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Des Israéliens s’insurgent contre la fermeture des bureaux d’ONG liées au FPLP

Plus de 40 organisations israéliennes ont publié une déclaration commune appelant la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il revienne sur sa décision

Un homme photographiant un ordre militaire israélien sur la porte fermée de Defense for Children-International in Palestine, après avoir été perquisitionnée par Tsahal dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 18 août 2022. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Un homme photographiant un ordre militaire israélien sur la porte fermée de Defense for Children-International in Palestine, après avoir été perquisitionnée par Tsahal dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 18 août 2022. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Plusieurs dizaines d’associations israéliennes de défense des droits de l’homme ont dénoncé Israël lundi pour avoir fermé sept organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme en Cisjordanie considérées comme  groupes terroristes, affirmant que ces allégations étaient sans fondement.

Cette condamnation conjointe fait suite à la perquisition par Tsahal, la semaine dernière, des bureaux de Ramallah de plusieurs groupes qualifiés d’être des branches de l’organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Les organisations ont nié tout lien avec le FPLP, tandis que les États-Unis et l’Union européenne ont mis en doute les allégations de terrorisme.

« Ces déclarations sont sans fondement », ont déclaré les 45 organisations israéliennes dans une déclaration, en référence aux listes de terroristes. « L’administration américaine, l’Union européenne et d’autres alliés d’Israël ont jugé les allégations d’Israël peu convaincantes ».

Les organisations inscrites sur liste noire en octobre dernier sont l’Union des comités de femmes palestiniennes, le Bisan Research and Advocacy Center, Al-Haq, Defense for Children-International in Palestine, l’Union des comités de travail agricole et Addameer, qui représente les prisonniers de sécurité palestiniens devant les tribunaux militaires israéliens.

Le bureau d’un septième groupe, les Health Work Committees, a également été fermé la semaine dernière.

« La documentation, le plaidoyer et l’aide juridique sont au cœur du travail de défense des droits de l’homme dans le monde entier. La criminalisation de ces activités est un acte déplorable caractéristique des régimes répressifs », ont déclaré les groupes israéliens dans leur déclaration commune de lundi.

Ils ont également exprimé leur solidarité « avec [leurs] collègues défenseurs des droits de l’homme dans la société palestinienne » et ont appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il revienne sur sa décision.

Parmi les groupes les plus importants qui ont signé la lettre figurent Peace Now, B’Tselem, Breaking the Silence, l’Association pour les droits civils en Israël et J Street.

Par ailleurs, The Guardian a rapporté lundi que l’Agence centrale de renseignement des États-Unis n’avait trouvé aucune preuve appuyant les désignations terroristes après qu’Israël a fourni des renseignements à ce sujet. Le rapport de la CIA « ne dit pas que les groupes sont coupables de quoi que ce soit », a déclaré une source familière avec l’article du quotidien britannique.

À la suite de la fermeture des bureaux la semaine dernière, le département d’État américain a exprimé son inquiétude concernant les raids et a déclaré qu’il ne suivrait pas l’exemple d’Israël en mettant les groupes palestiniens sur liste noire, mais s’est abstenu de condamner les actions israéliennes. Les Nations unies ont déclaré que les raids « ne pouvaient être pris à la légère » et ont appelé à la protection des groupes de la société civile.

La plupart des organisations ont documenté des violations présumées des droits de l’homme par Israël et l’Autorité palestinienne. Nombre d’entre elles ont reçu des subventions considérables de la part d’États membres de l’UE et des Nations unies, entre autres donateurs, mais pas des États-Unis.

Le ministère israélien de la Défense a inscrit les six groupes de la société civile sur liste noire en octobre 2021, faisant courir à leurs employés le risque d’être arrêtés et à leurs financements d’être saisis. Israël a affirmé disposer de renseignements « irréfutables » liant ces groupes au FPLP, que Jérusalem, l’Union européenne et les États-Unis considèrent comme un groupe terroriste.

Israël n’a accepté de partager ces renseignements qu’à titre privé, et plusieurs législateurs démocrates, ainsi que des responsables de l’Union européenne ayant eu connaissance de ces informations, ont conclu qu’elles n’étaient pas suffisantes pour justifier la qualification de « terroriste ».

La classification comme terroriste faite l’année dernière a suscité une vive réaction dans le monde entier. L’Union européenne, l’Autorité palestinienne, les Démocrates américains progressistes, les groupes juifs américains et les organisations internationales de défense des droits de l’homme ont exprimé leurs désaccords.

Le droit militaire et civil israélien interdit de soutenir ou de rejoindre un groupe terroriste, et les contrevenants sont passibles de plusieurs années de prison. Les autorités israéliennes peuvent également saisir les biens appartenant à des organisations terroristes et interdire le financement de leurs activités ; les donateurs peuvent également être soumis à des peines de prison importantes.

Les autorités israéliennes ont déjà accusé le FPLP d’avoir dérobé des millions d’euros à des organisations de la société civile affiliées à ses membres pour financer des activités terroristes.

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