Rechercher

88 millions de shekels seront consacrés à la réhabilitation des cours d’eau

Les fonds seront utilisés pour le drainage afin de garantir que l'excès d'eau puisse être absorbé par des mesures naturelles ou artificielles afin de minimiser les inondations

Dragage des boues du ruisseau de Naplouse avant qu'elles ne se jettent dans la rivière Alexander. (Crédit: Courtoisie, Alon Heyman)
Dragage des boues du ruisseau de Naplouse avant qu'elles ne se jettent dans la rivière Alexander. (Crédit: Courtoisie, Alon Heyman)

Les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture ont annoncé dimanche qu’un montant sans précédent de 88 millions de shekels serait consacré cette année à la réhabilitation des cours d’eau et de leurs environs afin de minimiser les risques d’inondations.

Le ministère de l’Agriculture allouera 55 millions de shekels de la somme totale et le ministère de l’Environnement allouera les 33 millions de shekels complémentaires.

Une déclaration commune a indiqué que ces fonds seront attribués à des projets de réhabilitation des cours d’eau, réduisant ainsi le ruissellement de surface dans les zones inondables et dans les quartiers résidentiels aux alentours.

Tout au long de l’histoire, les rivières et les ruisseaux sont sortis de leur lit après de fortes pluies, envoyant l’eau dans les plaines d’inondation – les zones humides absorbantes adjacentes.

En Israël, comme dans de nombreux autres pays, la plupart de ces zones humides ont été asséchées pour permettre l’agriculture et la construction.

Cela signifie que lorsque les cours d’eau débordent, une grande partie de l’eau atteint les surfaces asphaltées sous forme de ruissellement. Si aucune infrastructure n’est mise en place pour absorber l’eau, celle-ci continuera d’inonder les routes et les bâtiments.

Les mesures de prévention des inondations peuvent aller de la construction et de l’entretien de drains artificiels ou de biofiltres dans les zones urbaines à l’installation de revêtements perméables, en passant par le dragage des sédiments au fond des cours d’eau pour leur permettre de retenir davantage d’eau et la construction de bassins entre les cours d’eau et les quartiers voisins pour absorber tout excès.

Par ailleurs, le ministère de l’Environnement a convenu avec les autorités de planification de la création d’un plan de zonage national pour les zones inondables. Ce plan vise à cartographier puis à protéger les cours d’eau et autres zones de terrain qui jouent un rôle important dans l’absorption des pluies d’hiver.

La ministre de l’Environnement, Tamar Zandberg, s’est félicitée de l’occasion qui lui est donnée non seulement de réduire les risque d’inondations mais aussi de réhabiliter les cours d’eau du pays qui, selon elle, ont longtemps souffert de négligence et de pollution.

Le ministre de l’Agriculture, Oded Forer, a noté que les inondations étaient en augmentation en raison du changement climatique, du réchauffement de la planète et du développement urbain.

Israël est un pays aride qui n’a pas de grands fleuves. Il possède quelques cours d’eau permanents alimentés par différentes sources, mais la plupart sont des cours d’eau saisonniers qui se remplissent pendant l’hiver et s’assèchent pendant l’été.

De nombreux cours d’eau ont longtemps souffert de la pollution et de négligence. La nécessité de les réhabiliter est désormais à l’ordre du jour grâce à une sensibilisation accrue à l’environnement et à une recrudescence des inondations.

Le débit des cours d’eau est parfois bloqué par un dépôt d’ordures. Dans certains cas, les cours d’eau sont pollués par diverses sources, telles que les déchets industriels, les déchets qui pénètrent dans les cours d’eau israéliens depuis la Cisjordanie, les déchets du bétail qui paît à proximité, les ruissellements de pesticides et d’herbicides, et les bactéries provenant des eaux usées traitées des réservoirs qui débordent lors de fortes pluies.

Des vaches dans la réserve naturelle du ruisseau Tavor, le 19 mars 2021. (Crédit: Yahav Gamliel/Flash90)

Pendant l’été, les Israéliens sont régulièrement informés qu’ils ne doivent pas entrer dans certains ruisseaux du nord du pays en raison de la présence de bactéries.

L’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) a installé des abreuvoirs autour des ruisseaux du bassin versant de la mer de Galilée, dans le nord d’Israël, dans le cadre d’un programme visant à éloigner le bétail des plans d’eau et à réduire la pollution.

Le budget annoncé dimanche vient s’ajouter à une autre somme sans précédent – 1,2 milliard de shekels – convenue en mars entre les ministères de l’Agriculture et des Finances et le ministère de l’Autorité des Terres d’Israël pour financer 13 projets d’infrastructure de drainage d’ici à 2026.

Le montant de 1,2 milliard de shekels s’ajoute aux 275 millions de shekels précédemment budgétisés pour ces années et sera axé sur la réduction des inondations dans les zones urbaines existantes et dans les lieux susceptibles d’accueillir un grand nombre de logements.

Un Israélien tente d’ouvrir une bouche d’égout alors que l’eau inonde une rue pendant un orage à Netanya, au nord de Tel Aviv, le 25 octobre 2015. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Il y a un an, le contrôleur d’État a émis un rapport cinglant au sujet des mesures prises pour contrôler les inondations – ou plutôt de l’absence de ces mesures – dans les bureaux de quatre autorités locales, contrôlées du mois de mars au mois d’octobre 2020.

Ce rapport s’est concentré sur Nahariya, dans le nord – où des inondations survenues au mois de janvier 2020 ont causé la mort d’une personne et où les eaux se sont déversées dans les rues – sur Ashkelon, dans le sud du pays ; à Kfar Saba, en banlieue de Tel Aviv et à Jisr az-Zarqa, un village arabe très peuplé et situé sur la côte sud de Haïfa.

Sept personnes ont perdu la vie à cause d’inondations survenues lors de pluies torrentielles pendant plusieurs semaines fin décembre 2019 et début janvier 2020, notamment près de la côte. Parmi les morts, deux jeunes gens se sont noyés dans un ascenseur inondé dans un immeuble de Tel Aviv.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...