Des chefs d’implantations appellent à l’annexion après la déclaration de Pompeo
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Des chefs d’implantations appellent à l’annexion après la déclaration de Pompeo

Des politiciens et groupes pro-implantations estiment que la rupture de l'administration Trump avec la décision de 1978 aidera Israël à revendiquer les territoires de Cisjordanie

Le nouveau complexe de logement où le gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee a posé des briques dans l'implantation d'Efrat, en Cisjordanie, le 1er août 2018 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
Le nouveau complexe de logement où le gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee a posé des briques dans l'implantation d'Efrat, en Cisjordanie, le 1er août 2018 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Les chefs des mouvements d’implantations et des responsables politiques de droite ont salué lundi la déclaration du secrétaire d’Etat américain de révoquer une opinion juridique de 1978 concernant la légalité des implantations en Cisjordanie et ont appelé Jérusalem à annexer ce territoire.

Mike Pompeo a en effet déclaré lundi, lors d’une conférence de presse, que les Etats-Unis assouplissaient leur position au sujet des implantations israéliennes en Cisjordanie et ne les considéraient plus comme « contraires au droit international ».

Oded Revivi, maire de l’implantation d’Efrat, qui fait figure de ministre des Affaires étrangères du conseil de Yesha, a salué cette décision et appelé le gouvernement israélien à se saisir de cette opportunité pour annexer ce territoire.

« Les implantations ne sont pas un crime ni un obstacle à la paix », a-t-il ainsi estimé.

Il a souligné que ce changement de position avait été encouragé par l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, connu pour ses liens étroits avec le mouvement des implantations.

Yisrael Gantz, président du conseil régional de Binyamin a qualifié cette annonce « [d’]étape capitale vers la souveraineté » israélienne sur la Cisjordanie.

« Il est temps pour le gouvernement israélien de proclamer l’application des lois israéliennes en Judée et Samarie », a-t-il ajouté, utilisant la dénomination biblique de la Cisjordanie.

Le président de l’Union nationale Bezalel Smotrich a indiqué que cette décision avait été suscitée par la décision prise la semaine dernière par la Cour européenne de justice concernant l’étiquetage des produits fabriqués en Cisjordanie. Il a souligné qu’il avait rencontré des assistants de l’ambassadeur américain et qu’il leur avait demandé de faire annuler cette opinion juridique, appelée Mémorandum Hansell.

« Je félicite le président américain pour sa décision juste… comme je l’ai suggéré il y a quelques jours lors de mon entretien avec le personnel de l’ambassadeur Friedman », a ainsi écrit Smotrich. « C’est une réponse digne de la décision prise la semaine dernière par la Cour européenne de justice. Nous faisons avancer la reconnaissance du projet des implantations. »

Les autorités américaines et israéliennes ont toutefois indiqué que la décision était étudiée depuis plusieurs mois.

Néanmoins, le vignoble Psagot, situé en Cisjordanie et à l’origine de la décision de la justice européenne, a également attribué ce changement de position de Washington à la mesure européenne.

« Le soutien que nous avons reçu de la part de nombreux secteurs aux Etats-Unis, notamment des démocrates et des républicains, et au sein du département d’Etat, a créé un effet de masse », a expliqué Yaakov Berg, PDG de Psagot. « Nous continuerons à nous battre partout dans le monde contre les tentatives de boycott et pour le bien de l’Etat d’Israël et de l’industrie israélienne. »

Le ministre de la Sécurité intérieur Gilad Erdan (Likud) a déclaré que cette décision « nous aidera à empêcher et contrecarrer les attaques par boycott contre Israël dirigées contre la Cisjordanie ».

Il a appelé Jérusalem à appliquer le rapport Edmond Levy, rédigé par un juge de la Cour suprême israélienne, qui conclut que les implantations en Cisjordanie sont légales.

Un mouvement radical favorable à l’annexion, appelé Mouvement de la Souveraineté, a déclaré dans un communiqué que la décision de l’administration aiderait Israël à revendiquer les territoires de Cisjordanie.

« Le processus de souveraineté continue à progresser pas à pas comme un acte moral qui créera une stabilité et une sécurité régionale », ont déclaré les dirigeants du groupe dans un communiqué.

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