Bagdad « condamne l’attaque » contre l’ambassade de Bahreïn
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Bagdad « condamne l’attaque » contre l’ambassade de Bahreïn

Le chef de la diplomatie irakienne a dit espérer que l'attaque "ne sape pas les relations diplomatiques" entre Bagdad et Manama, qui a rappelé son ambassadeur "pour consultations"

Des forces de sécurité irakiennes montent la garde devant l'ambassade bahreïnie à Bagdad, après une manifestation contre les sommet américain sur l'économie palestinienne, le 27 juin 2019. (Crédit : AP/Ali Abdul Hassan)
Des forces de sécurité irakiennes montent la garde devant l'ambassade bahreïnie à Bagdad, après une manifestation contre les sommet américain sur l'économie palestinienne, le 27 juin 2019. (Crédit : AP/Ali Abdul Hassan)

Le chef de la diplomatie irakienne a assuré vendredi à son homologue bahreïni que l’Irak « condamne l’attaque » contre l’ambassade de Bahreïn à Bagdad la veille, alors que Manama a rappelé son ambassadeur, selon un communiqué du ministère irakien des Affaires étrangères.

Jeudi en soirée, environ 200 manifestants ont brûlé des drapeaux israéliens devant l’ambassade de Bahreïn, au lendemain de la présentation dans ce pays du volet économique controversé d’un plan américain censé régler le conflit israélo-palestinien, a indiqué un officier de police.

Selon des vidéos amateurs tournées sur place, les manifestants ont scandé des slogans en faveur de groupes armés proches de l’Iran, alors que Bahreïn est, comme nombre de ses voisins du Golfe, rival de la République islamique.

Des experts du Moyen-Orient estiment que les pays arabes du Golfe, comme Bahreïn, sont encouragés par les Etats-Unis à faire cause commune avec Israël face à l’Iran. Comme Washington, ces pays accusent Téhéran de vouloir étendre son influence dans la région et de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

L’Irak, à la fois proche allié des Etats-Unis et de l’Iran, se trouve dans une position inconfortable au moment où les tensions ne cessent de monter entre Washington et Téhéran.

La manifestation devant l’ambassade de Bahreïn met dans l’embarras les autorités irakiennes qui tentent de se poser en acteur diplomatique incontournable et en exemple de la stabilité retrouvée dans un Moyen-Orient profondément divisé.

Dès jeudi soir, le ministre irakien de l’Intérieur avait rencontré sur place les diplomates bahreinis et son porte-parole, le général Saad Maan, avait annoncé « 54 arrestations de personnes ayant attaqué l’ambassade ».

Vendredi, un important dispositif de sécurité était en place autour de l’ambassade, a constaté un photographe de l’AFP.

Vendredi également, le chef de la diplomatie irakienne, Mohammed Ali al-Hakim, a, lui, appelé son homologue bahreïni cheikh Khaled ben Ahmed Al-Khalifa.

M. Hakim a dit espérer que l’attaque « ne sape pas les relations diplomatiques » entre Bagdad et Manama, qui a rappelé son ambassadeur « pour consultations » et a dit tenir « le gouvernement irakien pour responsable de la protection de l’ambassade ».

Le ministre bahreini avait créé un choc en accordant un entretien à un média israélien – fait exceptionnel pour un responsable du Golfe – lors de la conférence de Manama. Dans cette interview, il estimait qu' »Israël fait partie de l’héritage de cette région ». « Le peuple juif a une place parmi nous », avait-il ajouté en proposant aux Israéliens de dialoguer.

Les dirigeants palestiniens ont boycotté la conférence de Manama, accusant Washington d’avoir un parti pris pro-israélien et d’ignorer leur revendication cruciale d’un Etat palestinien indépendant.

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