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Eichler élu à la commission des nominations judiciaires rabbiniques

Élu sans opposition, le député de Yahadout HaTorah promet de nommer des érudits intègres à la commission qui désigne les juges des tribunaux rabbiniques compétents en divorce et conversion

Yisrael Eichler (Yahadout HaTorah) préside une réunion de la commission Travail et Bien-être social de la Knesset, Jérusalem, 30 juin 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yisrael Eichler (Yahadout HaTorah) préside une réunion de la commission Travail et Bien-être social de la Knesset, Jérusalem, 30 juin 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yisrael Eichler (Yahadout HaTorah) a été élu mercredi pour occuper l’un des deux sièges de la Knesset au sein de la commission des nominations judiciaires rabbiniques, avec 66 voix pour et 38 contre.

« Avec l’aide de Dieu, je veillerai à ce que soient nommés des juges dignes, érudits en Torah et dotés d’une intégrité irréprochable, qui rendront la justice selon la loi juive et dans la crainte de Dieu », a déclaré le député ultra-orthodoxe dans un communiqué publié après le vote.

L’élection s’est tenue après le départ de la Knesset d’Eliyahu Baruchi (Yahadout HaTorah), membre sortant de la commission, en vertu de la loi norvégienne, à la suite du retrait de Yahadout HaTorah de la coalition. Ce départ a laissé vacant un siège à la commission, entraînant la tenue du scrutin.

Eichler s’est présenté sans opposition après le retrait des candidatures de Moshe Gafni et de Yinon Azoulay (Shas).

Gafni, qui dirige la faction Degel HaTorah au sein de Yahadout HaTorah, a appelé les députés à soutenir Eichler, issu de l’autre faction du parti, Agoudat Israel.

La commission des nominations judiciaires rabbiniques est chargée de désigner les juges des tribunaux rabbiniques qui siègent dans le système judiciaire religieux.

Les membres de la faction Degel Hatorah au sein du parti Yahadout HaTorah écrivent des lettres de démission dans le bureau de Moshe Gafni, président de la commission des Finances de la Knesset, le 14 juillet 2025. (Crédit : Autorisation)

Les tribunaux rabbiniques israéliens, qui relèvent du pouvoir judiciaire, exercent des compétences importantes en matière de divorce, de statut personnel juif et de conversion. Conformément à la halakha (loi juive), seuls des hommes pratiquants peuvent y siéger comme juges.

« Les tribunaux rabbiniques influencent les politiques liées au judaïsme en Israël pour tous les citoyens, même si les gens ne s’en rendent souvent pas compte », a déclaré le rabbin Seth Farber, directeur de l’organisation de défense des droits religieux ITIM, au Times of Israel. « Toute personne qui se marie ou divorce dans ce pays doit passer par les tribunaux rabbiniques. »

Selon Farber, la commission dispose « d’un pouvoir disproportionné et, malheureusement, elle est devenue un cirque politique, comme l’illustre le vote d’aujourd’hui ».

Elle est composée de rabbins, de juges rabbiniques en exercice, d’avocats, de membres du barreau et de deux députés.

Les deux sièges parlementaires sont traditionnellement répartis entre coalition et opposition, mais cette répartition repose sur une convention, non sur une obligation légale. L’autre représentante de la Knesset actuellement en fonction au sein de la commission est Pnina Tamano-Shata (HaMahane HaMamlahti), membre de l’opposition.

Depuis que Yahadout HaTorah a officiellement quitté la coalition la semaine dernière, après l’échec du gouvernement à faire adopter une loi sur l’exemption du service militaire, l’élection d’Eichler signifie que les deux députés siégeant à la commission relèvent désormais de l’opposition. Mais selon Farber, cette lecture est avant tout technique.

« Même si Yahadout HaTorah est formellement dans l’opposition, ses membres ne se définissent pas ainsi. Leur retrait de la coalition ne les empêche pas de conclure des accords en coulisses, c’est une évidence », affirme-t-il.

Farber estime que l’élection à la commission relève davantage de tractations politiques et d’intérêts partisans que d’une véritable volonté de servir la population.

Selon lui, ceux qui contrôlent les tribunaux religieux cherchent souvent à préserver leur pouvoir plutôt qu’à répondre aux besoins des citoyens.

Au-delà de la définition du judaïsme officiel en Israël, la commission constitue aussi un levier d’influence politique, permettant à certaines factions d’attribuer des postes rabbiniques prestigieux et bien rémunérés à leurs fidèles, a poursuivi Farber.

« C’est là toute l’importance de cette commission », a-t-il conclu. « Elle façonne à la fois le caractère juif de l’État et la distribution de privilèges à ses alliés. »

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