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Des proches d’otages appellent à ne pas rater la « fenêtre d’opportunité »

Avant les rassemblements, le Forum des familles des otages et des disparus a dénoncé l'absence de progrès signalée, affirmant que "manquer l'impulsion actuelle serait un grave échec"

L'ex-otage Eli Sharabi s'exprimant lors d'un rassemblement hebdomadaire sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : Alon Gilboa/Forum des familles des otages et disparus)
L'ex-otage Eli Sharabi s'exprimant lors d'un rassemblement hebdomadaire sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : Alon Gilboa/Forum des familles des otages et disparus)

Alors que les informations faisaient état d’une impasse dans les négociations, des milliers de manifestants anti-gouvernement se sont rassemblés samedi soir sur la Place Habima, à Tel Aviv, ainsi que dans d’autres villes et carrefours à travers le pays, pour réclamer la conclusion d’un accord mettant fin à la guerre et permettant la libération de tous les otages.

Avant les rassemblements, le Forum des familles des otages et des disparus a publié une déclaration dans laquelle il a dénoncé l’absence de progrès et il a affirmé que « manquer l’impulsion actuelle serait un grave échec ».

« Chaque jour où la guerre se poursuit est une victoire pour le Hamas et un grave danger pour nos otages et nos soldats », peut-on lire dans le communiqué.

Les familles ont fait référence à un sondage réalisé par la chaîne N12, selon lequel 74 % des Israéliens, dont 60 % des électeurs de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, soutiennent la conclusion d’un accord avec le groupe terroriste palestinien du Hamas prévoyant la libération immédiate de tous les otages en échange de la fin de la guerre contre le Hamas à Gaza.

« Tous les sondages et toutes les données montrent qu’une majorité absolue du peuple israélien souhaite la fin de la guerre à Gaza et le retour des otages, et reconnaît que cela est dans l’intérêt d’Israël, y compris une majorité décisive parmi les électeurs de la coalition », indique le communiqué.

Lors du rassemblement principal sur la Place des Otages, à Tel Aviv, l’ex otage Eli Sharabi, qui a perdu son frère, son épouse et ses filles dans le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, a appelé le président américain Donald Trump à intervenir pour aider à ramener les 50 otages restants, y compris la dépouille de son frère Yossi.

Manifestants anti-gouvernement rassemblés sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : Rony Shapiro/Mouvement de protestation pour la démocratie)

« La fenêtre d’opportunité pour ramener les 50 otages vivants ou morts est ouverte, mais elle ne le restera pas longtemps », a-t-il déclaré devant quelque 2 000 manifestants.

« Monsieur le président Trump, être dans ces tunnels, c’est l’enfer. Merci de m’avoir ramené à la maison, ainsi que tant d’autres », a déclaré Sharabi.

« Nous avons besoin de votre aide dès maintenant pour ramener mon frère Yossi et les 49 autres otages. Votre vision d’un nouveau Moyen-Orient ne pourra se concrétiser que lorsque tous les otages seront rentrés chez eux. »

Cette semaine, Trump a reçu Netanyahu à la Maison Blanche pour deux réunions, sans toutefois annoncer de progrès vers un accord de cessez-le-feu et de libération des otages.

Manifestants anti-gouvernement rassemblés, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : @sha_b_p/Mouvement de protestation pour la démocratie)

En hébreu, Sharabi a appelé les dirigeants israéliens à faire preuve d’humilité et à mettre fin à la guerre à Gaza afin de ramener tous les otages.

« Vous avez été élus pour servir cette nation avec humilité », a-t-il déclaré.

« C’est l’arrogance qui nous a conduits au désastre, et nous ne devons pas retomber dans ce comportement. »

« Nous ne pouvons pas rester silencieux. Nous devons mettre fin à ces combats pour nos frères et sœurs, pour les otages, pour cette nation. La véritable victoire sera remportée lorsqu’ils seront tous de retour chez eux », a-t-il poursuivi.

Lors de la principale manifestation anti-gouvernement à Tel Aviv, sur la Place Habima, un père en deuil dont la fille a été tuée lors des massacres terroristes perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023 a accusé le gouvernement d’être responsable du meurtre de sa fille.

Des manifestants réclamant un accord pour la libération des otages brandissant une banderole sur laquelle on peut lire « Tant qu’ils ne seront pas de retour, nous sommes tous otages » à la porte Begin, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : Zohar Bar-Yehuda/Mouvement de protestation pour la démocratie)

« En ce qui me concerne, lui, les 68 membres de la Knesset… et ses partenaires sont coupables de son meurtre », a déclaré Eran Littman, dont la fille Oriya a été tuée lors du festival de musique Nova pendant l’assaut sanglant et barbare du Hamas.

« Ma fille est morte dans une guerre de religions, assassinée par des islamistes radicaux », a-t-il déclaré, tout en accusant les membres religieux nationalistes du gouvernement de chercher à étendre cette guerre à Gaza et en Cisjordanie, et les membres ultra-orthodoxes de s’allier à Netanyahu « pour les budgets et l’évasion » du service militaire.

« Le gouvernement isole Israël et en fait un paria… et ne ramène pas les otages qui languissent », a-t-il poursuivi.

« Ce sont des agents du chaos, qui attisent le chaos en Cisjordanie, chassent les gens de leurs maisons et poussent les désespérés à devenir des terroristes, à se transformer en monstres et à assassiner des Israéliens. »

Des manifestants anti-gouvernement appelant à la libération des otages, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Nous sommes une nation divisée », a-t-il ajouté.

« Nous devons redevenir une nation éprise de paix. Je rêve que chacun se réveille de ce cauchemar et que la vie reprenne son cours normal. Et je continuerai à rêver d’Oriya. »

Après les discours, la foule a défilé pour manifester devant les quartiers généraux de l’armée de la Kirya, où quelque 400 militants de gauche ont observé une veillée silencieuse en mémoire des enfants de Gaza tués pendant la guerre.

Les manifestants brandissaient des bougies et des photos d’enfants qui auraient été tués par Israël depuis la reprise des hostilités dans la bande de Gaza le 18 mars. Chaque photo indiquait le nom de l’enfant, la date et le lieu de sa mort, ainsi que son âge au moment des faits.

Des manifestants anti-gouvernement plus bruyants sont passés devant le rassemblement, se dirigeant vers la manifestation plus importante sur la rue Begin, où Yehuda Cohen, père du soldat captif Nimrod Cohen, a accusé Netanyahu de « gagner du temps » pour éviter son procès pour corruption, au détriment de son fils.

« Les vingt-et-un derniers mois de combats ont servi à gagner du temps pour l’accusé, Netanyahu », a-t-il déclaré devant quelque 1 500 manifestants.

« Netanyahu cherche à gagner du temps pour survivre, pour détourner sa culpabilité et sa responsabilité » dans l’échec du 7 octobre, a-t-il déclaré, promettant de poursuivre la campagne pour ramener son fils.

« Encore un samedi soir, encore un discours, encore plus de conneries et encore plus de désespoir », a ajouté Cohen.

Des manifestants lors d’un rassemblement anti-gouvernement appelant à une action pour obtenir la libération des otages retenus captifs dans la bande de Gaza, devant les quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 12 juillet 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Mais Netanyahu, [sachez que] je n’abandonnerai pas – mon fils Nimrod sera libéré malgré vos manœuvres dilatoires. Au final, Trump vous obligera à mettre fin à cette maudite guerre et à libérer Nimrod et tous les autres otages dans le cadre d’un accord. Nous n’abandonnerons pas. »

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Plus de 57 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.

Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

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