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Antisémitisme anonyme à Besançon : le BNVCA contre-attaque

Un sticker collé à même les pompes à essence de la station Avia, située rue de Vesoul, affiche un slogan explicite : « c’est cher – merci Israël »

Affiche anti-Israël et antisémite collée à une station-essence de Besançon. (Crédit : Combat antisemtism)
Affiche anti-Israël et antisémite collée à une station-essence de Besançon. (Crédit : Combat antisemtism)

La ville de Besançon, dans le Doubs, a récemment été le théâtre de faits graves illustrant la résurgence d’un antisémitisme au quotidien. Un automobiliste a donné l’alerte après avoir découvert, sur les pompes d’une station-service, des stickers anonymes aux relents haineux exploitant la hausse du prix des carburants comme levier pour désigner Israël et la communauté juive comme responsables de la situation. Le CRIF et la Licra ont immédiatement réagi, tandis que le BNVCA vient de décider de porter l’affaire en justice.

Un visuel puisant dans les pires stéréotypes… Le document incriminé, un sticker collé à même les pompes à essence de la station Avia, située rue de Vesoul, expose un slogan explicite : « c’est cher – merci Israël ».

Le message est d’autant plus violent qu’il est illustré par des symboles sans ambiguïté : en fond, le drapeau Israélien frappé de l’étoile de David sur lequel est ajouté un personnage reprenant les pires stéréotypes antisémites : un homme au nez crochu, ricanant et se frottant les mains… Un visuel qu’on avait notamment vu resurgir à l’heure de la crise du Covid. Un procédé visuel qui vise à réactiver le mythe complotiste du Juif cupide tirant profit des crises internationales et des guerres.

Le gérant de la station Avia a déclaré que ces stickers avaient été apposés à son insu et qu’ils avaient été retirés dès que le commerce en avait eu connaissance…

L’action du BNVCA

Face à la virulence de cette affiche, le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) a décidé de porter l’affaire sur le terrain judiciaire.

https://www.facebook.com/photo?fbid=1335196918706820&set=a.234662885426901

Dans un communiqué adressé au Procureur de la République du Tribunal Judiciaire de Besançon, l’organisme dénonce une affiche d’un « antisémitisme virulent », calquée sur les méthodes de propagande nazie ayant accompagné la « solution finale ».

La plainte officielle du BNVCA vise non seulement les auteurs anonymes de ces collages, mais également la station-service Avia pour avoir permis cet affichage.

L’organisation fonde son action sur les articles 23 et 24 (alinéa 8) de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui disposent que toute discrimination ou provocation à la haine fondée sur l’appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est strictement interdite.

Pour le BNVCA, cette « horreur » visuelle ne doit en aucun cas laisser l’autorité judiciaire indifférente compte tenu de son caractère haineux et de sa facture nazie.

Une mobilisation associative et politique globale

La gravité de ces faits a suscité une réaction immédiate d’autres instances. Le Procureur de la République avait déjà été saisi initialement par le député MoDem du Doubs afin que toute la lumière soit faite sur l’origine de ce collage.

De son côté, la LICRA Besançon Franche-Comté a déposé plainte pour « provocation à la haine ou à la violence ». Le CRIF Bourgogne-Franche-Comté a également alerté la préfecture du Doubs, s’inquiétant d’une atmosphère où la critique politique sert de paravent à une haine raciale virulente. Le MRAP a également annoncé avoir saisi son service juridique pour se joindre à l’action.

Un climat de haine national préoccupant

Cet incident s’inscrit à l’évidence dans un contexte national où l’antisémitisme demeure à un niveau durablement très élevé.
La rhétorique anti-israélienne agit de plus en plus comme un catalyseur de haine, transformant des débats sur l’actualité internationale ou les prix en attaques directes contre les citoyens français de confession juive.

Pour rappel : en 2025, les actes antisémites représentaient plus de 53 % de l’ensemble des faits antireligieux en France, révélant un ciblage disproportionné par rapport à la réalité numérique de cette communauté au sein de la communauté nationale.

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