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Brésil: les « saluts » des bolsonaristes étaient-ils « nazis » ou pas?

L'ambassade d'Israël demande une action, mais l'enquête initiale suggère qu'il n'y a "pas de preuves" qu'il s'agissait d'apologie du nazisme

Des partisans du président brésilien sortant Jair Bolsonaro faisant ce qui semble être un salut nazi lors d'un rassemblement le long d'une autoroute dans l'État méridional de Santa Catarina, au Brésil, le 2 novembre 2022. (Capture d'écran Twitter, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Des partisans du président brésilien sortant Jair Bolsonaro faisant ce qui semble être un salut nazi lors d'un rassemblement le long d'une autoroute dans l'État méridional de Santa Catarina, au Brésil, le 2 novembre 2022. (Capture d'écran Twitter, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Une vidéo vue plus deux millions de fois qui semble montrer des manifestants pro-Bolsonaro faisant un salut nazi a suscité une vive polémique au Brésil, déclenchant une enquête officielle et la condamnation des ambassades d’Allemagne et d’Israël.

Les faits se sont déroulés mercredi pendant des protestations contre la défaite du dirigeant d’extrême droite Jair Bolsonaro face à l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva lors du scrutin présidentiel dimanche dernier.

Les images montrent des centaines de partisans de Bolsonaro le bras tendu en train de chanter l’hymne national du Brésil près d’un barrage routier à San Miguel do Oeste dans l’Etat de Santa Catarina (sud), qui a voté très majoritairement pour Bolsonaro.

De nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont assimilé le geste au salut de l’Allemagne nazie et l’ont partagé pour dénoncer une apologie du nazisme, punissable par la loi au Brésil.

D’autres ont nié cette association et ont attribué le geste à un salut au drapeau au Brésil, sans rapport quelconque avec le nazisme.

À la suite de la controverse, le parquet de Santa Catarina a ouvert une enquête qui a établi, à titre préliminaire, qu’il n’y avait « pas de preuves » qu’il s’agissait d’un acte d’apologie du nazisme.

L’enquête n’a pas non plus relevé la présence de symboles nazis sur les lieux, comme l’ont affirmé des fausses informations.

Le geste des manifestants répondait à une demande du présentateur de l’événement de « tendre la main par-dessus l’épaule de la personne qui se trouve devant eux, ou (…) de tendre le bras, pour faire émaner des énergies positives », selon une note publiée par le parquet mercredi.

« L’utilisation de symboles nazis et fascistes par des « manifestants » clairement d’extrême droite est profondément choquante. L’apologie du nazisme est un crime! » a écrit jeudi sur Twitter l’ambassadeur d’Allemagne au Brésil, Heiko Thoms.

Le diplomate a condamné un « manque de respect pour les victimes du nazisme et de ses horreurs ».

L’ambassade d’Israël a, elle, demandé aux autorités de « prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ce genre de faits outrageants », dans un communiqué publié jeudi.

Pour sa part, la Confédération israélite du Brésil (Conib) a qualifié les images de « répugnantes » et a déclaré que « la société brésilienne ne peut tolérer de telles positions », dans une note publiée mercredi.

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