Après avoir été appelé à la solution à 2 états, Netanyahu présentera à l’ONU « la vérité d’Israël »
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Après avoir été appelé à la solution à 2 états, Netanyahu présentera à l’ONU « la vérité d’Israël »

Alors que la violence palestinienne est en recrudescence, Netanyahu s’adresse à l’Assemblée Générale après Abbas et Rouhani

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 30 septembre 2015. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 30 septembre 2015. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Après de nombreuses allocutions de la part des différents dirigeants encourageant Israël à adopter la solution à deux états, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressera à l’Assemblée générale jeudi, pour sa huitième allocution cette année, lors de la session plénière annuelle.

Ce discours aura lieu moins d’une heure après celui du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans le contexte d’une recrudescence des attaques palestiniennes contre des soldats israéliens ces derniers jours.

Le président iranien Hassan Rouhani s’exprimera également avant Netanyahu. Rouhani a été la cible de l’opprobre du dirigeant israélien lors de ses nombreux discours devant le corps gouvernant mondial dans le passé.

Netanyahu sera le quinzième dirigeant mondial à prendre la parole jeudi, lors de la session matinale à l’ONU. Il devrait s’exprimer à 12h40 heure locale (soit 19h40 en Israël). Rouhani sera le douzième, Abbas le treizième.

Avant de prendre la direction de l’ONU jeudi, Netanyahu a déclaré avoir l’intention d’insister auprès des puissances mondiales pour l’union dans la lutte contre le terrorisme.

« J’attends de la communauté internationale qu’elle adopte une norme uniforme dans la guerre contre le terrorisme, a-t-il déclaré. Aujourd’hui, toute la communauté internationale comprend la nécessité de mener une guerre déterminée et inflexible contre le terrorisme. Et en effet, elle doit également soutenir cette guette déterminée et inflexible contre le terrorisme, et cette clairvoyance est vitale pour parvenir à combattre, mais surtout éliminer le terrorisme. »

Le Premier ministre a ajouté qu’il « présentera le cas d’Israël, la vérité d’Israël, la justice d’Israël, mais aussi l’héroïsme d’Israël : l’héroïsme de nos soldats, de nos forces de police et de nos citoyens, qui mènent un combat inflexible contre un terrorisme brutal » lors de son allocution face aux dirigeants.

L’an dernier, il avait reproché aux puissances mondiales de n’avoir pas demandé des comptes à l’Iran au sujet de ses menaces sur la destruction d’Israël, accusant ainsi la communauté internationale de son « silence assourdissant », en gardant lui-même le silence pendant 44 secondes, et en fixant l’assemblée avec un regard réprobateur.

Le discours de jeudi fait suite à l’entretien entre Netanyahu et le président américain Barack Obama en marge de l’Assemblée, dans ce qui a très probablement été leur dernière rencontre dans leurs fonctions actuelles respectives.

Dans leurs remarques publiques, ils ont affiché une camaraderie joviale, et Obama n’aura mentionné que très brièvement les efforts de paix avec les Palestiniens et ses inquiétudes au sujet de la construction dans les implantations.

Mais, à huis-clos, les hauts-responsables de l’administration d’Obama ont affirmé que ce dernier a été peu équivoque, soulevant « l’inquiétude profonde des États-Unis », qui estiment que la construction dans les implantations érode les perspectives de paix. Netanyahu a contesté cette notion, et, selon un responsable, les deux dirigeants n’ont pas feint leurs divergences.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Barack Obama au Lotte New York Palace Hotel, le 21 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Barack Obama au Lotte New York Palace Hotel, le 21 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Dans son propre discours à l’Assemblée générale mardi, Obama a déclaré que bien que les Palestiniens doivent rejeter le terrorisme et l’incitation à la haine, Israël doit admettre qu’il ne peut pas « occuper et coloniser les terres palestiniennes de manière permanente ».

« Israéliens et Palestiniens seraient dans une meilleure position si les Palestiniens rejetaient cette incitation à la haine et reconnaissaient la légitimité d’Israël. Mais Israël doit admettre qu’il ne peut pas occuper et coloniser les terres palestiniennes de manière permanente. Nous devons tous faire mieux », a-t-il ajouté.

De nombreux autres dirigeants ont évoqué le conflit israélo-palestinien, mettant en garde contre le rejet de la solution à deux états.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Pendant le discours d’inauguration de l’Assemblée générale des Nations unies, Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a déclaré mardi que la seule solution au conflit israélo-palestinien est une solution à deux états, et qu’une « construction à un état serait voué à l’échec. »

Il a ajouté que « dix ans d’expansion de colonies illégales et cinquante ans d’occupation : c’est de la folie. Les Palestiniens ne peuvent pas continuer à vivre sous occupation israélienne. »

Le roi Abdallah II de Jordanie a prévenu Israël qu’il ferait face à une « mer de haine » s’il n’acceptait pas un État palestinien, tout en condamnant les terroristes musulmans depuis la tribune de l’ONU mardi.

« Aucune injustice n’a causé autant d’amertume que le déni de l’État palestinien. Pour moi, la paix est une décision consciente. Israël doit accepter la paix, ou se noyer dans une mer de haine dans une région où règne le chaos. »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'adresse à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : John Moore/Getty Images/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’adresse à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : John Moore/Getty Images/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part déclaré à l’ONU qu’il prévoyait d’employer la normalisation des relations avec Israël pour « aider le processus de paix », et que la mise en place d’un Etat palestinien était « une obligation de la communauté internationale. »

« Il est indispensable de permettre aux Palestiniens d’établir une Palestine indépendante avec pour capitale Jérusalem Est, sur la base d’une solution à deux états, a-t-il déclaré à l’Assemblée Générales des Nations Unies à New York. C’est une obligation de la communauté internationale envers les enfants palestiniens, rien de moins. »

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, déviant de son discours, a appelé Israël et les Palestiniens à étudier l’exemple « merveilleux » de son pays et de l’Etat juif, et d’accepter une solution qui leur permettrait d’exister en paix comme états voisins.

Il a décrit le modèle israélo-égyptien comme « l’occasion d’écrire une belle page dans l’histoire de notre région, d’aller vers la paix. »

Sissi a déclaré que « ce conflit constitue le cœur de l’instabilité au Moyen Orient » et a appelé à un règlement sur la base d’une solution à deux états menant à un Etat palestinien.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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