Berlin réitère « le droit de se défendre » d’Israël, vigilance sur l’antisémitisme
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Berlin réitère « le droit de se défendre » d’Israël, vigilance sur l’antisémitisme

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que les attaques du Hamas n'avaient "absolument rien à voir avec de la légitime défense"

La fresque murale du mur de Berlin, peint à l'origine en 1988 par Günther Schaefer pour le 40e anniversaire de la Nuit de cristal en Allemagne nazie. La fresque est composée d'un drapeau israélien superposé sur un drapeau allemand (Crédit : CC-BY-SA Maartmeester, Flickr)
La fresque murale du mur de Berlin, peint à l'origine en 1988 par Günther Schaefer pour le 40e anniversaire de la Nuit de cristal en Allemagne nazie. La fresque est composée d'un drapeau israélien superposé sur un drapeau allemand (Crédit : CC-BY-SA Maartmeester, Flickr)

Le gouvernement allemand a rappelé qu’Israël « a le droit de se défendre face aux attaques » du Hamas, a indiqué mercredi son porte-parole alors que les affrontements entre l’Etat hébreu et le mouvement islamiste inquiètent la communauté internationale.

« Israël a le droit de se défendre contre ces attaques dans le cadre de la légitime défense », a affirmé Steffen Seibert, précisant que le gouvernement allemand condamnait « fermement ces attaques persistantes à la roquette depuis la bande Gaza sur les villes israéliennes ».

L’objectif de ces attaques est « de tuer des gens sans discernement et arbitrairement », a-t-il également insisté, soulignant que ces agressions « devaient cesser ».

« Il reste impératif que les deux parties mènent un dialogue pour parvenir à une solution pacifique à ce conflit », a encore dit M. Seibert.

« Rien ne justifie cette violence », selon lui.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Christofer Burger, a affirmé de son côté que les attaques du Hamas n’avaient « absolument rien à voir avec de la légitime défense ».

Protection « sans faille » des synagogues

L’Allemagne a promis jeudi d’assurer une protection « sans faille » des synagogues sur son sol après des manifestations en relation avec l’escalade du conflit au Proche-Orient au cours desquelles des drapeaux israéliens avaient été brûlés.

« L’Etat doit garantir une sécurité sans faille des synagogues », a déclaré le social-démocrate Heiko Maas au groupe de médias Funke. « Il ne doit y avoir aucune tolérance face à des attaques contre des synagogues dans notre pays », a-t-il insisté.

« Ceux qui incendient dans nos rues des drapeaux avec l’étoile de David et crient des slogans antisémites abusent non seulement de la liberté de manifester, mais commettent des délits », a rappelé de son côté le chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier dans un entretien avec le journal populaire Bild.

Mardi soir, des drapeaux de l’Etat hébreu avaient été brûlés devant les synagogues de Münster et de Bonn, dans la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Seize personnes ont été interpellées.

L’entrée de l’édifice à Bonn avait été endommagée par des jets de pierres et les enquêteurs ont dit avoir découvert sur place une feuille de papier « avec des lettres vraisemblablement en arabe ».

Mercredi soir, une nouvelle manifestation non autorisée dans cette région, à Gelsenkirchen, où environ 180 personnes scandant des « slogans anti-israéliens » selon la police se dirigeaient vers la synagogue locale, a été interrompue par les forces de l’ordre.

« Rien ne justifie les menaces contre les juifs en Allemagne ou les attaques contre des synagogues dans les villes allemandes », a poursuivi M. Steinmeier.

« Nous ne tolèrerons pas la haine contre les juifs dans notre pays, peu importe qui la profère », a-t-il insisté.

Armin Laschet, le chef du gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, avait annoncé dans la foulée une protection renforcée des édifices religieux juifs dans son land (Etat régional), parlant d’une « tolérance zéro contre l’antisémitisme ».

Le président de la communauté juive de cette ville de Rhénanie du Nord-Westphalie s’est dit « abasourdi par ce qui s’est passé » et le président de la Conférence épiscopale allemande, Georg Bätzing a vu dans ces attaques « de l’antisémitisme pur qui n’est en rien justifiable ».

A Hanovre, en Basse-Saxe cette fois, un rassemblement de quelque 550 personnes, dont un grand nombre ne portaient pas de masques de protection contrairement aux règles sanitaires de lutte contre la pandémie, a été dissous mercredi en soirée. Deux de ses participants ont tenté de brûler un drapeau israélien, mais en ont été empêchés par les policiers sur place.

Jeudi, environ 1 500 personnes se sont réunies à Brême, dans le nord, pour réclamer « la liberté pour la Palestine » au cours d’une manifestation qui s’est déroulée sans incidents, a déclaré la police locale.

Felix Klein, premier émissaire spécial du gouvernement allemand auprès de la communauté juive. (Crédit : ministère de l’Intérieur allemand)

Le Conseil central des juifs d’Allemagne a réclamé une meilleure protection des institutions juives dans le pays alors que le chargé des questions d’antisémitisme du gouvernement, Felix Klein, jugeait « alarmant » que ces drapeaux israéliens aient été brûlés.

L’Allemagne s’inquiète d’une résurgence de l’antisémitisme en particulier suscitée par l’extrême droite, notamment depuis un attentat manqué contre une synagogue à Halle en octobre 2019 perpétré par un extrémiste adepte de thèses révisionnistes.

La communauté juive, en pleine renaissance depuis la Réunification allemande et l’arrivée de centaines de milliers de juifs de l’ex-Union soviétique, a également montré du doigt l’antisémitisme prévalant dans certains cercles musulmans en particulier après l’arrivée de réfugiés en 2015 et 2016 en provenance de pays arabes hostiles à Israël.

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