Dans le rap allemand, antisémitisme et anti-sionisme font recette
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Dans le rap allemand, antisémitisme et anti-sionisme font recette

Un court documentaire de la chaîne Arte montre comment la parole antisémite s'est libérée sur la scène hip-hop allemande, et interroge Ben Salomo, un rappeur juif local

Dans un documentaire d'Arte, le rappeur juif allemand Ben Salomo regrette la démagogie de certains rappeurs aux poncifs antisémites sur la scène allemande (Crédit: capture d'écran Arte)
Dans un documentaire d'Arte, le rappeur juif allemand Ben Salomo regrette la démagogie de certains rappeurs aux poncifs antisémites sur la scène allemande (Crédit: capture d'écran Arte)

Un court sujet de la chaîne franco-allemande Arte révèle l’antisémitisme prégnant sur la scène hip-hop allemande, un antisémitisme qui se mêle au racisme, au sexisme et à l’anti-sionisme. Ce qui n’empêche pas son succès, » explique le reportage, qui précise que « beaucoup de ces jeunes sont d’origine turque ou arabe ».

Le rappeur juif Ben Salomo, adepte de battles (concours de rap improvisé) explique que de plus en plus de personnes adhèrent « à la propagande pro-palestinienne ou à la théorie du complot. En parlant du conflit au Moyen-Orient, ils pensent que les discours de haine envers les juifs sont légitimés ».

Et pour Ben Salomo, le rap ne fait que refléter ce que pense la société. Ces prises de positions publiques émanant d’artistes « démagogues » ne seraient donc que la partie visible d’un problème plus profond.

Arte constate qu’avec « leur posture anti-Israël les rappeurs allemands voient leurs ventes augmenter ».

Mais selon la chercheuse en Hip-Hop, Heidi Sür, cette tendance doit avant tout être reliée à l’histoire allemande.

« Ce phénomène cherche à rompre un tabou lié à l’Holocauste, explique-t-elle. Il a plus d’impact en Allemagne qu’en France car il est évidemment beaucoup plus provoquant que dans le contexte français, donc pour moi ce n’est pas une caractéristique qui permet de définir le rap allemand mais c’est peut-être une de ses spécificités ».

Ce programme – tourné avant – vient faire écho à la polémique récente autour d’un documentaire évoquant l’antisémitisme en Europe déprogrammé en France, puis finalement diffusé face à la rumeur de censure touchant Arte.

Si certains commentateurs ont interprété cette déprogrammation comme un manque de courage de la chaîne pour dénoncer l’antisionisme, d’autres ont mis en avant le côté brouillon et non-abouti du film.

C’est le cas de l’historien Samuel Gilhes-Meilhac dans Télérama: « les auteurs du film passent de Sarcelles à Gaza, de Berlin à la Cisjordanie, dans un road trip peu convaincant. Le spectateur a l’impression d’un grand bazar d’images, sons et témoignages décousus qui n’apporte pas les clés rigoureuses nécessaires pour explorer ces questions, malgré la présence, très succincte, de quelques universitaires à l’écran ».

Face aux accusations, la chaîne avait expliqué qu’elle traitait régulièrement le problème de l’antisémitisme en Europe, comme c’est le cas avec ce récent documentaire.

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