Altercation entre soldats israéliens et libanais à la frontière, armes dégainées
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Altercation entre soldats israéliens et libanais à la frontière, armes dégainées

Dans un incident matinal, les Libanais ont manifesté leur opposition face au placement du fil barbelé entre les deux pays, en présence de la FINUL

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Altercation entre soldats israéliens et libanais à la frontière, sur le  placement du fil barbelé concertina entre les deux pays, en présence de la FINUL le 17 décembre 2018. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Altercation entre soldats israéliens et libanais à la frontière, sur le placement du fil barbelé concertina entre les deux pays, en présence de la FINUL le 17 décembre 2018. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Armes dégainées, les troupes israéliennes et libanaises se sont querellées sur le placement, par Israël, de fil barbelé concertina le long de la frontière qui sépare le pays lundi matin en pleine opération de l’armée israélienne visant à détruire les tunnels d’attaque transfrontaliers.

Les gardiens de la paix des Nation unies étaient sur place et ont empêché le conflit entre les deux parties.

Le 4 décembre, l’armée israélienne a lancé l’Opération Bouclier du nord, afin de trouver des tunnels creusés depuis le sud du Liban jusqu’en Israël par le groupe terroriste du Hezbollah. Au moment où ces lignes sont écrites, l’armée israélienne a déclaré avoir découvert quatre tunnels de ce type, mais dit avoir connaissance de l’existence de plusieurs autres tunnels.

Cette opération a ravivé l’éventualité d’un nouveau conflit à la frontière, même si le Liban a minimisé les chances d’entrer en guerre tant que les troupes israéliennes ne franchissent pas la frontière. Les gardiens de la paix de l’ONU ont également appelé des renforts pour garantir le calme à la frontière.

Lundi, l’armée a déclaré avoir placé des rouleaux de fil barbelé concertina sur le côté israélien de la Ligne bleue, la ligne d’armistice qui sert comme frontière de facto entre les deux pays. L’armée dit avoir coordonné ses activités avec la FINUL.

L’armée libanaise cependant, a objecté quant à l’emplacement des fils et s’est approché de leur emplacement pour tenter de les retirer.

Une vidéo de la scène montre des soldats libanais parler à des responsables de la FINUL non-armés et à des soldats israéliens de l’emplacement exact de la frontière.

« Vous nous avez dit que c’est derrière l’arbre », affirme un soldat libanais.

« L’armée a déclaré que l’altercation n’est pas devenue violente. Les deux armées ont quitté la zone peu après.

La FINUL n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

Ce week-end, l’armée israélienne a découvert un quatrième tunnel d’attaque transfrontalier que le groupe terroriste du Hezbollah aurait creusé depuis le sud du Liban vers Israël.

Des soldats israéliens devant une machine d’excavation près de Metula, à la frontière avec le Liban, le 4 décembre 2018. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

L’armée n’a pas précisé la localisation exacte du tunnel, soulignant cependant dans un communiqué qu’il ne présentait pas de « menace imminente » pour les habitants israéliens des alentours.

Comme avec les trois tunnels découverts précédemment, l’armée a indiqué avoir disposé des engins explosifs à l’intérieur du tunnel, prévenant que quiconque y entrait du côté libanais se mettait en danger.

L’armée estime que les tunnels étaient censés servir d’élément surprise dans une future guerre, pour permettre à des dizaines, voire des centaines de terroristes de s’infiltrer en Israël, en même temps qu’une infiltration massive au niveau du sol, et des lancements de dizaines de roquettes, de missiles et d’obus de mortiers dans le nord d’Israël.

Des soldats israéliens cherchent un tunnel d’attaque du Hezbollah pénétrant en Israël depuis le sud du Liban, le long de la frontière nord, le 8 décembre 2018. (Armée israélienne)

Le nombre spécifique de tunnels estimé par Israël, et d’autres détails de l’opération sont placés sous embargo sur ordre du censeur militaire.

Selon l’armée israélienne, l’opération Bouclier du nord se déroule non loin du territoire libanais, du côté nord du monde, mais toujours en territoire israélien.

Une incursion de l’armée israélienne en territoire libanais pourrait déclencher une confrontation d’envergure avec le Hezbollah, qui s’est auto-proclamé défenseur du Liban face à l’agression israélienne.

Photo prise depuis le village de Meiss al-Jabal au sud du Liban, le 9 décembre 2018, montrant les soldats israéliens et la FINUL du côté israélien de la frontière. (Crédit Ali DIA / AFP)

Les responsables israéliens ont fait savoir que l’armée pourrait opérer en territoire libanais si cela s’avérait nécessaire, afin de détruire les tunnels. Le président libanais Michel Aoun, un allié du Hezbollah, a déclaré mardi que les Nations unies l’avaient assuré qu’Israël « n’avait pas d’intentions agressives » dans cette opération.

Les deux premiers tunnels avaient été trouvés dans la ville de Metulla, près de la frontière libanaise. L’armée avait refusé de dévoiler l’emplacement des autres tunnels et l’armée a placé sous embargo la majeure partie des informations sur cette informations, au nom de la sécurité intérieure.

Israël maintient que ces tunnels constituent « une autre violation claire de la résolution 1701 de l’ONU (qui a mis fin à la guerre de 2006) et de la souveraineté israélienne ».

La résolution 1701 a permis de mettre fin à la Seconde guerre du Liban et impose à tous les groupes armés, à l’exception de l’armée libanaise de rester au nord de la rivière Litani.

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