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Californie : des cours antisémites et anti-Israël autorisés dans une école – plainte

Des organisations juives tentent d'empêcher la tenue de ce cours, intitulé "la question juive", dans le comté d'Orange, dont la population n'aurait pas été informée

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Des militants anti-Israël et pro-palestiniens à New York, le 15 mai 2021. Illustration (Crédit: Luke Tress/Times of Israel)
Des militants anti-Israël et pro-palestiniens à New York, le 15 mai 2021. Illustration (Crédit: Luke Tress/Times of Israel)

Lundi, plusieurs organisations juives américaines de premier plan ont annoncé avoir porté plainte contre un important district scolaire californien, dont le Conseil d’administration aurait secrètement autorisé des cours anti-israéliens, privant délibérément la communauté juive et d’autres de leur droit légal à faire valoir leur opinion.

Le procès contre le district scolaire unifié de Santa Ana du comté d’Orange a pour objet d’empêcher la tenue de ces cours, ultime avatar en date de la lutte qui fait rage depuis plusieurs années sur la gestion du conflit israélo-palestinien et la représentation juive américaine dans les cours d’études ethniques au sein des écoles californiennes.

L’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee (AJC), l’organisation de défense Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law et le Potomac Law Group du Maryland ont déposé plainte vendredi, affirmant que ces cours comportaient des documents répandant des préjugés sur les Juifs et les Israéliens proches de l’antisémitisme.

Selon les termes de la plainte, le district scolaire aurait validé cette année quatre cours destinés au secondaire, sans en informer correctement le public, comme l’exige la loi. La loi Brown, loi californienne sur les réunions publiques, exige que les conseils scolaires informent le public de leurs programmes et projets éducatifs afin que la communauté puisse donner son avis et prendre part à la décision.

Conscients des probables réserves de la communauté juive, les responsables ont fait en sorte de ne pas en parler aux membres de la communauté, détaille la plainte, avec à l’appui des documents obtenus par des demandes de communication de documents publics.

Les notes du sous-comité chargé des cours et programmes du Conseil d’octobre 2022 comprennent le commentaire « Aborder la question juive – faut-il une réponse ? » et recommandaient de consulter deux organisations extérieures qui avaient déjà soutenu les programmes, mais non juives.

La « question juive » est une terminologie dont les racines plongent dans l’antisémitisme.

D’autres minorités n’ont pas fait l’objet du même traitement. Pour un cours sur l’histoire amérindienne par exemple, les notes étaient accompagnées du commentaire : « Oui, on peut demander l’aide de la communauté locale amérindienne, mais il faut bien vérifier. »

La plainte estime également que le conseil a délibérément retiré le cours sur les Américains arabes et musulmans des cours présentés au public, par crainte de la controverse.

Les cours comprennent « des laïus et de la propagande anti-israéliens » affirmant qu’Israël est un État raciste et colonial qui « a volé » des terres aux Palestiniens et mène une guerre délibérée contre les Palestiniens. Selon la plainte, tous les cours autorisés, sauf un, sont actuellement donnés au sein du district scolaire.

Lorsque les membres de la communauté ont pris connaissance des décisions du conseil scolaire et ont assisté à une réunion du conseil, ils ont été victimes de harcèlement et d’intimidation, affirme la plainte, ajoutant que le conseil a manqué à son obligation de protéger les membres du public lors de l’audience, autre infraction à la loi Brown.

Lors d’une réunion plénière du Conseil d’administration, le 23 mai dernier, des membres du public ont utilisé un discours anti-israélien particulièrement dur, émaillé de tropes antisémites et de menaces. Un membre de l’auditoire a même dit à un homme de confession juive qui avait pris la parole : « Rentre chez toi, colonisateur », ce à quoi le conseil a réagi mollement en lui demandant de se taire, sans plus. Une étudiante juive a déclaré avoir été suivie jusqu’à sa voiture et harcelée suite à la réunion : d’autres disent avoir été traitées de « racistes » et d’« assassins ».

Le conseil a nié toute infraction à la loi, assurant n’avoir aucune « mesure à prendre », ce qui a décidé les plaignants à intenter une action en justice. La plainte précise que les organisations ne contestent pas le principe des études ethniques, mais souhaitent davantage d’équilibre et de participation du public.

La plainte du Brandeis Center a été déposée devant la Cour supérieure de Californie pour le comté d’Orange. Il est demandé au tribunal d’annuler les décisions et autorisations du conseil scolaire et de le contraindre à se conformer à la loi à l’avenir.

Selon le site Internet du district scolaire unifié de Santa Ana est le deuxième plus grand du comté d’Orange, avec quelque 45 000 élèves, 5 000 employés et un budget de 890 millions de dollars. Les membres du Conseil d’administration du district n’ont pas pas souhaité faire de commentaire.

Le Brandeis Center a déposé plainte auprès de sa branche locale, Southern Californians for Unbiased Education. D’autres organisations locales, comme la Fédération juive du comté d’Orange, des congrégations, des rabbins et des écoles hébraïques, le soutiennent. Cette année déjà, la Fédération juive du comté d’Orange avait déclaré que les cours étaient « une attaque directe contre la communauté juive », faite d’accusations diffamatoires de nettoyage ethnique et de colonialisme.

Cela fait des années maintenant que les écoles californiennes sont le siège de querelles sur les cours d’études ethniques : un certain nombre de procès se sont déjà tenus pour protéger les étudiants juifs, sionistes et israéliens sur les campus universitaires américains.

Le titre VI de la loi fédérale sur les droits civils de 1964 protège en effet les étudiants juifs des écoles et collèges financés par le gouvernement fédéral contre les discriminations et le harcèlement, jusque dans leur relation avec Israël.

Une loi californienne qui devrait entrer en vigueur au cours de l’année scolaire 2025-2026 obligera les élèves du secondaire à suivre un cours d’études ethniques d’un semestre. La loi interdit aux écoles d’utiliser des programmes qui incluent des préjugés contre une personne ou un groupe.

Avant l’adoption de la loi, en 2021, le contenu du cours a fait l’objet de longues années de débats et critiques de la part d’organisations juives, estimant que les premières versions comportaient des critiques unilatérales d’Israël, mais aucune partie sur les Juifs américains. Les versions ultérieures ont pris en compte certaines de ces remarques, à ceci près que les districts ne sont pas tenus de suivre les programmes recommandés par l’État.

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