9 affaires de viol sur 10 en Israël sont classées sans suite – étude
Les plaintes pour voies de fait et harcèlement ont augmenté de 40 % en cinq ans, y compris dans l'armée, mais les inculpations sont très rares, selon un rapport annuel
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Neuf affaires de viol sur dix sont classées sans suite par les procureurs, selon une enquête annuelle publiée mercredi, qui a également révélé une augmentation significative des cas d’agression et de harcèlement sexuels signalés aux autorités.
Le rapport de l’Association of Rape Crisis Centers in Israel a révélé qu’en 2018, la police a ouvert 6 220 enquêtes sur des allégations de crimes sexuels et de harcèlement, dont 1 166 de viols présumés, soit une augmentation de 12 % par rapport à l’année précédente et de 40 % par rapport à 2013.
Parmi les affaires d’agression sexuelle et de harcèlement traitées par la police et remises aux procureurs pour inculpation, 83 % ont été classées, et 17 % ont donné lieu à une mise en accusation. Environ 91 % des allégations de viol n’ont pas donné lieu à des poursuites pénales. Tous les appels, sauf un, contre la clôture des affaires de crimes sexuels ont également été rejetés (181 sur 182, soit 99,5 %), selon le rapport.
Les données recueillies par l’organisation ont également révélé que plus de la moitié (52 %) des délinquants sexuels incarcérés ne recevaient pas de traitement psychologique.
Au milieu d’une augmentation des cas de viols collectifs très médiatisés dans les écoles, le rapport a révélé que la plupart des victimes (63 %) des viols collectifs signalés en 2018 étaient des filles mineures âgées de 12 à 18 ans.
Le nombre de signalements de crimes sexuels a augmenté dans les rangs de l’armée israélienne, où 1 706 plaintes ont été déposées en 2018 (une augmentation de 15 % par rapport à 2017). Mais là aussi, 165 cas seulement ont fait l’objet d’une enquête par les autorités militaires compétentes.
Orit Sulitzeanu, directrice exécutive de l’Association of Rape Crisis Centers in Israel, a déclaré que les chiffres soulignaient la situation « très décevante », alors que la prise de conscience était à la hausse et la répression à la baisse.
« La sensibilisation du public aux tendances de la violence sexuelle s’est peut-être accrue, mais il n’y a rien de nouveau parmi les forces de l’ordre », a-t-elle déclaré mardi.
La grande majorité (89 %) des 51 000 plaintes reçues par les centres de viol l’année dernière étaient liées à des agressions contre des femmes, alors que 11 % des victimes étaient des hommes.
Le rapport a été remis au Président Reuven Rivlin mercredi.
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