Donald Trump élu, la transition déjà en marche
Rechercher

Donald Trump élu, la transition déjà en marche

Clinton lui souhaite de réussir ; Obama : l'Amérique toute entière souhaite le "succès" de Trump

Le candidat à la présidentielle républicain Donald Trump arrive pour un rassemblement de campagne au Collier County Fairgrounds de Naples, en Floride, le 23 octobre 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images/AFP)
Le candidat à la présidentielle républicain Donald Trump arrive pour un rassemblement de campagne au Collier County Fairgrounds de Naples, en Floride, le 23 octobre 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images/AFP)

Après le séisme mondial causé par l’élection de Donald Trump, les institutions américaines ont repris mercredi leur jeu démocratique bien rodé, la candidate défaite Hillary Clinton souhaitant une présidence réussie à son rival victorieux.

Mme Clinton a été nettement battue à la surprise générale par son adversaire républicain, au terme d’une nuit dont le suspense restera gravé dans la mémoire des Etats-Unis.

Elle s’est pour la première fois depuis sa déroute électorale exprimée en public mercredi en fin de matinée sur la scène d’un hôtel de Manhattan, non loin de l’endroit où elle aurait célébré sa victoire si les sondages ne s’étaient pas trompés à ce point sur son compte.

« J’espère qu’il va réussir en tant que président de tous les Américains », a déclaré Mme Clinton, visiblement émue, en estimant par ailleurs que cette élection avait montré que les Etats-Unis étaient « plus divisés que nous ne le pensions ».

Elle a ajouté que les Américains devaient faire preuve d' »ouverture d’esprit » à la perspective d’une présidence Trump, à qui ils devaient « offrir sa chance de diriger » le pays.

Le transfert pacifique du pouvoir a une « valeur sacrée » dans la démocratie américaine, a également assuré la candidate malheureuse, qui a finalement échoué à devenir la première femme présidente des Etats-Unis et dont les ambitions nationales ont probablement été enterrées à jamais mardi.

« Nous n’avons pas encore brisé le plus haut et le plus dur des plafonds de verre mais, un jour, quelqu’un le fera et, espérons-le, plus tôt qu’on ne l’imagine », a-t-elle dit.

Le président américain Barack Obama rejoint la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton après son discours à la Convention nationale démocratique au Wells Fargo Center à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 27 juillet 2016. (Crédit : AFP / MANDEL NGAN)
Le président américain Barack Obama rejoint la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton après son discours à la Convention nationale démocratique au Wells Fargo Center à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 27 juillet 2016. (Crédit : AFP / MANDEL NGAN)

Le président Barack Obama a pris la parole peu après à la Maison Blanche, après s’être fortement impliqué dans la campagne de son ancienne secrétaire d’Etat.

Obama : l’Amérique toute entière souhaite le « succès » de Trump

Même s’il n’a eu de cesse de souligner que le magnat de l’immobilier représentait une menace pour la démocratie, M. Obama devrait appeler les Américains à se ranger au verdict des urnes, dans le calme et le respect de la tradition de l’alternance politique à Washington.

Président de tous

Le président, qui laissera le Bureau ovale le 20 janvier au milliardaire populiste, a appelé M. Trump tôt mercredi matin afin de le féliciter.

Il a aussi invité son successeur jeudi à la Maison Blanche pour évoquer la transition.

Le candidat républicain victorieux a lui pris la parole dans un hôtel new-yorkais, offrant un message de réconciliation après une campagne marquée par les outrances et les controverses.

Pour lire en français le discours en entier de Donald Trump

Si l’exercice est convenu pour tout président élu, il a surpris chez le milliardaire populiste, dont la violence du ton et des propos pendant la longue campagne ont contribué à fissurer un peu plus encore une société américaine déjà très divisée.

« Je m’engage à être le président de tous les Américains », a promis l’homme d’affaires de 70 ans. « L’heure est venue pour l’Amérique de panser les plaies de la division », a-t-il ajouté.

D’autres signes mercredi montraient que la démocratie américaine se préparait à digérer l’élection choc de M. Trump, dans le respect des institutions et de la tradition.

Le président de la Chambre de commerce américaine, Thomas Donohue, a ainsi adressé un message de félicitation à Donald Trump, ainsi qu’aux nouveaux élus au Congrès, dont les deux chambres sont restées mardi à majorité républicaine.

Après avoir été ballotés par la tourmente, les marchés financiers ont aussi repris pied mercredi, dans la foulée d’une ouverture de Wall Street dont l’indice vedette s’est offert le luxe d’une hausse.

La présidente du parti d'extrême droite le Front National, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse, le 25 mars 2014 (Crédit : Pierre Andrieu/AFP Photo)
La présidente du parti d’extrême droite le Front National, Marine Le Pen, lors d’une conférence de presse, le 25 mars 2014 (Crédit : Pierre Andrieu/AFP Photo)

L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a été accueillie mercredi avec inquiétude et souvent froideur dans le monde où l’extrême droite s’est a contrario félicitée – la Française Marine Le Pen en tête – de l’avènement d’une nouvelle ère.

La victoire de M. Trump « ne me réjouit pas » mais, « librement élu », il a droit « à ce qu’on lui donne une chance », a observé le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Plus pessimiste, le président français François Hollande a jugé que « cette élection américaine ouvrait une période d’incertitude ».

Il a appelé l’Europe à resserrer les rangs peu après une réaction enthousiaste du Premier ministre hongrois Viktor Orban, populiste de droite, qui se félicitait d’une « excellente nouvelle ».

Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l’UE a été convoquée dimanche à Bruxelles.

L’ONU compte sur le président élu des Etats-Unis Donald Trump pour l’aider à lutter contre le réchauffement climatique et à promouvoir les droits de l’homme, a pour sa part déclaré mercredi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Colère et frustration

Huit ans après l’élection de Barack Obama, qui devait marquer l’avènement d’une Amérique post-raciale, force est de constater que les électeurs américains ont choisi un homme taxé de sexisme, de xénophobie, de mensonge, d’isolationnisme et d’incompétence par ses adversaires.

Ses partisans – des électeurs blancs souvent modestes – voient en lui un homme au parler vrai, qui sait nommer les problèmes qui les affligent: chômage, déclassement social, absence de reconnaissance, condescendance de l’establishment, ras-le-bol d’une certaine manière de faire de la politique.

Plus de 60 % des Américains pensent que Donald Trump n’avait pas le caractère pour devenir président. Mais il a réussi à capter la colère et les frustrations d’une partie de l’électorat.

Barack Obama prête serment devant le juge en chef John G. Roberts Jr. au Capitole, le 20 janvier 2009 (Crédit : domaine public)
Barack Obama prête serment devant le juge en chef John G. Roberts Jr. au Capitole, le 20 janvier 2009 (Crédit : domaine public)

L’homme d’affaires, en qui personne ne croyait lorsqu’il a lancé sa candidature en juin 2015, n’a jamais occupé le moindre mandat électif mais a su lire mieux que quiconque la frustration d’une partie de la population et fabriquer sa propre marque de populisme.

La nette victoire électorale de Donald Trump promet un ancrage conservateur durable de la Cour suprême des Etats-Unis, qui a souvent le dernier mot sur les grandes questions de la société américaine.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...