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Des habitants du sud bloquent le passage d’une cargaison vers Gaza

Des Israéliens ont manifesté vendredi à cause de l’infiltration d'un Palestinien qui a mis le feu à une serre dans une communauté frontalière

Une file de camion qui attend de pouvoir entrer à Gaza, le 29 octobre 2018. (Crédit : Im Tirtzu)
Une file de camion qui attend de pouvoir entrer à Gaza, le 29 octobre 2018. (Crédit : Im Tirtzu)

Des habitants du sud ont empêché des camions transportant des marchandises et du carburant d’entrer à Gaza dimanche matin, à la suite des manifestations à la frontière vendredi et après qu’un Palestinien a violé la clôture frontalière vendredi pour s’infiltrer à plusieurs centaines de mètres en Israël, mettant le feu à une serre avant d’être arrêté.

La circulation était dense dans la région quand les activistes se sont mis à bloquer la route 232, a déclaré un porte-parole du conseil régional d’Eshkol.

Dimanche matin également, le chef de la division de Tsahal à Gaza, le général Eliezer Toledano a rencontré le chef de la communauté de Netiv Ha’asara, où la serre a été brûlée, a annoncé l’armée.

Le point de passage de de Kerem Shalom est utilisée pour amener du carburant et des marchandises dans la bande de Gaza.

Israël a imposé un blocus à Gaza depuis que le Hamas, qui a juré de détruire l’Etat juif, a saisi le territoire à l’Autorité palestinienne, soutenue par la communauté internationale, en 2007. Israël affirme que le blocus est en place afin d’empêcher que des armes et d’autres équipements militaires n’entrent dans l’enclave au profit du groupe terroriste.

Les critiques soulignent l’aggravation des conditions humanitaires à Gaza et disent que ces restrictions reviennent à infliger une punition collective aux deux millions de Palestiniens qui y vivent.

Une serre incendiée par un homme infiltré depuis Gaza le 9 novembre 2018 (Crédit : capture d’écran)

Selon de nombreux rapports, l’enclave côtière est “sur le point de s’effondrer” et pourrait plonger dans une nouvelle série de combats contre Israël si les conditions ne s’améliorent pas. L’armée a cherché à maintenir le transport de marchandises à destination de Gaza afin d’atténuer les tensions.

Depuis la mi-mai, après cinq années de fermeture quasi totale du passage, les autorités égyptiennes l’ont ouvert plusieurs jours par semaine.

L’armée, dans son enquête sur l’infiltration, a déclaré que les unités de surveillance ont “identifié le suspect près de la barrière frontalière au nord de la bande de Gaza avant qu’il ne passe la frontière, et ont continué à le suivre tout au long de l’incident. Après l’identification, d’importantes forces militaires ont été dépêchées sur place et ont coopéré avec les forces de sécurité civiles. Les forces ont encerclé la zone où le suspect a été identifié.”

Le suspect aurait pénétré à 500 mètres dans le territoire israélien, et des soldats l’auraient arrêté près d’une serre située à la limite des terres agricoles, à environ un kilomètre de la communauté.

Les manifestants palestiniens pendant la « grande marche du retour » sur la frontière entre Gaza et Israël à Rafah, le 12 octobre 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des habitants ont contesté le récit de l’armée en informant la chaîne de télévision israélienne Hadashot que le suspect était à quelques dizaines de mètres de chez eux.
Dans le même temps, le radiodiffuseur public Kan a rapporté que le suspect avait traversé la frontière israélienne à de nombreuses reprises et qu’il cherchait peut-être à se faire arrêter.

L’infiltration a eu lieu lors de manifestations à la frontière auxquelles ont participé environ 12 000 habitants de Gaza.

Selon les médias, des Palestiniens ont lancé plusieurs engins explosifs sur des soldats de Tsahal et deux hommes ont tenté de franchir la frontière avant de se rétracter. L’armée a riposté avec des gaz lacrymogènes et des moyens dispersifs anti-émeutes. Au moins un Palestinien a été tué et 37 blessés, a annoncé le ministère de la Santé à Gaza, dirigé par le Hamas.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de la bande de Gaza ont participé aux manifestations et aux émeutes menées presque quotidiennement par le Hamas, qui ont principalement consisté à incendier des pneus et à jeter des pierres le long de la barrière de sécurité.

Les dégâts causés à l’arrière d’une maison frappée par une roquette de Gaza dans la ville de Sdérot, dans le sud d’Israël, le 14 juillet 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Il y a aussi eu des tirs à balles réelles, des attaques à la bombe, et des lancers de ballons et de cerfs-volants incendiaires en Israël.

Des centaines de roquettes et d’obus de mortiers ont aussi été lancés dans les communautés israéliennes situées en bordure de la bande de Gaza.

Plus de 150 Palestiniens ont été tués et des milliers d’autres blessés lors d’affrontements avec les troupes de l’armée israélienne, selon les chiffres de l’Autorité palestinienne. Le Hamas a reconnu que des dizaines de morts étaient ses membres. Un soldat israélien a été abattu par un sniper palestinien à la frontière plus tôt cette année.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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