Israël en guerre - Jour 201

Rechercher

Des milliers de manifestants anti-gouvernement et pour le retour des otages réunis à Jérusalem et Tel Aviv

Les orateurs ont comparé les otages à l'héroïne de Pourim ; des routes ont été bloquées et des feux de joie ont été allumés ; la police a dispersé les foules et procédé à dix arrestations

Un manifestant anti-gouvernement portant un masque du Premier ministre Benjamin Netanyahu en combinaison de prison protestant devant les quartiers généraux de l'armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 23 mars 2024. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)		

Un manifestant anti-gouvernement portant un masque du Premier ministre Benjamin Netanyahu en combinaison de prison protestant devant les quartiers généraux de l'armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 23 mars 2024. (Crédit : Erik Marmor/Flash90) 


Des milliers de personnes se sont rassemblées pour les manifestations organisées, le samedi soir, en faveur de la libération des otages et contre le gouvernement. Les intervenants, lors des deux mouvements de protestation, se sont inspirés de la fête juive de Pourim, qui a commencé samedi soir.

Les rassemblements qui ont eu lieu cette semaine se sont tenus alors que les pourparlers en cours entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas sur une trêve temporaire et sur un accord de libération de certains otages s’activent à Doha – et les personnes qui ont pris la parole, aux différentes manifestations, ont poussé le gouvernement de Benjamin Netanyahu à conclure un accord dans les meilleurs délais.

Le rabbin David Stav, grand rabbin de Shoham, une ville du centre du pays, et chef de l’organisation rabbinique Tzohar, a comparé les 134 Israéliens retenus en captivité à Gaza à la reine Esther, héroïne de l’histoire de Pourim, dans un sermon qu’il a fait sur la place située aux abords du Musée d’art de Tel Aviv, qui a été rebaptisée « Place des Otages » depuis l’assaut barbare du 7 octobre et l’opération israélienne qui a suivi.

Esther, héroïne du Livre d’Esther qui raconte l’histoire qui est à l’origine de Pourim, « était une reine mais elle était en réalité une otage retenue dans le palais du roi Ahasuerus [de Perse] », a commenté Stav.

Esther, qui était Juive, avait dit à son oncle de rassembler tous les Juifs après avoir entendu dire que le conseiller du roi, Haman, prévoyait de tuer tous les Juifs de la Perse, a dit Stav. « Elle lui avait aussi demandé de prier et de jeûner pour elle », a-t-il ajouté.

Les rabbins David Stav et Yoni Lavih lisent le Livre d’Esther à Tel Aviv, le 23 mars 2024. (Autorisation : the Hostages and Missing Families Forum)

L’histoire de Pourim, qui se termine par le salut des Juifs et par la mort de leurs persécuteurs, « montre que cette fête est capable de miracles – si nous prions et que nous nous unissons », a dit Stav.

Nadav Rudaeff, le fils de Lior Rudaeff, 61 ans, enlevé à Nir Yitzhak par les terroristes palestiniens du Hamas, le 7 octobre, s’est rappelé que son père adorait célébrer Pourim dans sa communauté.

« Pourim était ma fête favorite au kibboutz. Mais ce n’est pas le cas cette année », a-t-il déclaré.

Lui aussi a fait référence à Esther. « Tout comme il était de la responsabilité d’Esther de sauver le peuple juif, sauver les otages est aujourd’hui entre nos mains et entre les mains de nos dirigeants. »

L’organisateur du Forum des familles des otages et disparus Tom Barkaï lors d’une manifestation pour les otages, à Jérusalem, le 23 mars 2024. (Crédit : Charlie Summers/The Times of Israel)

Lors du mouvement de protestation en faveur des otages à Jérusalem qui s’est tenu aux abords de la résidence du Premier ministre, l’organisateur du Forum des familles des otages et disparus, Tom Barkaï, a indiqué « qu’aucune réjouissance ne pourra être réellement une fête sans le retour de tous les otages ».

Jon Goldberg-Polin, le père de Hersh Goldberg-Polin qui a été enlevé lors du festival de musique Supernova par les terroristes armés du Hamas, le 7 octobre, a dit que même si cette célébration de Pourim était la plus difficile de toute son existence. « Face à la situation critique que nous connaissons actuellement, il n’y a rien de mieux adapté que Pourim. »

« Je reste ici avec l’espoir que nous pourrons relancer les dés, changer l’issue des choses et voir nos otages bien-aimés revenir chez eux », a-t-il dit.

Pourim – une fête célébrée à Jérusalem un jour après le reste du pays – signifie « dés » en hébreu.

Relâcher « des déchets humains » en échange des otages

Le mouvement de protestation anti-gouvernement s’est tenu aux abords des quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv. Les participants ont réclamé des élections législatives anticipées.

Un grand nombre des personnes présentes portaient des tee-shirts demandant le départ immédiat de Netanyahu et la remise en liberté des captifs, ainsi que des tee-shirts au nom des groupes de protestation variés qui avaient été établis dans le cadre des rassemblements dénonçant le projet largement controversé de refonte du système judiciaire qui était avancé par le gouvernement avant le 7 octobre.

La première intervenante à prendre la parole à la tribune a été Yaël Engel Lichi, la tante d’Ofir Engel, qui était resté dans les geôles du Hamas pendant 54 jours avant d’être libéré dans le cadre d’une trêve temporaire, à la fin du mois de novembre.

Le médecin réserviste Ophir Havakuk s’exprimant lors d’une manifestation anti-gouvernement, à Tel Aviv, le 23 mars 2024. (Crédit : Iddo Schejter)

Engel Lichi a demandé des élections immédiates et elle a critiqué le gouvernement pour son incapacité à assumer la responsabilité des échecs qui ont permis au massacre du 7 octobre d’avoir lieu – au cours duquel son neveu avait été kidnappé.

Opher Havakuk, qui a été médecin réserviste sur le front, à Gaza, s’est ensuite exprimé.

« En tant que médecin, je dois assumer la responsabilité de mes actions et je dois prendre des décisions », a-t-il commenté. « Et je dis cela parce que ces qualités manquent à notre gouvernement. »

Ami Dror, entrepreneur high-tech et leader du mouvement « Des élections maintenant », a salué les manifestants qui se tenaient devant lui, « des héros qui sont allés à la guerre avec un gouvernement de lâches ».

Lors du rassemblement pour la libération des otages, à quelques blocs d’immeubles de là, Izhar Shaï, ancien ministre du cabinet dont le fils Yaron a été tué alors qu’il combattait les terroristes du Hamas, le 7 octobre, a indiqué qu’il apportait son soutien à la libération des assassins de son fils et de leurs complices si cela pouvait aider à garantir la remise en liberté des otages à Gaza.

« La peine capitale serait une sentence relativement légère » pour les terroristes du Hamas responsables de l’attaque du 7 octobre, a-t-il dit. « Mais si nous devons rendre les déchets humains qui t’ont assassiné […] Nous soutiendrons les ministres et le Premier ministre dans la prise de cette décision douloureuse. »

Affrontements avec la police

Suite aux heurts entre police et manifestants qui avaient eu lieu lors de la manifestation de la semaine dernière, les forces de l’ordre ont intensifié l’application de leurs mesures de contrôle des foules à Jérusalem et à Tel Aviv, espérant ainsi empêcher les protestataires de bloquer la circulation.

Des manifestants allumant un feu sur l’autoroute Ayalon, à Tel Aviv, le 23 mars 2024. (Crédit : Iddo Schejter)

Les Israéliens qui prenaient part aux mouvements de protestation pour les otages et anti-gouvernement voisins, à Tel Aviv, ont bloqué la section nord de la rue Begin après la fin de leurs rassemblements respectifs, allumant des feux de joie au milieu de la route.

Les appels lancés contre le gouvernement se sont faits entendre dans toute la foule lorsque les feux de joie ont été allumés. Les personnes présentes ont supplié les États-Unis de pousser le gouvernement de Netanyahu à conclure un accord sur les otages, criant en anglais « SOS USA » et « Au secours, au secours, nous avons besoin d’aide ».

Elles ont aussi entonné des slogans interpellant directement Netanyahu et son épouse, Sara, criant « Bibi, Sara, merci pour toute cette merde », une référence au fait que Sara Netanyahu se serait récemment plainte, au cours d’une rencontre récente, de l’ingratitude dont auraient fait preuve des captifs qui ont été relâchés.

Lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux du rassemblement, les manifestants ont tenté de les empêcher d’éteindre les feux tandis que la police s’efforçait de disperser la foule.

Malgré les barricades de la police qui avaient été installées le long de l’autoroute Ayalon, un groupe de manifestants est parvenu à entrer sur cette artère de circulation majeure, allumant brièvement quelques feux de joie avant d’être dispersés.

Ils ont malgré tout à nouveau tenté, à deux reprises, de bloquer l’autoroute avant de retourner rue Sapir et de la fermer à la circulation, allumant un feu. L’agent de police à la tête des forces de l’ordre a alors déclaré que le mouvement de protestation était illégal, demandant le départ des personnes présentes vers le sud et demandant également aux policiers d’utiliser la force pour leur faire quitter la rue.

Un groupe s’est séparé des autres et il s’est rendu à l’immeuble où se trouve l’appartement du député Gideon Saar. Les manifestants l’ont appelé à s’assurer que les ministres d’extrême-droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ne seraient pas autorisés à entrer au cabinet de guerre.

Ils se sont aussi rassemblés devant l’habitation du ministre Yitzhak Wasserlauf, membre du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir, réclamant la libération des otages et allumant un feu. Ils ont été dispersés par les forces de l’ordre.

Les manifestants se rassemblent aux abords de l’appartement du député Gideon Saar à Tel Aviv, le 23 mars 2024. (Crédit : Iddo Schejter)

La police de Tel Aviv a expliqué avoir arrêté dix personnes au cours de toute la soirée.

Après le mouvement de protestation de Jérusalem, une dizaine de personnes ont tenté de bloquer la rue qui se trouve aux abords de la résidence officielle du Premier ministre. Maï Alvini-Peri, petit-fils de Haïm Peri, retenu en otage par le Hamas, était présent.

Des manifestants bloquant la route aux abords de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mars 2024. (Crédit : Charlie Summers/The Times of Israel)

Si samedi dernier, les tentatives de blocage des artères de circulation avaient donné lieu à des affrontements entre la police et les protestataires, les actes de désobéissance civile, cette semaine, ont rapidement tourné court, peu de personnes présentes se montrant désireuses de mener de telles actions.

Toutefois, certains manifestants qui s’étaient assis au milieu de la rue ont crié, à l’aide de mégaphones, que rien ne pouvait reprendre son cours sans retour préalable des otages et ils ont exigé leur libération.

La police a ordonné aux manifestants de retourner sur le trottoir, où ils ont été dispersés, sans résistance de leur part, en l’espace de quelques minutes.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.