Amman ferme le tombeau d’Aaron après une présumée prière d’Israéliens
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Amman ferme le tombeau d’Aaron après une présumée prière d’Israéliens

Le guide israélien, qui nie le manque de coordination, affirme que le groupe ne priait pas et qu'il a été traité de façon humiliante

Le Tombeau d'Aaron, près de Petra, en Jordanie. (Crédit : CC BY-SA 3.0, Wikipedia)
Le Tombeau d'Aaron, près de Petra, en Jordanie. (Crédit : CC BY-SA 3.0, Wikipedia)

Jeudi, la Jordanie a fermé le tombeau d’Aaron aux visiteurs qui ne sont pas expressément autorisés à le visiter, après une présumée prière illégale d’un groupe de pèlerins israéliens sur le lieu saint.

Selon des informations jordaniennes citées par des médias en hébreu, le ministre du Waqf, Abdul Nasser Musa Abu Abu al-Basal, qui contrôle les affaires islamiques et les lieux saints, a pris cette décision après la diffusion en ligne d’une vidéo de pèlerins juifs priant sur la tombe d’Aaron, estimant qu’il s’agissait d’une prière illégale.

Abu Basl a déclaré jeudi à la chaîne de télévision Al Mamlaka TV, une chaîne financée par l’Etat, qu’il avait décidé de fermer le tombeau après « les violations israéliennes » sur place et « la pratique des rituels à l’insu du ministère ».

Un guide touristique israélien à la tête du groupe a nié que les touristes avaient prié, précisant que la visite avait été coordonnée.

Les pèlerins étaient en Jordanie pour visiter la tombe d’Aaron, le grand prêtre biblique et frère de Moïse, dont la tradition veut qu’il soit enterré sur le mont Hor, près de Petra, dans un site connu localement sous le nom de Jabal Haroun.

Alors que certains Juifs prétendent qu’Aaron a été enterré sur la montagne, d’autres ont exprimé des doutes quant à l’emplacement de sa tombe. Les musulmans vénèrent également Aaron en tant que prophète.

La Jordanie a indiqué que plusieurs centaines d’Israéliens sont arrivés à Petra jeudi, sans coordination préalable ni autorisation pour prier sur le site. Selon les médias jordaniens, les visiteurs ont tenu des « cérémonies religieuses talmudiques » sur la tombe.

Rony Ayalon, le guide touristique du groupe israélien, a affirmé que le groupe avait coordonné sa visite à l’avance. Il a également affirmé que les autorités jordaniennes ont traité les touristes d’une manière humiliante, un traitement qui a commencé à la frontière.

« Ils ont fait enlevé tout signe religieux. Les femmes ont dû enlever leur foulards, et les hommes leurs kippas… quiconque ayant un attribut religieux se les a fait confisquer », a dit Ayalon sur le site Ynet news.

Ayalon a précisé que le groupe n’a pas prié sur le site. En fait, les membres du groupe ont commencé à chanter pour célébrer la bar-mitsva d’un garçon du groupe. Les policiers jordaniens présents sur le site ont apparemment pensé qu’il s’agissait d’une prière et ont fermé le site.

Cependant, une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux a montré plusieurs personnes dans ce qui semblait être une prière à l’intérieur du tombeau.

Entre-temps, une source jordanienne anonyme a affirmé à Ynet que les Israéliens « sont entrés sans coordination et ont agi comme des hooligans ».

Certains usagers jordaniens des réseaux sociaux ont exprimé leur indignation à l’idée que des touristes israéliens puissent accomplir des rituels religieux sur la tombe.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré à Ynet qu’il était en contact avec la Jordanie et qu’il enquêtait sur cet incident.

Pendant ce temps, Suleiman Farajat, commissaire en chef de l’Autorité pour le développement et le tourisme de la région de Petra, a déclaré à la télévision Al Mamlaka, financée par l’État, que le tourisme israélien se poursuivrait sur ce site.

« Les touristes israéliens viennent en Jordanie depuis les années 1990… En ce qui concerne leur venue en tant que touristes, nous ne les empêcherons pas. Mais nous pouvons empêcher les pratiques religieuses et c’est exactement ce que nous faisons… à l’avenir [nous] insisterons pour qu’aucune pratique religieuse ne soit exercée, sauf celles de l’islam, car la tombe est une mosquée islamique. »

En 2017, la police jordanienne a menacé un groupe de touristes israéliens devant le tombeau affirmant qu’ils risquaient la prison s’ils priaient en quelque endroit du pays, selon un responsable israélien.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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