Des centaines de personnes défilent à Tel Aviv contre Netanyahu
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Des centaines de personnes défilent à Tel Aviv contre Netanyahu

De plus petites manifestations appelant à la démission du Premier ministre ont eu lieu ailleurs dans le pays

Des manifestants défilent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv le 29 octobre 2020. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
Des manifestants défilent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv le 29 octobre 2020. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Plusieurs centaines de personnes ont défilé jeudi dans les rues de Tel Aviv dans le contexte des manifestations hebdomadaires contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’appelant à démissionner en raison de son procès pour corruption et à cause de sa gestion de l’épidémie de coronavirus en cours.

Certains manifestants ont assisté au préalable à une cérémonie de commémoration du 25e anniversaire du meurtre du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné par le tueur extrémiste Yigal Amir lors d’un rassemblement à Tel Aviv en 1995. Cette année, à cause des restrictions contre la propagation du coronavirus, le rassemblement pour la cérémonie commémorative ne s’est pas tenu comme les années passées sur la place Rabin où l’assassinat a eu lieu. À la place, 25 000 bougies commémoratives ont été allumées sur le site.

Des rassemblements anti-Netanyahu similaires et plus petits ont été organisés à travers le pays.

Les organisateurs du mouvement ont affirmé qu’il s’agissait de la 19e semaine consécutive lors de laquelle des rassemblements avaient lieu.

À Holon, des dizaines de manifestants anti-gouvernementaux se sont rassemblés au centre culturel de la Médiathèque, et bien qu’une contre-manifestation a réuni une poignée de partisans de Netanyahu, il n’y a pas eu d’affrontements entre les deux parties comme cela s’était produit à plusieurs reprises, selon le quotidien Haaretz.

Certains manifestants pro-Netanyahu portaient des chemises avec le slogan « Les gauchistes sont des traîtres ».

L’étiquetage des opposants politiques comme « traîtres » revêt une importance particulière dans la culture politique israélienne, en raison de son association avec l’assassinat de Rabin.

Une installation de 25 000 bougies commémoratives – certaines disposées pour former les mots « Rabin » et « Chantez une chanson pour la paix » – en l’honneur du 25e anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin sur la place Rabin à Tel Aviv, le 29 octobre 2020. (Tomer Neuberg / Flash90)

Depuis longtemps, Netanyahu est accusé d’avoir joué un rôle dans l’incitation à la haine contre Rabin avant sa mort. Le premier ministre a régulièrement réfuté ces allégations et les a qualifiées d’« assassinat politique ».

Dans les semaines qui ont précédé l’assassinat de Rabin, Netanyahu, alors chef de l’opposition, et d’autres hauts responsables du Likud, ont participé à un rassemblement politique de droite à Jérusalem où les manifestants ont accusé Rabin d’être un « traître », un « meurtrier » et un « nazi » pour avoir signé un accord de paix avec les Palestiniens au début de l’année.

Plus tôt ce jeudi, lors d’une cérémonie commémorative officielle pour Rabin à la Knesset, Netanyahu a déclaré que les menaces récentes contre sa propre vie et contre sa famille n’étaient pas prises au sérieux.

« 25 ans après le meurtre de Rabin, il y a des incitations à assassiner le Premier ministre et sa famille, et presque personne ne dit rien », a déclaré Netanyahu, provoquant les huées de certains députés.

Le Premier ministre, sous pression constante de la part de manifestants au sujet des affaires pénales engagées contre lui, n’a pas précisé quelles menaces il avait reçues. La police a enquêté sur un certain nombre de menaces proférées contre Netanyahu et sa famille sur les réseaux sociaux, mais il est difficile de savoir si les forces de l’ordre les considèrent comme crédibles.

Netanyahu et ses partisans ont également été récemment accusés d’inciter à la haine contre les manifestants anti-gouvernementaux. Il y a eu plusieurs incidences d’agressions violentes, et dans certains cas de blessures, par des partisans de Netanyahu contre les manifestants.

Amir a assassiné Rabin le 4 novembre 1995, lors d’un rassemblement à Tel Aviv qui avait pour but de dénoncer la violence et de montrer à Rabin que le peuple soutenait ses efforts pour faire la paix avec les Palestiniens.

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