Destruction des maisons de terroristes: la Cour suprême gèle des ordres
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Destruction des maisons de terroristes: la Cour suprême gèle des ordres

Les ordres de démolition ont été mis en attente pendant que la Cour examine les recours des familles, notamment celle de l’assassin du couple Henkin

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La maison du terroriste Abdelrahman al-Shaludi après avoir été détruite  le 19 novembre 2014 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
La maison du terroriste Abdelrahman al-Shaludi après avoir été détruite le 19 novembre 2014 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La Cour suprême de justice israélienne a gelé mardi le processus prévu de démolition d’un certain nombre de maisons appartenant aux familles des Palestiniens accusés d’avoir perpétré des attentats terroristes, notamment celle de l’auteur de la fusillade d’octobre au cours de laquelle Eitam et Naama Henkin ont été tués.

Cette injonction temporaire a été publiée par Uzi Fogelman de la Cour suprême de justice en réponse aux appels des familles de six terroristes dont les maisons devaient être détruites, quelques heures avant que les ordres de démolition ne soient exécutés. Mercredi dernier, les familles avaient été informées que leurs maisons seraient détruites « dans les prochains jours ».

La décision de mardi ne met pas un terme aux ordres de démolition mais permettra à la Cour d’examiner ces recours avant de rendre une décision finale.

Les maisons concernées sont celles des assassins de Danny Gonen et de Malachi Rosenfeld, tués au cours de deux fusillades en voiture en Cisjordanie plus tôt cette année. Les maisons appartenant aux familles de trois membres du Hamas accusés d’avoir tué Eitam et Naama Henkin sont également concernées.

Le couple Henkin a été assassiné le 1er octobre alors qu’il se trouvait en voiture en Cisjordanie près de l’implantation d’Itamar. Leurs quatre jeunes enfants – le plus âgé ayant neuf ans- se trouvaient à l’arrière et ont été témoins du meurtre mais n’ont subi aucune blessure.

Eitam et Naama Henkin, ont été tués dans une fusillade par des Palestiniens en Cisjordanie, le 1er octobre 2015 (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Eitam et Naama Henkin, ont été tués dans une fusillade par des Palestiniens en Cisjordanie, le 1er octobre 2015 (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Les avis de démolition ont été émis deux jours après que les ministres aient approuvé plusieurs propositions visant à éradiquer l’actuelle vague d’attaques terroristes. Parmi ces mesures, la démolition des maisons est un dispositif punitif contre les familles des terroristes.

Les politiciens israéliens de droite, en entendant l’annonce du gel, l’ont sévèrement critiquée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui-même a d’ailleurs exigé de la Cour qu’elle annule rapidement cette décision.

« Notre problème est le fossé qui existe entre l’action et le résultat. Nous demandons donc explicitement que cet écart soit réduit et j’espère également que la Cour suprême prendra sa décision aussi vite que possible, et en général elle décide de démolir. Il est préférable que les démolitions aient lieu dans les jours suivant l’attaque » a-t-il déclaré.

Yariv Levin, ministre du Tourisme issu du Likud, le parti de Netanyahu, a accusé la Cour de « battre son record d’absurdité ».

https://www.facebook.com/yariv.levin.9/posts/949676311792236

Naftali Bennett, ministre de l’Education à la tête du parti de droite HaBayit HaYehudi, a pour sa part affirmé que c’était une décision inappropriée en « temps de guerre ».

« La Cour suprême doit comprendre que tout retard dans la démolition de ces maisons nuit à la dissuasion israélienne et met la vie de ses citoyens en danger. La Cour doit recouvrer la raison et prendre une décision immédiatement », a-t-il déclaré.

Malgré cette interruption provisoire, la Cour ne devrait pas – en fin de compte – annuler les ordres de démolition.

Des soldats israéliens démantèlent la maison de Maher al-Haslamoun à Hébron le 20 octobre 2015. (Crédit : AFP / HAZEM BADER)
Des soldats israéliens démantèlent la maison de Maher al-Haslamoun à Hébron le 20 octobre 2015. (Crédit : AFP / HAZEM BADER)

Lundi, l’armée a rasé la maison de Hébron d’un terroriste palestinien qui avait pourchassé Dalia Lemkus, civile israélienne et l’avait tuée à coups de couteau au cours d’une vague de violence qui s’est produite il y a presque un an. La démolition est intervenue après que la Cour suprême ait rejeté l’appel de la famille qui s’opposait à cette décision.

En parlant des démolitions de maisons, le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré au cours de la réunion du Cabinet de mercredi que « quiconque est miséricordieux envers les hommes cruels est condamné à être cruel envers les miséricordieux. Nous devons infliger aux terroristes et à leurs familles une véritable peine. Il faut que chaque terroriste sache que s’il blesse un Juif, sa famille à lui sera blessée elle aussi. Nous devons créer un équilibre de dissuasion contre les terroristes à l’échelle économique ».

Certaines associations ont critiqué la décision de démolir les maisons des terroristes mais les responsables gouvernementaux ont défendu cette mesure, la qualifiant de dissuasive contre les attentats. Les opposants affirment que, en plus d’être une punition collective, les démolitions de maisons risquent d’inciter les membres des familles à perpétrer eux-mêmes de nouvelles attaques.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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