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Belgique : le négationnisme serait en hausse constante

Si les chiffes de l'antisémitisme ne sont pas dévoilés pour 2018, l'Unia, qui lutte contre les discriminations, s'alarme de la prégnance du discours négationniste en Belgique

La mairie et le centre de la vieille ville de Bruxelles, en Belgique, le 9 décembre 2005. (Crédit : Jean-Pol Grandmont/CC-BY/WikiCommons)
La mairie et le centre de la vieille ville de Bruxelles, en Belgique, le 9 décembre 2005. (Crédit : Jean-Pol Grandmont/CC-BY/WikiCommons)

La hausse de l’antisémitisme (+ 69 %) pour les 9 premiers mois de l’année 2018 dénoncée par le Premier ministre Edouard Philippe a provoqué une interrogation chez certains voisins francophones de l’Hexagone.

Il y a quelques jours le site de la Radio Télévision belge francophone, (RTBF) s’est posé la question : « quid de la Belgique ? »

Si « en Belgique, aucun chiffre n’est encore avancé pour cette année, » la RTBF note pourtant une hausse constante et inquiétante du négationnisme.

« Il y a une augmentation de faits liés au négationnisme, c’est-à-dire la négation, l’approbation ou la justification du génocide commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, » rapporte Patrick Charlier le directeur d’Unia, une institution publique indépendante qui lutte contre la discrimination et défend l’égalité des chances en Belgique.

« C’est lié notamment, poursuit-il, au développement des réseaux sociaux où, régulièrement, il y a des propos qui font l’apologie du régime nazi, qui se félicitent de ce qu’Hitler a fait, regrettant qu’il ne soit pas allé au bout de son projet. C’est malheureusement un phénomène qui n’arrête pas de croître. »

Selon la même institution, citée par la RTBF, « le nombre de dossiers sur l’antisémitisme varie entre 53 et 130 ces dix dernières années, mais en moyenne l’Unia traite 82 dossiers par an. Les années ‘records’, suite à l’actualité, sont toujours suivies par une année de forte baisse ».

Charlier estime tout de même que la société belge est moins « polarisée » que la société française. « En France, il y a plus d’agressions de haine violente, que ce soit à l’égard des juifs, des musulmans, des homosexuels ou des personnes étrangères, » estime Patrick Charlier, directeur de l’Unia.

La Belgique compte aujourd’hui autour de 42 000 juifs, mais proportionnellement moins d’attaques antisémites que la France.

« Il y a des actes antisémites en Belgique, mais la situation n’est pas tout à fait la même qu’en France », affirmait Philippe Markiewicz, le président du Consistoire belge au lendemain de l’assassinat de Mireille Knoll. « En France, les événements sont plus importants qu’en Belgique. Ceci étant, il y a toujours des actes antisémites en Belgique. Il faut dès lors rester vigilants et réagir. »

Si l’antisémitisme est moins virulent en Belgique qu’en France, les Belges restent cependant marqués par l’attentat contre le musée juif de Bruxelles le 24 mai 2014 qui a coûté la vie à quatre personnes – .

Plus récemment, c’est un couple juif habitant la ville belge de Marchienne-au-Pont qui a porté plainte après avoir été victime de menaces de morts, d’intimidations, de dégradations de leur habitation et d’agressions physiques et verbales.

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