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Ben Gvir exhorte ses alliés d’extrême droite à fusionner

Le leader d'Otzma Yehudit a appelé ses compatriotes à se rassembler, alors que les négociations sur les alliances de partis destinées à consolider le pouvoir s'intensifient

Le leader du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'une conférence de presse en vue des prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'une conférence de presse en vue des prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le législateur d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, a appelé ses compatriotes à se rassembler autour d’un drapeau uni lundi, alors que les négociations sur les alliances de partis destinées à consolider le pouvoir s’intensifient avant les élections du 1er novembre.

Mais dans un autre registre, Ben Gvir a suggéré qu’un audit indépendant soit mené pour déterminer le nombre de places que chaque parti obtiendrait sur une liste unie et leur emplacement. Bezalel Smotrich dirige actuellement le parti du Sionisme religieux, qui a fusionné avec la faction Otzma Yehudit de Ben Gvir avant les élections de l’année dernière.

Ben Gvir espère qu’en s’associant avec Smotrich maintenant, plutôt qu’après que le parti du Sionisme religieux n’organise ses primaires, il aura une meilleure chance de garantir les places souhaitées dans un futur gouvernement. En effet, convaincre les membres du parti de céder les places gagnées lors des primaires en faveur des membres d’Otzma Yehudit pourrait s’avérer plus difficile.

Les négociations entre Ben Gvir, Smotrich et les chefs des autres factions partenaires potentielles s’annoncent plus difficiles qu’auparavant. Ben Gvir et Smotrich ont tous deux confiance dans leur base électorale et dans leurs chances de franchir le seuil requis pour entrer à la Knesset, même s’ils décident de se présenter séparément.

Cependant, malgré son soutien apparemment croissant, Ben Gvir n’est probablement pas aussi motivé pour se présenter seul aux prochaines élections que Smotrich le serait s’il y était contraint. Smotrich sait qu’il bénéficie d’une large base d’électeurs et qu’il regagnerait probablement quelques voix perdues auprès des partisans – plus libéraux – du Sionisme religieux qui s’opposent au partenariat du parti avec Ben Gvir.

En tant que tel, Ben Gvir espère fusionner avec Smotrich dès que possible.

Ben Gvir a proposé qu’une commission externe organise des sondages pour déterminer le niveau de soutien public dont jouissent Otzma Yehudit et les autres factions qui composent le Sionisme religieux, afin de déterminer les détails de la répartition des postes dans une future fusion.

« Organisez une étude, un audit, au sein de la droite », a-t-il insisté. « Et un panel extérieur examinera la force relative de tous les partis. »

« Je promets d’accepter la division qui serait recommandée par cette recherche exhaustive et je ne doute pas que mon collègue Betzalel Smotrich sera également d’accord, puisqu’il a suggéré la même chose avant les dernières élections », a-t-il déclaré.

Le chef du parti Sionisme religieux, le député Bezalel Smotrich dirigeant une réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 27 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La manœuvre de Ben Gvir intervient alors que les partis politiques se préparent pour les prochaines élections, plusieurs partis envisagent des fusions et des politiciens d’autres partis se disputent les postes dans le cadre des primaires des partis.

Les commentaires de Ben Gvir, un extrémiste considéré comme marginal pour de nombreux politiciens israéliens, sont intervenus au lendemain de l’annonce, par le parti centriste Kakhol lavan de Benny Gantz et le parti de centre-droit Tikva Hadasha de Gideon Saar d’une liste commune au cours des prochaines élections, lors du vote national prévu en date du 1er novembre.

Ben Gvir a cherché à dépeindre la nouvelle alliance de centre-droit comme « gauchiste » en raison de leur opposition permanente à s’asseoir avec le leader du Likud, Benjamin Netanyahu.

« Hier, nous avons vu la gauche s’unir afin de gagner les élections. Saar et Gantz font tout ce qui est nécessaire pour battre la droite. Ils savent que pour gagner, ils doivent fusionner maintenant », a déclaré Ben Gvir lors d’une conférence de presse depuis un hôtel de Jérusalem.

La faction Otzma Yehudit de Ben Gvir s’est associée au parti du Sionisme religieux ainsi qu’au parti anti-LGBT Noam pour obtenir six sièges et entrer au Parlement israélien en 2021, une alliance orchestrée par Netanyahu.

Ben Gvir et Smotrich ont tous deux indiqué leur intention de se présenter ensemble aux prochaines élections, mais Ben Gvir fait pression pour que sa faction soit mieux représentée au sein de la liste du parti combiné.

« La gauche maximise son pouvoir, tandis qu’à droite, les choses sont encore chancelantes. Nous ne pouvons pas nous battre pendant des mois et arriver aux élections épuisés. Le public ne le mérite pas, l’État d’Israël ne le mérite pas », a-t-il déclaré.

« Si nous sommes capables de nous unir à temps, nous pourrions assister à une victoire rapide de la droite », a-t-il fait valoir. « Chaque minute perdue sans s’unir nous fait perdre des voix. »

Le seuil électoral étant relativement élevé en Israël, les petits partis ressentent souvent le besoin de fusionner entre eux pour s’assurer d’entrer à la Knesset.  Les bulletins de vote déposés pour les partis qui ne recueillent pas au moins 3,25 % des voix sont considérés comme perdus, ce qui entraîne souvent des dizaines de milliers de votes inutiles.

Un sondage publié vendredi indique que le bloc des partis fidèles à Netanyahu pourrait remporter 61 des 120 sièges de la Knesset lors des prochaines élections, ce qui lui permettrait de former un gouvernement. Bien que les sondages ne soient souvent pas précis, ils influencent les considérations des politiciens.

Ben Gvir et sa faction Otzma Yehudit sont des disciples de feu le rabbin raciste Meir Kahane, un ancien député dont le parti Kach a été banni de la Knesset dans les années 1980 – le premier cas où un parti a été banni pour racisme. Otzma Yehudit est favorable à l’encouragement de l’émigration des non-juifs d’Israël et à l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté à Israël et d’accepter un statut réduit dans un État juif élargi dont la souveraineté s’étend à toute la Cisjordanie.

Le parti était considéré comme trop extrême pour être inclus dans une coalition gouvernementale jusqu’à ce que Netanyahu organise la fusion avec Smotrich, dans le but d’obtenir suffisamment de sièges pour former une coalition.

Ben Gvir a tenté de présenter son parti comme un élément fondamental de tout gouvernement dirigé par le Likud, citant des sondages internes qui suggèrent qu’une fusion avec le Sionisme religieux permettrait à la nouvelle alliance d’obtenir 10 à 12 mandats lors des prochaines élections.

Bezalel Smotrich, leader du parti Sionisme religieux, à gauche, et Itamar Ben Gvir, du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, lors d’une tournée de campagne électorale au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, 4 jours avant les élections générales, le 19 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

D’autres sondages récents ont montré que si le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir se présentait seul, il remporterait 4 à 5 sièges.

Le Likud de Netanyahu a décidé dans la nuit de lundi à mardi d’organiser des primaires pour sa liste à la Knesset le 3 août, soit trois mois avant les élections.

En outre, la direction du parti a accepté d’accorder à Netanyahu le droit de désigner personnellement plusieurs candidats – en 14e, 16e, 28e, 37e et 43e place de la liste.

Selon les estimations, Netanyahu est susceptible de réserver certaines de ces places à plusieurs transfuges du parti Yamina qui ont contribué à faire tomber le gouvernement Bennett-Lapid – Amichai Chikli, Idit Silman et Nir Orbach – ainsi qu’à l’ancien général de Tsahal Gal Hirsch. (Certains médias israéliens suggèrent qu’Orbach ne figurera pas sur la liste du Likud, mais pourrait être ministre).

Par ailleurs, Saar a participé à une conférence Calcalist lundi et a déclaré que le but de la fusion avec les Kakhol lavan de Gantz « est d’empêcher [le leader du Likud Benjamin] Netanyahu de revenir au pouvoir et d’ouvrir la voie à un large gouvernement d’unité dirigé par Benny Gantz. »

Pour que cela se produise, Saar – autrefois allié proche de Netanyahu – a déclaré que « dans un premier temps, nous devons empêcher le bloc des partis de Netanyahu d’atteindre 61 sièges. »

« Nous ne ferons pas revenir Netanyahu. Le pays doit aller de l’avant, il ne doit pas revenir en arrière », a-t-il ajouté.

Le leader des Kakhol lavan, le ministre de la Défense Benny Gantz, à droite, et le leader de Tikva Hadasha, le ministre de la Justice Gideon Saar, annoncent la fusion de leurs partis, le 10 juillet 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Dans une interview accordée à la radio Kan lundi matin, le membre de Tikva Hadasha, Zeev Elkin, qui occupe actuellement le poste de ministre du Logement et de la Construction, a déclaré que malgré la fusion entre son parti et Kakhol lavan, chaque liste conservera sa propre identité.

« Il y a des différences entre Tikva Hadasha et Kakhol lavan – c’est pourquoi nous travaillons ensemble dans une liste qui rassemble nos deux partis. Nous ne supprimons pas notre identité de parti de droite », a-t-il souligné.

Elkin a également souligné qu’ils s’unissaient pour être une alternative à Netanyahu.

En réponse aux informations selon lesquelles l’ancien chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot envisageait de rejoindre l’alliance, Elkin a suggéré qu’il recevrait la troisième place sur la liste juste derrière Gantz et Saar.

« J’aimerais vous rappeler que Eizenkot envisageait de rejoindre Tikva Hadasha lors du dernier tour des élections, mais qu’il a finalement décidé de rester en dehors [de la politique] », a déclaré Elkin.

Gadi Eisenkot, alors chef d’état-major de Tsahal, assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

S’exprimant également à la conférence Calcalist lundi, le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman a réitéré sa promesse de ne pas siéger dans une quelconque coalition avec Netanyahu, suggérant que son parti était le seul capable de « faire face aux tensions entre la religion et l’État. »

Il a également tenté de faire la différence entre la communauté ultra-orthodoxe et les partis haredim, auxquels il s’oppose.

« Notre position n’est pas anti-haredit ; elle est anti-Shas et anti-Yahadout HaTorah », a-t-il déclaré, accusant les partis d’entretenir la pauvreté parmi la communauté haredit en Israël.

« Le moyen de lutter contre la pauvreté n’est pas d’approuver davantage d’allocations – celles-ci entretient la pauvreté », a déclaré le ministre des Finances.

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