Arrestation d’un propriétaire d’une société Forex pour évasion fiscale
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Arrestation d’un propriétaire d’une société Forex pour évasion fiscale

Nizar Alimi, 49 ans, un responsable du parti travailliste, aurait géré six sociétés de trading en ligne, enregistrées à l’étranger

Nizar Alemi en campagne pour les primaires du parti travailliste en décembre 2014 (Crédit : Facebook)
Nizar Alemi en campagne pour les primaires du parti travailliste en décembre 2014 (Crédit : Facebook)

Un homme de 49 ans de Kafr Qara dans le nord d’Israël a été arrêté par la police israélienne au début du mois car il est soupçonné d’avoir caché aux autorités fiscales au moins 3 millions d’euros de revenus provenant de six sociétés étrangères lui appartenant et qui visaient des investisseurs à l’étranger.

Nizar Alimi, membre de la commission centrale du parti travailliste et conseiller de l’ancien président du parti travailliste, Isaac Herzog, a été arrêté le 11 septembre et a été libéré sous caution. Son arrestation avait été initialement placée sous embargo à sa demande en raison du fait, a-t-il précisé, qu’il est un personnage public, mais le tribunal de première instance de Rishon Lezion a ordonné que l’embargo soit levé lundi.

Alimi est soupçonné d’avoir caché le fait qu’il était le propriétaire de plusieurs entreprises à l’étranger qu’il contrôlait grâce à des mandataires, selon un communiqué de presse publié mercredi par l’autorité fiscale israélienne. Il aurait exploité six entreprises, chacune ayant des employés qui ont transféré de l’argent sur trois comptes bancaires qu’il détenait à l’étranger. Il est soupçonné d’avoir caché cet élément aux autorités fiscales.

Lee Elbaz (Crédit : LinkedIn)
Lee Elbaz (Crédit : LinkedIn)

Une porte-parole de l’administration fiscale israélienne a refusé de confirmer ou de nier que l’arrestation était liée à l’arrestation du PDG d’une société d’options binaires israélienne Lee Elbaz à l’aéroport JFK à New York le 14 septembre.

Des sources qui connaissent Lee Elbaz et Nizar Alimi ont déclaré au Times of Israel que les deux ont travaillé côte à côte chez Forex Place, une société israélienne de forex qui n’existe plus aujourd’hui, où certains des courtiers trouvaient leurs propres courtiers en options binaires. Alimi, selon cette source, a travaillé au bureau de langue arabe, téléphonant aux investisseurs dans les pays arabophones.

La porte-parole de l’administration fiscale a refusé de nommer les six sociétés contrôlées par Alimi. Cependant, une recherche dans les bases de données judiciaires israéliennes révèle le nom d’au moins une de ces entreprises.

En 2011 et à nouveau en 2015, Alimi a enregistré le nom de société « Investment House Limited » dans la République des Seychelles. De nombreux avertissements officiels émis par les régulateurs du monde entier confirment que cette société offshore possédait le site internet ihforex.com. De plus, une société israélienne locale qui exploitait le site ihforex, Logo Peace Ltd (anciennement connu sous le nom de Forex Peace Ltd), est enregistrée chez une personne nommée Sami Alima ou Sami Alimi, qui est domicilié à la même adresse que Nizar Alimi.

Une affiche électorale demandant aux membres du parti travailliste de voter pour Nizar Alimi lors des primaires du parti, en janvier 2015 (Crédit : Facebook)
Une affiche électorale demandant aux membres du parti travailliste de voter pour Nizar Alimi lors des primaires du parti, en janvier 2015 (Crédit : Facebook)

Les anciens employés d’ihforex.com ont déclaré en ligne qu’ihforex et ihoptions, une marque d’options binaires, ont été créées simultanément à partir du même bureau. Ihforex a fait l’objet d’avertissements multiples des régulateurs espagnols, français et belges au cours des dernières années. Pendant ce temps, ihoptions apparaît sur la liste rouge des sociétés d’investissement en ligne qui ont sollicité les Américains sans permis du Commodities and Futures Trading Commission des États-Unis.

Une réunion de la commission des Réformes de la Knesset sur les options binaires, le 31 juillet 2017. (Crédit : Times of Israël)
Une réunion de la commission des Réformes de la Knesset sur les options binaires, le 31 juillet 2017. (Crédit : Times of Israël)

On estime que l’industrie du commerce frauduleux en ligne en Israël permet de produire de 5 à 10 milliards de dollars par an.

Un projet de loi présenté plus tôt cette année pour interdire l’ensemble de l’industrie des options binaires en Israël, ainsi que les sociétés Forex et CFD qui ont opéré depuis Israël sans licence, a été édulcoré pour s’appliquer étroitement aux options binaires.

Certaines personnes ont critiqué cela en affirmant que cela crée une échappatoire et que, si la loi était votée en l’état, les entreprises d’options binaires frauduleuses peuvent simplement modifier le produit qu’elles offrent et continuer à fonctionner.

Après avoir passé une première lecture dans la Knesset, puis approuvé par la commission des Réformes de la Knesset le 7 août, le projet de loi attend son approbation finale de la Knesset.

Les entreprises frauduleuses d’options binaires israéliennes proposent aux clients du monde entier un investissement potentiellement rentable à court terme. Mais en réalité — grâce à des plates-formes de trading frauduleuses, au refus de payer et à d’autres ruses — ces entreprises volent à la majorité de leurs clients la plupart ou de l’ensemble de leur économie. Les vendeurs frauduleux dissimulent habituellement leur localisation, déforment ce qu’ils vendent et utilisent de fausses identités.

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