3 soldats blessés par des éclats d’obus et de roquettes en provenance de Gaza
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3 soldats blessés par des éclats d’obus et de roquettes en provenance de Gaza

Netanyahu s'est entretenu avec des responsables de la sécurité ; le ministre du Renseignement met en garde contre une prolongation des hostilités

Un soldat israélien sur le côté de la rue pendant une sirène d'alarme avertissant d'une arrivée de roquette en provenance de Gaza, dans le sud d'Israël, le 29 mai 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un soldat israélien sur le côté de la rue pendant une sirène d'alarme avertissant d'une arrivée de roquette en provenance de Gaza, dans le sud d'Israël, le 29 mai 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Trois soldats ont été blessés par des éclats d’obus mardi, pendant les tirs de barrage d’obus de mortiers et de roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers Israël, dans l’escalade la plus violente depuis la guerre de 2014.

Plus tôt dans la journée, un civil a été blessé par un éclat de projectile, ce qui fait monter à 4 le nombre de blessés.

Mardi, une soixantaine de roquettes et d’obus de mortiers ont été lancés depuis Gaza, ce qui a conduit l’armée israélienne à frapper en représailles des cibles à Gaza, après des semaines de tensions alimentées par les émeutes frontalières hebdomadaires.

Des responsables ont indiqué que les tirs sont susceptibles de se prolonger dans la nuit, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a convoyé une réunion de crise avec le personnel de la Défense.

Les trois soldats ont été blessés dans trois attaques de projectiles distinctes.

Tirs d’obus de mortier depuis Gaza sur le sud d’Israël, 29 mai 2018 (Twitter)

L’un a été blessé modérément aux extrémités, et les deux autres ont été légèrement blessés.

Ils ont tous trois été héliportés depuis le kibboutz Sufa, près de la frontière avec Gaza, vers l’hôpital Soroka de Beer Sheva.

Deux autres personnes ont été légèrement blessés mardi à Sderot, en se précipitant vers les abris quand retentissaient les sirènes d’alarmes.

Les services d’United Hatzala ont indiqué qu’ils ont pris en charge au moins 10 résidents de la périphérie de Gaza pour attaque de panique.

La police et l’armée israélienne a appelé le public à rester près des abris et des pièces blindées. Ils ont averti les civils de se tenir à l’écart des impacts de roquettes et des obus, et de prendre contact avec les autorités.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a organisé une réunion pour faire un point sécuritaire avec le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot, le chef du Shin Bet Nadav Argaman et d’autres hauts responsables de la sécurité à Jérusalem suite aux tirs de roquettes sur Israël depuis la bande de Gaza.

Le ministre du Renseignement Yisrael Katz a déclaré à la radio militaire que les violences pourraient s’intensifier dans la soirée. Il a ajouté qu’Israël n’avait jamais été aussi près d’une guerre depuis 2014, quand le pays a mené une rude guerre avec les combattants de Gaza, une guerre dont l’enclave ne s’est pas encore remise.

« Nous sommes le plus proche du seuil de la guerre depuis l’opération Bordure protectrice », a-t-il déclaré à la radio de l’armée. « Nous n’en voulons pas, et l’autre côté non plus, mais nous avons nos lignes rouges ».

Il a ajouté que les tensions à Gaza ne feront qu’empirer plus tard dans la soirée.

Une photo prise depuis la ville de Gaza le 29 mai 2018 montre une fumée s’échappant en arrière-plan à la suite d’une frappe aérienne israélienne sur l’enclave palestinienne. (AFP PHOTO / THOMAS COEX)

Les sirènes ont continué à retentir dans la soirée de mardi.

Les médias israéliens ont fait état de 60 projectiles lancés vers un Israël, tandis qu’un site palestinien affichaient le nombre de 110. L’armée n’a communiqué aucun chiffre officiel.

Elle a indiqué que 25 roquettes avaient été interceptées par le Dôme de Fer à 16 heures, mais ce bilan n’était pas officiel.

En réponse aux premiers tirs de barrages, l’aviation israélienne a mené des frappes sur la bande de Gaza, visant des positions du Hamas et du Jihad islamique, notamment de caches d’armes, de cibles navales et de quartiers généraux terroristes, selon Tsahal. Le Hamas a identifié l’une des cibles comme étant un centre d’entraînement.

Aucun blessé n’a été signalé.

L’armée a également indiqué avoir frappé un tunnel qui partait de Gaza vers l’Égypte et de là vers le sud d’Israël, et qu’il était destiné à la fois à la contrebande d’armes et aux attaques contre Israël.

Sa longueur totale était d’environ 2 kilomètres, a précisé l’armée, et le segment à l’intérieur du territoire israélien était de 900 mètres de long.

Les tirs d’obus de mortiers de mardi matin ont été revendiqués par le Jihad islamique, une forme de vengeance pour la mort par l’armée israélienne de trois de ses membres lors d’affrontements transfrontaliers.

Les tirs de roquettes n’ont pas été revendiqués.

Dans un communiqué, le Jihad a déclaré que l’attaque contre Israël était une « réponse bienvenue de la part de la résistance ».

« Le sang de notre peuple coûte cher », a ajouté le groupe terroriste.

L’armée israélienne et le gouvernement ont pour politique de tenir les dirigeants de la bande de Gaza, le groupe terroriste Hamas, responsables de toutes les attaques contre Israël, que d’autres groupes les aient lancés ou non.

Le Hamas, comme le Jihad islamique, est déterminé à détruire Israël.

Cependant, le général de division Ronen Manelis, porte-parole de l’armée israélienne, a déclaré que le Hamas avait « perdu le contrôle » à Gaza, après des semaines à tenter de fomenter la violence à la frontière.

Après avoir « échoué » à obtenir des résultats aux semaines d’émeutes, Manelis a assuré à Hadashot TV que le Hamas est passé aux fusillades et aux attaques à la bombe à la frontière.

« Et aujourd’hui, il autorise le Jihad [islamique] palestinien, soutenu par l’Iran, a mener des tirs de barrage sur les communautés israéliennes dans la périphérie de Gaza », a-t-il dit.

Un porte-parole du Hamas a déclaré plus tôt dans la journée qu’Israël « ne parviendra pas à changer les règles du jeu et à poser une nouvelle équation sur le terrain ».

« La résistance dans la bande de Gaza se réserve le droit de réagir ou de rester silence dans l’intérêt de notre peuple », a-t-il dit.

Netanyahu a promis de répondre « avec force » aux tirs de mortier. L’un des tirs est tombé à proximité d’une école maternelle, une heure avant l’arrivée des enfants.

Eizenkot s’est ensuite rendu dans la région pour constater les impacts, notamment dans cette école. Liberman a indiqué que l’armée avait lancé des représailles « massives ».

Les diplomates israéliens ont été chargés de mettre en lumière le rôle des organisations terroristes de Gaza.

Le ministère des Affaires étrangères a demandé aux diplomates israéliens en poste à l’étranger de souligner aux autorités et aux médias de leurs pays respectifs que les groupes terroristes palestiniens sont responsables de la flambée de violence à Gaza et dans le sud d’Israël de la journée.

Il a été demandé aux diplomates de faire comprendre que ces violences « sont une attaque d’organisations terroristes contre des civils innocents, ce qui a malheureusement déjà causé un certain nombre de blessés, et justifie que nous exercions notre droit à la légitime défense.

« En outre, faire clairement comprendre aux décideurs que nous nous attendons à une condamnation sans équivoque de ces attentats terroristes », précise la directive.

« Le Hamas, en partenariat avec le Jihad islamique palestinien, est responsable de cette escalade. »

Plusieurs responsables étrangers ont fait part de leur indignation.

Le ministre de l’Energie, Yuval Steinitz, a déclaré qu’Israël devra peut-être reprendre le contrôle de la bande de Gaza pour mettre fin aux attaques terroristes en cours en provenance du territoire palestinien.

« Nous n’aurons peut-être pas le choix, nous devrons frapper Gaza et la vaincre, et mettre une fois pour toutes fin à ce régime terroriste », a déclaré M. Steinitz sur le site d’information Ynet.

M. Steinitz, membre du cabinet de sécurité de haut niveau, a précisé qu’Israël « n’est pas intéressé à prendre le contrôle de Gaza, et nous espérons que nous ne serons pas forcés de le faire, c’est pourquoi il est important que notre réponse soit claire afin que la situation ne dégénère pas en quelque chose de bien pire « .

Judah Ari Gross et Michael Bachner ont contribué à cet article.

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