Bennett : Netanyahu semble abandonner la solution à 2 États
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Bennett : Netanyahu semble abandonner la solution à 2 États

Selon le président de HaBayit HaYehudi, le Premier ministre honorera la promesse faite aux évacués d'Amona

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre de l'Education Naftali Bennett avant une réunion extraordinaire de son parti HaBayit HaYehudi dans l'implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 2 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Education Naftali Bennett avant une réunion extraordinaire de son parti HaBayit HaYehudi dans l'implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 2 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a manifesté sa joie, ce lundi, quant à l’apparent abandon de Netanyahu de la solution à deux états, après sa rencontre avec le président américain Donald Trump, bien que le Premier ministre n’ait pas fait de déclaration officielle sur la question.

Naftali Bennett, président du parti Habayit Hayehudi, a évoqué sa vision de l’avenir du conflit israélo-palestinien devant des dirigeants juifs américains. Il a parlé de l’annexion de 60 % de la Cisjordanie et la naturalisation des Palestiniens qui y vivent, ainsi que de l’autonomie des résidents dans les territoires.

« Je suis ravi de voir que le Premier ministre Benjamin Netanyahu adopte progressivement cette approche. Il semblerait, mais la question n’a pas été tranchée, a déclaré Bennett. J’en saurais plus d’ici une semaine ou deux. Mais je suis heureux de voir que le Premier ministre Netanyahu et le président Trump sont disposés à explorer de nouvelles pistes. »

Mercredi, Trump semblait marquer une rupture de l’engagement américain de longue date à la solution à deux états, comme unique modèle de résolution du conflit. « Je regarde [la solution] à deux États et [la solution] à un État, et j’aime celle que les deux parties préfèrent », a déclaré Trump, durant la conférence de presse conjointe à la Maison Blanche. « Je peux vivre avec les deux. » Le jour suivant, en revanche, Nikki Haley a assuré que les États-Unis étaient « absolument » en faveur de la solution à 2 États.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Durant son séjour à Washington, Netanyahu a soigneusement évité de prononcer les mots « solution à deux états » ou « état palestinien ». À l’inverse, il a refusé d’abroger son accord de principe, prononcé pendant son discours à Bar-Ilan en 2009, d’un état palestinien démilitarisé qui reconnaitrait l’État d’Israël. Il a ajouté qu’il ne souhaitait pas annexer la totalité de la Cisjordanie et naturaliser 2,5 millions de Palestiniens.

À la Conférence des présidents des organisations juives américaines majeures en Israël, Bennett a déclaré que rejeter l’idée d’un état palestinien ne signifiait pas nécessairement l’application de la souveraineté israélienne sur l’ensemble de la Cisjordanie.

« Certains disent : soit un état palestinien, soit une solution à un état unique, mais je n’en suis pas convaincu, a affirmé Bennett. Mon plan se situe entre les deux. Je ne pense pas que nous devons régner sur 2 millions de Palestiniens. Je ne veux pas les gouverner. »

Il a assuré qu’il y avait une nette différence entre « une autonomie sous stéroïdes », qu’il souhaite offrir à la majorité des Palestiniens qui ne seraient pas naturalisés Israéliens, et l’état démilitarisé tel que l’avait décrit Netanyahu dans son discours de Bar-Ilan.

« On ne peut pas désétatiser un État. On ne peut pas débouillir un œuf », a-t-il affirmé. Il a ajouté qu’un état en bonne et due forme représentait une plus grande menace pour la sécurité d’Israël qu’accorder aux Palestiniens la possibilité d’être leurs propres dirigeants sans avoir la souveraineté absolue.

Bien qu’il ait été encouragé par les propos tenus durant la conférence de presse à Washington, Bennett était hésitant à partager ce qu’il attend de la Maison Blanche.

Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi, demande l'annexion de parties de la Cisjordanie après le vote de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies devant le mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 décembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi, demande l’annexion de parties de la Cisjordanie après le vote de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies devant le mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 décembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Nous sommes encore à l’aube de la nouvelle administration, a-t-il déclaré. L’Amérique est notre meilleur ami, nous devons donc agir en tant qu’amis, être clairs sur ce qui est vital dans les intérêts de notre sécurité, parler ouvertement et coopérer. »

La semaine prochaine, quand Netanyahu sera de retour de son voyage à Singapour et en Australie, Bennett a l’intention de le rencontrer « pour réellement comprendre ce qui a été décidé », a annoncé le chef du parti HaBayit HaYehudi. « On verra ensuite. »

Bennett a également assuré qu’il pense que Netanyahu acceptera d’établir une nouvelle communauté en Cisjordanie pour les évacués d’Amona.

Après sa rencontre avec Trump, Netanyahu serait revenu sur sa promesse d’établir une nouvelle implantation, soutenant que Jérusalem devait d’abord parvenir à un accord sur l’expansion des implantations, mais cette information a été démentie par ses conseillers.

« Le Premier ministre Netanyahu a clairement promis aux résidents d’Amona qu’il créerait une nouvelle ville pour eux, a déclaré Bennett. De plus, il a signé un accord avec eux. Je suis certains qu’il tiendra parole, et nous serons à leurs côtés. »

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