Des voitures palestiniennes incendiées et un graffiti extrémiste à Beit Iksa
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Des voitures palestiniennes incendiées et un graffiti extrémiste à Beit Iksa

Cette apparente attaque extrémiste juive à proximité de Jérusalem survient dans un contexte de tensions dans la capitale et après des vidéos TikTok d'Arabes attaquant des Juifs

Des voitures incendiées dans le village palestinien de Beit Iksa, près de Jérusalem, suite à une attaque extrémiste juive présumée, le 28 avril 2021. (Capture d'écran : Twitter)
Des voitures incendiées dans le village palestinien de Beit Iksa, près de Jérusalem, suite à une attaque extrémiste juive présumée, le 28 avril 2021. (Capture d'écran : Twitter)

Trois voitures palestiniennes ont été incendiées mardi soir dans un village à proximité de Jérusalem et un graffiti a été peint sur la route, dans un nouveau crime de haine présumé, dans un contexte de tensions persistantes entre Juifs et Arabes dans la capitale et une série d’attaques mutuelles.

L’incident s’est produit à Beit Iksa, situé à proximité du quartier Ramot à Jérusalem, séparé du reste de la Cisjordanie par la barrière de sécurité.

Trois voitures privées ont été incendiées et des vandales ont écrit : « Juifs, gagnons » sur la route. Sous ces mots, ils ont écrit « Tiktok » avec une étoile de David, répondant apparemment à une série de vidéos postées sur l’application, qui ont montré des Palestiniens attaquant des Juifs ultra-orthodoxes au hasard, sans provocation initiale. Les vidéos ont alimenté une certaine colère juive.

Certains habitants de Beit Iksa, cités par le quotidien Haaretz, se sont plaints qu’un camion de pompiers israélien soit arrivé sur les lieux mais n’a pas éteint le feu, et qu’ils ont dû attendre un camion de pompiers palestinien, qui a mis plus de temps à arriver.

« Les voitures ne sont pas importantes, nous avons peur pour nos familles », a déclaré un résident, Abdullah Hamdan, à Haaretz. « Cette fois, ils ont endommagé des voitures, la prochaine fois, ils feront du mal aux gens. »

Tag Meir, groupe juif prônant la coexistence et s’opposant aux attaques dites du « prix à payer », a lié l’incident à une marche organisée la semaine dernière à Jérusalem par le groupe raciste d’extrême droite Lehava.

« Quiconque est resté silencieux après la marche haineuse de Lehava jeudi voit les conséquences », a déclaré Gadi Gvaryahu, directeur de Tag Meir.

Après l’incident, des dizaines de résidents juifs de Ramot se sont rassemblés et ont scandé « Que votre village brûle », jusqu’à ce que la police arrive et disperse la foule.

Plus tôt mardi, la police a déclaré avoir arrêté huit militants de droite soupçonnés d’avoir agressé un agent de police et une autre personne dans le centre-ville de Jérusalem en utilisant des gaz lacrymogènes.

Mardi également, quatre Israéliens juifs ont été attaqués après être entrés dans la ville palestinienne de Ni’lin en Cisjordanie pour acheter des cigarettes. Ils ont déclaré que les habitants ont empêché leur sortie et leur avaient jeté des pierres, blessant légèrement deux d’entre eux, avant qu’ils ne puissent s’échapper. La police a déclaré avoir ouvert une enquête.

Des manifestants palestiniens arborent des drapeaux nationaux alors qu’ils se rassemblent près de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 avril 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Les tensions à Jérusalem, en particulier autour de la Vieille Ville, restent élevées même après que la police a mis fin dimanche soir à sa politique empêchant les gens de se rassembler devant la porte de Damas – une politique qui, selon les musulmans, a mis le feu au poudre alors qu’ils ont depuis longtemps l’habitude de se rassembler à cet endroit pendant le mois sacré du Ramadan.

Des milliers de Palestiniens ont convergé chaque nuit depuis le début du Ramadan le 13 avril vers la porte de Damas pour protester contre cette politique controversée.

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