36 heures à Arad, à la pointe des déserts du Negev et de Judée
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36 heures à Arad, à la pointe des déserts du Negev et de Judée

Prenez le temps de vous arrêter dans cette ville affairée du sud, où la vie dans le désert et la civilisation se fondent en parfaite harmonie

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Une promenade à dos de chameau à Kfra Hanokdim (Autorisation : Kfra Hanokdim)
Une promenade à dos de chameau à Kfra Hanokdim (Autorisation : Kfra Hanokdim)

ARAD — Lors d’un voyage dans le sud, il n’est pas habituel de prendre le temps de s’arrêter à Arad, la ville qui borde les déserts du Negev et de Judée, pas très loin de la mer Morte. Et c’est un tort.

Cette ville en développement, qui a été fondée par d’anciens kibboutznikim et de membres de moshavim dans les années 1960, est entourée par les plaines accidentées du désert, à relativement courte distance de l’arrière de la forteresse de Massada (c’est par là que les visiteurs accèdent au spectacle populaire de son et lumière qui y est présenté du mois de mars jusqu’au mois d’octobre).

C’est le désert qui a attiré un grand nombre des résidents de cette municipalité tranquille. Le célèbre écrivain Amos Oz, décédé au mois de décembre de l’année dernière, y avait vécu : le climat sec et aride qui y prévalait aidait son fils dans sa bataille contre l’asthme.

La ville est particulièrement belle après un hiver pluvieux comme celui que nous avons connu cette année et qui a recouvert les collines ondoyantes d’un doux tapis de fleurs verts cendrés et de minuscules fleurs blanches – et de pissenlits jaunes et d’iris d’un pourpre délicat qui ne s’ouvrent que sous les rayons obliques de la fin de l’après-midi.

Ce sont les logements et les activités non-traditionnelles qui font aussi la richesse du lieu – des retraites de yoga, une oasis dans le style bédouin, des repas partagés chez l’habitant, des randonnées et des circuits en vélo dans le désert, sans oublier des visites dans des galeries et dans des ateliers d’art.

L’iris à crête qui ne s’ouvre que l’après-midi (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Voici un itinéraire possible pour une journée passée dans ce petit hameau du désert.

10h : Faites une reconnaissance de terrain en compagnie d’Allan Levine, guide touristique, qui emmène les visiteurs à bord de son 4×4 pour leur présenter des points de vue magnifiques de la zone et qui vous fera découvrir de plus près les pierres et les fossiles qui recouvrent le sol, avec également une impressionnante visite dans une chambre d’écho dans les gorges des montagnes environnantes.

Levine adore évoquer ses nombreuses théories sur la survie de la nature dans cette région aride et le rôle central joué par le sel de la mer Morte, précieuse ressource qui avait attiré les anciens conquérants.

Midi : Accordez-vous un délicieux déjeuner à Annamaja (ou un petit-déjeuner ou un dîner) en compagnie d’Adva Golan, qui accueille des invités dans sa propre habitation et sert de copieux repas vegan et végétariens.

Shakshuka épicée, pâte crémeuse à base de patate douce et tahini, salade finement hachée et focaccia faite maison, le tout accompagné d’une tarte au citron fraîche… Golan, qui a grandi à Arad, a passé quelques années aux Etats-Unis avant de revenir dans cette ville du désert en compagnie de sa famille. Elle apprécie par-dessus tout de recevoir des gens chez elle, de servir des repas dans sa salle à manger ou dans sa cour spacieuse et de raconter les histoires de la région.

Golan peut accueillir des groupes de toutes tailles – couples, familles ou groupes plus importants de 30 à 40 personnes – pour des dîners du Shabbat, de la restauration simple, des leçons de cuisine ou des paniers petits déjeuners. Téléphonez au numéro 054-582-1483 pour tout renseignement.

Adva Golan prépare la focaccia dans sa cuisine d’Arad (Autorisation : Rivka Eliyahu)

14h : Buvez un thé aux herbes avec la biologiste Yonat Mordoch, une ancienne étudiante de l’université hébraïque qui est venue habiter à Arad avec sa famille après avoir quitté Tel Aviv.

Elle emmène les visiteurs marcher dans le wadi luxuriant, identifiant et ramassant les herbes – boules minuscules de camomille de couleur jaune, feuilles vert cendré et autres.

L’ensemble est alors versé dans un thermos d’eau bouillante pour préparer une tasse de thé pleine de saveurs (il est également possible de ramener des herbes chez soi pour les faire sécher pour plus tard).

Recherche d’herbes comestibles dans le lit de rivière verdoyant d’Arad. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Mordoch est à la tête de Yonat Midbar et fabrique des savons et des cosmétiques naturels après avoir appris auprès des Bédouins la provenance et l’utilisation des différentes herbes locales. Elle enseigne dorénavant aux plus jeunes – aux Bédouins locaux également – leurs vertus et elle organise des visites dans le wadi pendant les périodes de croissance des plantes, guidant les touristes à travers les ravins et les sentiers du secteur.

L’artiste spécialisée dans le travail de la mosaïque Heli Cohen anime des ateliers dans son studio d’Arad, dans le quartier des artistes d’Arad. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

16h : C’est l’heure d’une expérience artistique dans le quartier des artistes d’Arad où des visites et des ateliers de travail peuvent être organisés avec des peintres, des orfèvres ou des sculpteurs.

Un atelier de mosaïque sur verre avec Heli Cohen dure environ une heure et comprend l’apprentissage des rudiments du cassage de verre coloré en petits morceaux (à l’aide d’une paire de pinces), puis de leur mise en place et de leur collage sur une pièce de bois de 20 centimètres sur 20 centimètres – une activité plaisante qui a pour avantage de séduire de nombreuses classes d’âge.

Parmi d’autres options, le musée du verre – résidence permanente de l’artiste Gideon Fridman et d’autres artistes israéliens, un atelier de travail studio et Judaica en compagnie de Rami Zamir ; des ateliers de travail du bois et de la céramique et la cave à vins Midbar, dont les raisins proviennent tous du désert.

17h30 : Il est l’heure de commencer à penser au dîner. Une visite de Kfar Hanokdim, l’oasis de style bédouin située au beau milieu d’une vallée du désert, est le bon endroit où se rendre pour commencer et finir la soirée.

Le village a été fondé par Yoram Oded, qui voulait créer un lien entre les visiteurs et le style de vie du désert, dans l’esprit de la vaste et chaleureuse hospitalité dont il avait lui-même bénéficié dans le désert du Sinaï, dans des logements qui étaient propriété des Bédouins, du côté de la mer Rouge.

Ce qui distingue Kfar Hanokdim, c’est sa gamme de logements et les petits détails qui les rendent confortables pour les adultes et pour les familles, et pas seulement pour les groupes d’adolescents et les nombreux jeunes qui viennent souvent ici pour assister à des festivals.

Les tentes rustiques et de style bédouin de Kfar Hanokdim. (Autorisation : Kfar Hanokdim)

On y trouve de grandes tentes bédouines disponibles pour les groupes, des pièces confortables, dans le style d’un motel, avec certains détails de décoration rappelant le désert, et le point culminant du camp : des cabanes spacieuses, des tentes privées conçues à l’aide de poils de chèvres avec des lits intégrés qui offrent le même sentiment que celui que devait ressentir un sheikh flânant dans le désert.

De vastes aires extérieures dédiées à l’oisiveté sont installées dans toute l’oasis, avec des hamacs, des salons en terrasse, des tables de pique-nique et des bancs – des endroits idéaux pour aller se détendre après avoir mis les enfants au lit ou pour réunir un groupe de visiteurs.

L’une des nombreuses sculptures artisanales et fontaines d’eau trouvées à Kfar Hanokdim. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Installez-vous puis allez faire une promenade en chameau pendant une demi-heure, avec un ami juché sur l’autre bosse – une virée d’un pas tranquille dans le désert, sous la direction de Bédouins locaux.

19h : A votre retour, un dîner dans le pur style familial est servi sur des tables basses, avec le vin en supplément. Les assiettes de brochettes de viande et de poulet, de légumes farcis au riz et de salade fraîche sont généreuses.

20h : Les plaisirs de la soirée commencent par la visite d’une tente en compagnie d’un Bédouin local, qui parle couramment l’anglais et partage les coutumes et la vie de la tribu avec les visiteurs – notamment le broyage des grains de café utilisés pour la fabrication du café bédouin traditionnel (il y a aussi du thé) alors que les invités sont assis sur des coussins disposés en cercle.

Vue aérienne de Kfar Hanokdim, niché dans une vallée du désert de Judée (Autorisation : Kfar Hanokdim)

Les visiteurs peuvent ensuite faire, s’ils le désirent, une courte marche dans le désert obscur, à la lumière des étoiles, pour rechercher les scorpions mortels cachés sous les pierres, qui sont visibles avec une lampe à UV, puis contempler les astres dans le ciel. Votre récompense pour cette escapade nocturne ? Des chamallows grillés et une bouteille de vin.

Parmi les autres endroits où dormir dans la zone, le Zman Midbar Eco Spirit Lodge, un ensemble de tentes plus dépouillées, avec des séances de méditation et de yoga, des levers de soleil à couper le souffle et des repas vegan personnalisés.

A Arad même, il y a aussi le Yehelim Boutique Hotel (10 chambres) et l’hôtel trois étoiles Inbar. On trouve également de nombreuses possibilités de Bed and Breakfast, à trouver sur le site Travel Arad.

Des touristes se détendent à Kfar Hanokdim (Autorisation : Kfar Hanokdim)

9h du matin : Après le petit-déjeuner, allez marcher. Kfar Hanokdim a mis au point une application de randonnée sur Androïd très complète pour les promenades à pied, en vélo et autres expéditions interactives plus longues dans le désert de Judée, avec notamment des questions diverses, des demandes et des informations sur le désert.

Les professionnels de Kfar Hanokdim ont travaillé sur les sentiers en coopération avec la Société de protection de la nature et ont créé une manière facile de marcher dans le désert sans recourir à un guide personnel, sur des pistes ouvertes aussi aux familles qui comprennent des aires de repos et des parcours bien définis pour les visiteurs du désert.

L’application fonctionne également hors-ligne, ce qui permet de l’utiliser pendant la randonnée, sans wifi, tant qu’elle est téléchargée avant de partir à l’aventure (disponible sur Google Play, seulement pour Androïd).

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