Avant la grève, les employés de l’IBA interrompent les informations
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Avant la grève, les employés de l’IBA interrompent les informations

Plus de 1 000 employés du radiodiffuseur seront au chômage à cause du lancement de la nouvelle corporation de radiodiffusion publique

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'Autorité de radiodiffusion d'Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L'Autorité de radiodiffusion d'Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les employés de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël (IBA) ont brièvement interrompu le programme d’informations de la Première chaîne dimanche soir, un aperçu de la journée de grève prévue en raison de la fermeture imminente du radiodiffuseur en difficulté qui doit être remplacé par un nouveau conglomérat public.

Une image des employés portant des panneaux protestant contre cette décision a été rapidement diffusée pendant le programme « Mabat », accompagnée d’un message adressé aux politiciens dirigeant la réforme des médias qui fermera l’IBA.

« Citoyens d’Israël, le 30 avril, à la veille de Yom HaZikaron, l’IBA sera fermée sur ordre du ministre des Finances Moshe Kahlon. Un millier de familles rejoindront les chômeurs. Aujourd’hui, c’est nous ; demain, ce sera vous ! », pouvait-on lire.

Les différents syndicats de l’IBA ont convoqué une réunion d’urgence mardi matin pour décider des derniers accords pour une grève qui fermera pour une durée indéfinie tout l’appareil de diffusion de l’IBA.

Une image de protestation contre la fermeture de l'Autorité de radiodiffusion d'Israël diffusée pendant le programme Mabat, le 12 mars 2017. (Crédit : capture d'écran Première chaîne)
Une image de protestation contre la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël diffusée pendant le programme Mabat, le 12 mars 2017. (Crédit : capture d’écran Première chaîne)

En 2014, la Knesset a adopté une large réforme visant à fermer l’IBA, à l’époque décrite par les politiciens comme de plus en plus coûteuse et hors de propos. Elle doit être remplacée par une nouvelle corporation de radiodiffusion, « Kan ». Cette nouvelle corporation doit reprendre et étendre l’offre de l’IBA, notamment sa radio et ses chaînes télévisées.

Malgré de nombreux retards et des tentatives visant à abandonner cette réforme, le gouvernement travaillerait sur une proposition qui permettrait à Kan d’être lancée en avril, mais uniquement en échange d’un contrôle accru sur le paysage médiatique du pays.

En octobre, Kahlon avait brisé le silence sur les efforts du Premier ministre Benjamin Netanyahu destinés à démanteler la toute nouvelle corporation publique, affirmant que revenir à l’IBA entraînerait des pertes financières massives pour l’Etat. La décision de permettre à Kan de commencer à diffuser serait le résultat du travail d’une commission temporaire mise en place par Kahlon et Netanyahu pour trouver un compromis sur le sujet.

Au moment où les programmes de dimanche soir étaient perturbés, les syndicats de l’IBA ont envoyé une lettre au président de la Histadrout, la fédération nationale du travail, Avi Nissenkorn, pour lui demander de l’aide.

Les nouveaux locaux de la société de radiodiffusion publique, à Tel Aviv, le 29 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Les nouveaux locaux de la société de radiodiffusion publique, à Tel Aviv, le 29 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Au premier mai, je serai au chômage, oui, le jour de la Fête internationale du Travail », peut-on lire dans la lettre, rédigée à la première personne. « Pourquoi ? Parce que vous et le Premier ministre Netanyahu n’avez pas réussi à empêcher l’ouverture d’une nouvelle corporation de radiodiffusion et vous permettez au gouvernement de fermer le lieu de travail de milliers d’employés […] pour un radiodiffuseur qui fera exactement la même chose, de manière moins professionnelle et avec moins d’expérience. »

L’IBA a été fondée en 1948 et a détenu le monopole sur la radio et la télévision israéliennes jusque dans les années 1990.

Depuis 1965, tout foyer israélien possédant la télévision doit payer une redevance annuelle qui contribue au financement de l’IBA. Aujourd’hui, elle s’élève à 345 shekels par an. L’IBA applique sévèrement cette règle, ignorant les demandes des propriétaires qui n’utilisent pas les services de l’IBA, et d’où la télévision n’est connectée à aucun service.

Le radiodiffuseur vieillissant a déjà été soumis à des coupes budgétaires et des licenciements drastiques ces dernières années pour préparer son remplacement.

Le programme Mabat fonctionne actuellement avec 40 % de personnels en moins, dont des directeurs, des caméramans, des ingénieurs sons et des graphistes. La présentatrice de la météo Sharon Wechsler annonce ses prévisions en étant simplement assise aux côtés du présentateur Yaakov Eilon, parfois sans aucun support graphique.

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