieurs Juifs ont été agressés dans la rue.

Dans les jours qui ont suivi, des Juifs de New York ont publié sur les réseaux sociaux qu’ils avaient été menacés, harcelés ou autrement agressés parce qu’ils étaient juifs. Il y a eu également des attaques contre des synagogues et des Juifs dans d’autres villes. Des synagogues de Floride, d’Illinois et d’Arizona ont été prises pour cible. En début de semaine, deux incidents antisémites ont été filmés à Los Angeles.

Les incidents antisémites ont conduit certains à s’abstenir de porter publiquement des symboles juifs par peur d’être attaqués.

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