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Des manifestations pro-palestiniennes en Occident accusent Israël de « génocide »

Washington a accueilli son rassemblement pro-palestinien le plus important depuis des années ; 29 personnes ont été arrêtées à Londres où certains ont salué le massacre du 7 octobre

Des manifestants brandissent des panneaux et des drapeaux palestiniens pendant le "London Rally For Palestine" à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 4 novembre 2023. (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)
Des manifestants brandissent des panneaux et des drapeaux palestiniens pendant le "London Rally For Palestine" à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 4 novembre 2023. (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

Des dizaines de milliers de manifestants pro-palestiniens et anti-israéliens se sont rassemblés à Londres, à Paris, à Washington, à Berlin et ailleurs, appelant à un cessez-le-feu à Gaza alors que les combats intenses qui sont actuellement en cours ne montrent aucun signe d’accalmie.

Alors même que le secrétaire d’État américain Antony Blinken se trouvait en Israël pour évoquer la possibilité de mettre en œuvre des « pauses » dans les affrontements pour permettre aux aides humanitaires d’entrer dans l’enclave assiégée, la capitale américaine connaissait son plus important rassemblement pro-palestinien depuis des années. Des milliers de personnes ont ainsi appelé les États-Unis à ne plus apporter leur soutien à Israël et certains, aux abords de la Maison Blanche, ont réclamé l’élimination de l’État juif.

De leur côté, des mouvements de protestation ont aussi eu lieu dans les capitales européennes, demandant une cessation des combats – avec parfois des éloges présumés du massacre commis par le groupe terroriste du Hamas dans le sud d’Israël.

Lors de nombreux regroupements, les manifestants ont brandi des poupées ensanglantées ou des sacs mortuaires supposés symboliser les enfants gazaouis morts dans les combats.

Israël a déclaré la guerre au Hamas après l’assaut barbare commis sur le sol israélien par le groupe terroriste, le 7 octobre. A cette date, environ 3 000 terroristes s’étaient infiltrés en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime, tuant plus de 1 400 personnes et prenant en otage 230 personnes de tous les âges, sous un déluge de milliers de roquettes tirées sur les villes et villages israéliens.

La vaste majorité des victimes de ces hommes armés qui avaient réussi à prendre le contrôle des communautés frontalières étaient des civils – notamment des nouveau-nés, des enfants et des personnes âgées. Des familles entières avaient été exécutées dans leurs habitations et plus de 260 jeunes avaient été tués alors qu’ils prenaient part à un festival de musique électronique. En réponse, Israël a juré d’éliminer le Hamas et a bombardé des milliers de cibles liées au groupe terroriste, lançant également une incursion terrestre.

L’État juif affirme prendre pour cible tous les sites d’opérations du Hamas tout en cherchant à réduire autant que possible le nombre de victimes civiles. Pour sa part, le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, a déclaré que, depuis le début des combats, plus de 9 400 personnes avaient perdu la vie dans la bande. Ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante. Un nombre significatif de morts seraient des terroristes du Hamas, déclarent les autorités israéliennes, et un grand nombre des personnes tuées auraient été victimes des centaines de roquettes tirées en direction d’Israël et qui, manquant leur trajectoire, seraient retombées dans la bande.

Des dizaines de milliers de manifestants pro-palestiniens se sont réunis à Londres pour la quatrième semaine consécutive depuis le massacre commis par le Hamas.

Selon la police, 30 000 personnes environ se sont ainsi retrouvées sur Trafalgar Square, dans le centre de Londres.

Lors du mouvement de protestation, les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens et ils ont appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Certains panneaux ont paru célébrer l’attaque du 7 octobre – l’un d’entre eux montrait ainsi un bulldozer détruisant la clôture frontalière et des protestataires qui se trouvaient à bord d’une rame de métro ont par ailleurs scandé : « Écrasez l’État colonialiste sioniste ».

La police métropolitaine de Londres a déclaré avoir arrêté 29 personnes. La police a utilisé la technologie de reconnaissance faciale pour retrouver et arrêter une personne dont le discours antisémite avait été relayé en vidéo sur les réseaux sociaux. Deux autres personnes ont été appréhendées pour avoir « déployé une bannière semblant soutenir une organisation interdite », selon un communiqué, faisant probablement référence au Hamas, que le Royaume-Uni considère comme un groupe terroriste. D’autres arrestations ont eu lieu pour « incitation à la haine raciale, autres crimes à motivation raciale et violence et agression d’un officier de police ».

Karen Findlay, commandante de la police métropolitaine, a attribué la responsabilité des violences et des manifestations de racisme à des participants en marge de la manifestation, affirmant que la plupart des quelque 30 000 personnes présentes au rassemblement avaient manifesté pacifiquement.

« Il est décevant de constater que divers groupes dissidents se sont à nouveau rendus coupables d’un comportement qui n’a pas sa place à Londres et nous sommes déterminés à y faire face avec fermeté », a-t-elle déclaré.

Sama Dababneh, 26 ans, consultante en entreprise d’origine jordanienne venue avec des amis palestiniens, a déclaré qu’elle ne parvenait plus à faire face aux images troublantes émanant de Gaza.

« Nous sommes venus ici pour soutenir le cessez-le-feu », a-t-elle indiqué. « Nous passons toute la semaine devant les informations et c’est vraiment épuisant – c’est donc notre seule forme d’exutoire ».

Un grand nombre de ces mouvements de protestation ont entraîné une inquiétude vive au sein des communautés juives d’Europe et d’ailleurs à un moment marqué par une recrudescence de l’antisémitisme et des attaques anti-juives dans le monde entier.

Des manifestants brandissent des panneaux et des drapeaux palestiniens pendant le « London Rally For Palestine » à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 4 novembre 2023. (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

Dans un éditorial publié dans le journal The Times, le grand rabbin britannique Ephraim Mirvis a émis un appel, demandant de « redéfinir les lignes de la clarté morale sans délai » et fustigeant « l’extrémisme plein de haine » des manifestants pro-palestiniens qui affirment que les atrocités commises par le Hamas ont été des actes de « résistance ».

« Ces déclarations sont l’illustration d’une vision du monde où l’assassinat délibéré de bébés pendant leur sommeil, le viol des femmes et la décapitation de civils dans leurs habitations peuvent être considérés comme des actes de ‘résistance’. Les organisateurs de ces manifestations ont évoqué les auteurs de ces tueries sur internet en dépeignant des combattants ‘héroïques’, ‘courageux’, à qui ils ont fait part de leur ‘soutien inconditionnel’, » a écrit Mirvis.

« C’est une souillure sur notre humanité commune de constater qu’un si grand nombre de personnes semblent avoir perdu de vue la distance morale qui sépare Israël du Hamas », continue le rabbin dans son éditorial. « C’est un extrémisme plein de haine. Nous devons avoir le courage moral de qualifier ce phénomène ainsi et de le mettre au défi. »

« Ne vous y trompez pas : c’est une guerre qui est, par essence, une guerre de valeurs. Ses conséquences dessineront le monde dont nos enfants hériteront », a-t-il ajouté.

Les manifestants pro-palestiniens ont fait savoir qu’ils prévoyaient de se retrouver une fois encore dans la capitale britannique le 11 novembre, Jour de l’armistice, pour exiger un cessez-le-feu immédiat dans le conflit entre Israël et le Hamas.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a pour sa part estimé que ce mouvement de protestation organisé un 11 novembre – une date de commémoration des soldats tués au combat au cours des deux guerres mondiales et des conflits qui ont suivi – serait à la fois « une provocation » et « un manque de respect ».

Il y a un risque clairement établi et présent de profanation, lors d’un rassemblement de ce type, du Cénotaphe et d’autres monuments de commémoration, quelque chose qui « serait un affront pour le public britannique et pour les valeurs que nous défendons », a-t-il continué.

Dababneh a déclaré qu’elle viendrait protester le jour de l’armistice.

« Je vais venir, c’est sûr », a-t-elle dit.

« Ce qui est en train de se passer en Palestine est la démonstration que nous n’avons tiré aucune leçon du passé », a-t-elle ajouté.

Des manifestants brandissent des panneaux et des drapeaux palestiniens pendant le « London Rally For Palestine » à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 4 novembre 2023. (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

Joanna Mazouzi, 50 ans, a noté être venue au rassemblement parce qu’elle s’inquiète de la souffrance des Palestiniens.

« Ils ont droit à avoir leur propre terre, dans leur propre pays », a-t-elle expliqué.

« Le rassemblement est énorme et chaque semaine, il y a de plus en plus de gens parce que plus Israël bombarde et tue des innocents, des gens sans défense, plus les gens viendront ».

Abdullah Hussain, 37 ans, au chômage, est venu avec ses deux fils qui sont tous les deux âgés de cinq ans.

« Nous voyons des milliers d’enfants mourir ; les écoles sont bombardées ; les hôpitaux sont bombardés et tout est indiscriminé », a-t-il déploré.

Des mouvements de protestation de taille plus modeste ont eu lieu dans des localités de tout le Royaume-Uni, notamment à Sheffield, Manchester et Glasgow, où les personnes présentes ont brandi des drapeaux israéliens en réclamant un cessez-le-feu immédiat.

A Belfast, 4 000 personnes ont défilé jusqu’au consulat américain. Elles ont placé des ours en peluche devant l’entrée du consulat, des symboles des enfants tués à Gaza.

Mairead Maguire, activiste de la paix d’Irlande du nord et lauréate du prix Nobel de la paix, a appelé le gouvernement à activer la Convention sur les génocides de 1951 face à l’offensive israélienne à Gaza.

« Le génocide du peuple palestinien n’a pas cessé depuis 1945 », a-t-elle affirmé dans un discours, avant de dire qu’Israël « dégagera » la Palestine après Gaza.

« Et si nous devions, nous, les peuples du monde, permettre que le peuple palestinien soit encore davantage détruit, alors ce serait une souillure profonde. A qui serait-ce ensuite le tour ? »

Paris : les manifestants qualifient Macron de « complice »

De l’autre côté de la Manche, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Paris pour réclamer un cessez-le-feu immédiat à Gaza, aux cris, pour certaines, de « Israël, assassin ».

Les manifestants s’en sont pris au président français Emmanuel Macron, scandant « Macron, complice. » Des panneaux réclamaient « le cessez-le-feu maintenant », un slogan repris de manière répétée par la foule. Les bannières installées sur le camion-régie, au centre de la marche, exigeaient de « stopper le massacre à Gaza ».

Les protestataires ont aussi scandé « La Palestine vivra, la Palestine vaincra », parmi un océan de drapeaux palestiniens.

L’itinéraire du défilé reliait deux grandes places de l’Est de Paris, la place de la république et la place de la nation. Le chef de la police de la capitale française avait autorisé la marche, jurant toutefois que les comportements antisémites ou affichant une quelconque sympathie à l’égard du terrorisme ne seraient pas tolérés par les forces de l’ordre mobilisées lors de la marche.

Manifestation anti-Israël à Paris, le 4 novembre 2023. (Crédit : Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)

Le plus important rassemblement pro-palestinien à DC depuis des années

Environ 10 000 personnes sont descendues sur la Place de la liberté, aux abords de la Maison-Blanche, à l’occasion du plus important mouvement de protestation pro-palestinien à avoir été organisé depuis des années à Washington.

Elles ont entonné différents slogans, notamment « Libérez la Palestine » et « Du fleuve jusqu’à la mer, la Palestine sera libre ».

Une femme a été entendue en train de hurler dans un micro « Vive l’Intifada » – la foule répondant « Intifada, intifada, intifada. »

Certains se sont également regroupés aux abords des portes de la Maison Blanche, où ils ont été filmés en train de scander « Nous ne voulons pas d’un État juif. Nous voulons 48 ! ». Ils ont également jeté de la peinture rouge sur les postes en béton situés le long du portail extérieur du complexe.

S’il y avait une colère réelle parmi les manifestants, il n’y a pas eu de violence ou d’affrontements avec les policiers qui sécurisaient la manifestation.

Les intervenants ont réclamé un cessez-le-feu immédiat à Gaza et ils ont accusé Israël de commettre « un génocide » au sein de l’enclave côtière dirigée par le Hamas.

Une manifestation en soutien aux Palestiniens et contre Israël dans le cadre de la guerre qui oppose actuellement Israël et le Hamas, dans la bande de Gaza, à Washington, le 4 novembre 2023. (Crédit : Olivier Douliery/AFP)

Ceux qui ont pris la parole lors du mouvement de protestation ont également fait part de leur frustration face au président américain Joe Biden, qui soutient Israël. Il a déclaré que ce soutien lui coûterait leur vote lors des prochaines élections présidentielles.

Le rappeur Macklemore a été l’une des personnalités de premier plan à s’exprimer devant la foule, affirmant que « je ne sais peut-être rien, mais j’en sais assez pour dire qu’il s’agit d’un génocide ».

Il est difficile de dire combien d’électeurs pourraient tourner le dos à Biden suite à son soutien apporté à Israël, dans la mesure où l’approche du conflit, de la part des républicains, est encore plus en décalage avec la leur. Presque une dizaine de députés républicains ont présenté un projet de loi – mort-né – qui réclamait l’expulsion des Palestiniens vivant aux États-Unis.

A Toronto, ce sont environ 25000 personnes qui ont défilé devant le consulat américain en signe de protestation contre Israël – une manifestation pro-palestinienne qui aurait été la plus importante à avoir été organisée dans la ville canadienne depuis le début de la guerre. Les participants ont bloqué un carrefour de premier plan, disant qu’ils refuseraient d’en partir si leurs voix n’étaient prises en compte, a signalé le Toronto Star .

« Le combat contre l’arrogance mondiale »

A Téhéran, en Iran, des protestataires se sont regroupés devant l’ancienne ambassade des États-Unis en scandant « A bas les USA » et « A bas Israël ».

Ils ont mis le feu à une effigie du Premier ministre Benjamin Netanyahu ainsi qu’à des drapeaux israéliens et américains, devant une foule brandissant les couleurs de la Palestine et de l’Iran.

Ce mouvement de protestation s’est déroulé à l’occasion de la « Journée de lutte contre l’arrogance globale » organisée au sein de la république islamique. Le 4 novembre est la date anniversaire de la prise d’assaut de l’ambassade américaine par les Iraniens, en 1979. 52 diplomates avaient été pris en otage pendant 444 jours à cette occasion.

L’Iran, qui soutient le Hamas, a qualifié les bombardements israéliens de « génocide » et a lancé, semble-t-il, un certain nombre d’attaques contre Israël par le biais de ses groupes mandataires au Liban, au Yémen et ailleurs.

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