Au moins 20 chefs de Conseils arabes présentent leurs condoléances à la famille Peres
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Au moins 20 chefs de Conseils arabes présentent leurs condoléances à la famille Peres

Après le boycott par la Liste arabe unie, des leaders de la communauté saluent le "grand homme" qu’était le président et appellent les 13 députés arabes à répondre à l’appel de la shiva

Une délégation de 20 chefs du conseil israélo-arabes a rendu une visite de shiva à la famille Peres au Centre Peres pour la Paix à Jaffa, le dimanche 2 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran / Ynet)
Une délégation de 20 chefs du conseil israélo-arabes a rendu une visite de shiva à la famille Peres au Centre Peres pour la Paix à Jaffa, le dimanche 2 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran / Ynet)

Une délégation constituée d’au moins 20 présidents de conseils israélo-arabes est arrivée dimanche au Centre Peres Pour la Paix pour présenter leurs condoléances à la famille de Shimon Peres, deux jours après le boycott de ses funérailles par le parti de la Liste arabe unie forte de 13 députés et qui affirme représenter la communauté arabe israélienne à la Knesset.

Peres est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 93 ans deux semaines après avoir été victime d’une violente attaque cérébrale. Des dizaines de chefs d’Etat se sont rendus à ses funérailles, dont le président américain Barack Obama, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le président François Hollande et d’autres. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas accompagné d’autres responsables du Fatah et le ministre des Affaires étrangères égyptien Sameh Choukri ont également fait le déplacement.

La Liste arabe unie avait annoncé jeudi que ses membres ne participeraient pas à la cérémonie, faisant état d’une histoire « compliquée ».

“Nous sommes venus ici au nom de la communauté arabe et au nom de tous les Conseils régionaux israélo-arabes pour prendre part au deuil de Shimon Peres et pour présenter nos condoléances à la famille, que son souvenir soit béni”, a déclaré Mazen Ghanem, maire de Sakhnin et président du Forum des Conseils Arabes, ajoutant que le boycott organisé par la Liste arabe unie ne représentait pas les Arabes israéliens.

“Ceux qui boycottent [les funérailles] l’ont fait en leur nom propre et pas au nom de la communauté arabe”, a indiqué Ghanem dimanche.

“Il y a des personnalités qui font l’Histoire. Shimon Peres croyait à la paix et à l’égalité et le Centre [Peres] dit tout ce qu’il y a à dire au sujet de ce grand homme. Nous sommes ici au nom de la communauté arabe », a-t-il ajouté.

“Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de [Peres]”, a confié Ghanem à Ynet, ajoutant qu’il espérait que d’autres leaders israéliens poursuivent le rêve de paix de Peres.

Naim Shibli, président du Conseil Régional de Shibli ; au pied du mont Tabor, a pour sa part affirmé que “Peres était un grand homme, un homme de paix, un homme qui pouvait envisager 1 000 années de l’avenir”, et a critiqué les membres de la Liste arabe unie pour le boycott des funérailles.

Une délégation de 20 chefs du conseil israélo-arabes a rendu une visite de shiva à la famille Peres au Centre Peres pour la Paix à Jaffa, le dimanche 2 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran / Ynet)
Une délégation de 20 chefs du conseil israélo-arabes a rendu une visite de shiva à la famille Peres au Centre Peres pour la Paix à Jaffa, le dimanche 2 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran / Ynet)

“Ils auraient dû venir ici et vivre ce deuil aux côtés de la famille”, a-t-il indiqué.

D’autres dirigeants des Conseils locaux des communautés du nord et du sud d’Israël ont également salué Peres comme un ouvrier de la paix et un dirigeant ayant réalisé de grande objectifs pour son pays et pour son peuple.

Nizar Alimi, conseiller d’Isaac Herzog, chef de l’Union sioniste, a indiqué être “embarrassé par les députés de la Liste arabe unie qui reçoivent leurs salaires de l’Etat d’Israël et ne sont pas venus présenter leurs hommages ».

Alimi a qualifié cette démarche de “honteuse” et déclaré qu’ils avaient “trahi leurs électeurs et s’étaient coupés de leurs circonscriptions”.

Il a dénoncé le parti Balad, l’un des quatre partis à majorité arabe constituant la faction de la Liste arabe unie, pour sa “ligne extrémiste prenant le contrôle du Parti » et averti que cela pourrait amener une « nouvelle Nakba contre les Arabes israéliens ».

Nakba est le mot arabe signifiant “catastrophe” et c’est le terme auquel ont recours les arabes et les Palestiniens en référence à la fondation en 1948 de l’Etat d’Israël à l’issue de la guerre d’Indépendance pendant laquelle des milliers d’Arabes ont fui ou ont été forcés de quitter leurs maisons et leurs communautés.

Tsvia Walden, le fille de Shimon Peres, a remercié de leur présence les membres de la délégation, les qualifiant de « personnes courageuses ».

Les 3 enfants de Shimon Peres récitent le kaddish pour leur père (Crédit : capture d'écran Live GPO)
Les 3 enfants de Shimon Peres récitent le kaddish pour leur père (Crédit : capture d’écran Live GPO)

“Il y a ceux qui pensent que nous ne pouvons pas vivre ensemble mais nous le pouvons. Sans vous, nous ne serions pas en mesure de vivre ici. Nous croyons tous en un meilleur avenir”, a-t-elle déclaré.

Depuis la soirée de samedi, ce sont des centaines d’israéliens qui sont arrivés au Centre pour répondre à l’appel de la Shiva de la famille de Peres. Des centaines encore se sont rendues sur la tombe située sur le mont Herzl, à Jérusalem, pour rendre hommage au dernier des pères fondateurs du pays.

Des photos de la vie de Peres ont été exposées dans le Centre. Les visiteurs ont été invités à déambuler dans le bâtiment pour y revoir l’œuvre de l’ancien président.

Un grand nombre d’entre eux ont abordé la famille et échangé quelques mots avec elle. Parmi les personnes présentes, l’ambassadeur américain Dan Shapiro, la présidente de la Cour Suprême Miriam Naor, le député de YaHadout HaTorah Moshe Gafni et l’ancien chef du Mossad, Tamir Pardo.

Vendredi soir, le chef de la Liste arabe unie et membre de la Knesset Ayman Odeh avait défendu la décision unanime des membres de son parti de ne pas se rendre à la cérémonie des funérailles, expliquant que c’était une « journée nationale de deuil dans laquelle je n’ai pas ma place, ni dans le récit, ni dans les symboles qui m’excluent, ni dans l’histoire de Peres en tant qu’homme qui a construit les défenses d’Israël ».

« Au niveau personnel et humain, je ressens la douleur [du décès de Peres], mais pas au niveau national, » avait ajouté Odeh.

Peres avait guidé Israël à travers certaines de ses périodes les plus déterminantes : la création de ce qui est considéré comme l’arsenal nucléaire dans les années 1950, le désengagement de l’armée israélienne au Liban et le sauvetage de son économie lors de l’inflation à trois chiffres survenue dans les années 1980. Il avait aussi amené une nation sceptique vers les négociations de paix avec les Palestiniens dans les années 1990.

En 1994, il avait partagé le Prix Nobel avec l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin et le leader palestinien Yasser Arafat pour la signature d’un accord de paix transitoire avec les Palestiniens.

Des Israéliennes sur la tombe de l'ancien président Shimon Peres, après son enterrement au cimetière national du mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP/Gil Cohen-Magen)
Des Israéliennes sur la tombe de l’ancien président Shimon Peres, après son enterrement au cimetière national du mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP/Gil Cohen-Magen)
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