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9e meurtre suspecté de violence conjugale de l’année – l’ex-mari a été arrêté

La victime a été retrouvée par sa fille de 15 ans ; les groupes de défense fustigent la coalition pour avoir récemment voté contre une loi imposant le port du bracelet électronique

Le lieu où une femme a été retrouvée morte dans sa maison, à Pardes Hanna, le 30 mars 2023. (Crédit : Magen David Adom)
Le lieu où une femme a été retrouvée morte dans sa maison, à Pardes Hanna, le 30 mars 2023. (Crédit : Magen David Adom)

La police a déclaré jeudi qu’une femme de 50 ans, présentant des signes d’actes criminels, a été retrouvée morte à son domicile dans la ville centrale de Pardes Hanna – vraisemblablement dans le neuvième acte mortel de violence domestique de l’année – alors que les groupes de femmes ont critiqué le gouvernement pour avoir de nouveau rejeté le projet de loi visant à équiper de bracelet électronique les auteurs de violences conjugales.

Selon les médias israéliens, son ex-mari a été arrêté par la police pour être interrogé.

La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que le corps de la femme avait été découvert par sa fille de 15 ans.

L’identité de la femme n’a pas encore été révélée.

Il semblerait qu’elle soit la neuvième victime de violence domestique depuis le début de l’année, et la cinquième depuis le début du mois de mars.

L’Israel Women’s Network a attaqué la décision du gouvernement de la semaine dernière, ayant encore reporté l’étude d’un projet de loi visant à équiper de bracelet électronique les auteurs de violences conjugales, en déclarant que trois femmes avaient été assassinées par leur partenaire ou ex-partenaire depuis lors.

« Trois femmes ont été assassinées depuis ce jour, il y a une semaine, où la coalition a voté contre le projet de loi sur la surveillance électronique et, en une seule décision, a prouvé que le sang des femmes ne valait rien. Nous ne les intéressons pas. Notre sécurité n’est pas importante pour eux », a déclaré Hadas Daniely Yelin, directrice de l’Israel Women’s Network.

Hagit Peer, présidente de l’organisation de défense des droits des femmes Naamat, a fait remarquer que le gouvernement avait rejeté une loi qui aurait aidé à lutter contre le « terrorisme contre les femmes ».

« Le rejet de la loi sur la surveillance électronique n’est qu’un exemple parmi d’autres d’un gouvernement qui ignore complètement le sort des dizaines de milliers de femmes en Israël qui sont en danger clair et immédiat », a déclaré Peer.

« Des femmes sont assassinées ici tous les deux ou trois jours et il semble que l’État ne s’en préoccupe tout simplement pas », a-t-elle fustigé.

La cheffe du parti d’opposition Avoda, Merav Michaeli, a déploré le meurtre présumé, déclarant que le taux de féminicide augmentait de façon spectaculaire alors que, dans le même temps, le gouvernement prenait des mesures pour porter atteinte aux droits et à la sécurité des femmes.

« Une autre femme a été assassinée ce matin. Une autre femme. Et une autre. Et une autre. Et une autre. Et une autre. Et une autre. Et une autre. Et une autre – neuf femmes depuis le début de l’année », a écrit Michaeli.

« C’est deux fois plus que n’importe quelle autre année sur la même période. Et ce gouvernement ne veut que nuire encore plus à notre sécurité. Samedi soir, nous sortirons pour manifester et protester de toutes nos forces », a-t-elle ajouté, faisant référence au fait que les droits des femmes – considérés comme davantage menacés par la réforme du système judiciaire largement controversée du gouvernement – sont devenus un thème du mouvement de protestation.

Des centaines de femmes vêtues de rouge marquant la Journée internationale de la femme et manifestant contre la refonte judiciaire prévue par le gouvernement israélien, sur la plage de Tel Aviv, le 8 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La semaine dernière, à la demande du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, les députés de la coalition ont rejeté le projet de loi visant à équiper de bracelet électronique les auteurs de violences conjugales, suscitant une vive indignation de la part des membres de l’opposition, entre autres, qui affirment que ce système pourrait contribuer à sauver des vies.

Le projet de loi, qui aurait permis de faire respecter les ordonnances restrictives contre les agresseurs, a été rejeté par 54 voix contre 53 lors de sa lecture préliminaire à la Knesset, alors que les députés se sont querellés, ce qui a conduit plusieurs d’entre eux à être expulsés de l’hémicycle.

Avant le vote, Ben Gvir, a été accueilli par des membres de l’opposition hurlant le mot « honte ». Il a terminé son discours en exhortant les députés à rejeter le projet de loi en l’état.

Le ministre d’extrême-droite a promis de présenter sa propre version du projet de loi, qui, selon lui, ira plus loin dans l’équilibre entre les droits des hommes et les besoins des femmes potentiellement en danger.

Itamar Ben Gvir s’exprimant depuis le podium de la Knesset, le 22 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les militants se plaignent depuis longtemps que les mesures prises pour prévenir la violence à l’égard des femmes en Israël sont insuffisantes, en particulier dans les cas connus des autorités.

Selon l’Observatoire israélien du féminicide, 24 femmes ont été « assassinées parce qu’elles étaient des femmes » l’année dernière, soit une augmentation de 50 % par rapport aux 16 meurtres de ce type enregistrés en 2021. La moitié de ces meurtres ont été commis dans la communauté arabe, qui ne représente que 21 % de la population.

Un rapport publié en novembre par le ministère des Affaires sociales montre qu’entre janvier et octobre 2022, le ministère a reçu 5 712 plaintes pour violences conjugales, soit une augmentation de 3,6 % par rapport à l’année précédente.

Bien que les données sur les fausses accusations de violence domestique soient rares, les chercheurs du monde entier s’accordent à dire que le nombre d’agressions réelles dépasse de loin le nombre de fausses accusations. En outre, il y a la question des agressions non signalées, qui ne sont pas incluses dans les statistiques officielles.

Le meurtre présumé à Pardes Hanna est survenu quelques jours seulement après qu’Edisi Elbena, 31 ans, a été poignardée à mort à Kiryat Ata par son partenaire. Les voisins ont déclaré qu’ils l’avaient entendue se faire battre quotidiennement et qu’ils avaient déjà appelé la police à maintes reprises.

Son assassinat est survenu trois jours après le décès de Vera Palacinta, 61 ans, originaire de Tel Aviv, des suites des blessures à la tête qu’elle avait subies après avoir été battue par son compagnon quelques jours plus tôt. Ce dernier a été placé en état d’arrestation.

Une semaine auparavant, Darya Leitel, 31 ans, avait été retrouvée morte dans son appartement de Haïfa. Son époux, âgé de 35 ans, avait appelé la police pour signaler qu’il avait assassiné sa femme et a été placé en état d’arrestation.

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