À Tel Aviv, une exposition associe concepts juifs et jeux de rôle
« Roll of Destiny », présentée à la galerie Neve Schechter, propose six jeux originaux inspirés de traditions et de récits juifs
Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Au cours des deux prochaines semaines, la galerie Neve Schechter, à Tel Aviv, organisera des soirées jeux les dimanches et mardis soirs, dans le cadre de sa nouvelle exposition, « Roll of Destiny », qui explore la manière dont les savoirs juifs peuvent s’inscrire dans l’univers des jeux de rôle.
« Cela fait partie de nos recherches en cours visant à comprendre comment la somme du savoir juif peut interagir avec le monde de manière nouvelle et évolutive », explique Bar Yerushalmi, directeur et commissaire de la galerie. « Les jeux de rôle permettent une forme de participation impossible dans d’autres médiums ; il s’agit d’une narration collective. »
L’exposition « Roll of Destiny » présente six jeux originaux : cinq sont conçus pour quatre joueurs, tandis que le sixième, intitulé « EnGolement » (devenir un golem), se joue à douze participants.
Plutôt que des jeux de rôle classiques comme « Donjons et Dragons » ou « Magic: The Gathering », l’exposition propose des créations conceptuelles, à l’image de « The Days of the Messiah ».
Dans « The Days of the Messiah », le sauveur est déjà arrivé. Les participants explorent différentes qualités messianiques et doivent décider de ce que ce sauveur fera, et de la manière dont il agira.
Dans « Carry On », les joueurs se retrouvent à un point de contrôle de sécurité fictif où ils doivent s’interroger mutuellement, comme le font les agents de sécurité à l’aéroport. Le dispositif met en lumière des récits liés à l’immigration, à l’exil et aux communautés installées en Israël.
« Les jeux de rôle permettent une interaction humaine qui n’existe pas dans d’autres formes artistiques », souligne Yerushalmi, qui a réuni des artistes issus de disciplines variées pour travailler avec des concepteurs de jeux. « Nous nous sommes demandé si l’on pouvait considérer les jeux de rôle comme une forme d’art et créer des jeux qui soient, en eux-mêmes, des œuvres artistiques dialoguant avec le corpus de connaissances juives. »
Certains artistes impliqués dans le projet avaient déjà une expérience des jeux de rôle, tandis que d’autres en connaissaient peu, voire pas du tout, rendant l’appropriation du concept plus complexe.
Un autre objectif sous-tendait la conception de l’exposition, explique Yerushalmi : remettre l’imagination au centre.
« Nous vivons à une époque marquée par un déficit d’imagination, où des forces extérieures nous dictent ce que nous devons imaginer, souvent sous l’effet de la peur et du racisme. Il s’agit donc, en un sens, d’une opération de sauvetage », affirme-t-il.
L’exposition est devenue un espace de rencontre inattendu où toutes sortes de personnes s’assoient et jouent ensemble, a ajouté Yerushalmi.
« Des personnes qui ne se parleraient jamais dans la vie quotidienne le font autour d’un jeu. »
Face au succès rencontré, la galerie poursuivra l’organisation de soirées jeux même après la clôture de l’exposition.
« Roll of Destiny » est présentée à la galerie Neve Schechter jusqu’au 16 janvier.
La galerie est ouverte du dimanche au jeudi, de 9 h à 14 h. Les visiteurs souhaitant participer à un jeu doivent s’inscrire sur le site web de Neve Schechter.
La plupart des sessions sont déjà complètes, mais il sera possible d’assister aux parties en tant que spectateur le 13 janvier.







