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Elisabeth de Fontenay : « Je ne serais pas là si ma mère n’avait pas été juive »

Philosophe reconnue pour sa connaissance de la question juive et spécialisée dans la défense de la cause animale, de Fontenay se penche sur la vie de son frère handicapé Gaspard

Elisabeth de Fontenay (Crédit : CC BY SA 3.0)
Elisabeth de Fontenay (Crédit : CC BY SA 3.0)

Elisabeth de Fontenay est née en 1934 dans une famille catholique de droite d’un père devenu résistant et d’une mère juive réfugiée d’Odessa, Nessia Hornstein convertie au catholicisme. Mais son lien avec le judaïsme, vers lequel elle est revenue en s’y convertissant parcourt l’ensemble de sa réflexion.

Dans un livre récent, plus autobiographique, elle raconte l’histoire de son frère déficient, dont « elle scrute le mystère », d’un frère « handicapé mental, enfermé en lui-même ».

Dans cet entretien, la philosophe affirme qu’elle n’en serait « pas arrivée là si ma mère n’avait pas été juive, si ma grand-mère maternelle n’avait pas été exterminée à Auschwitz, et si le secret dont tout cela a été entouré ne m’avait pas à la fois détruite et construite ».

Elle raconte avoir mis longtemps à poser des questions à sa mère par peur que le souvenir de ces épisodes ne lui fasse trop mal.

De Fontenay a présidé entre 2007 et 2010 la commission Enseignement de la Shoah de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Passée de Marx à Diderot, la philosophe fut un temps membre de la direction de la revue des Temps Modernes.

Elle publie en 1998 Le silence des bêtes, ouvrage de référence sur les rapports dans l’histoire entre humains et animaux dans lequel elle démontre que la différence entre les uns et les autres n’est pas aussi facile à determiner que l’on croit.

En 2018, elle a préfacé le livre collectif Le nouvel antisémitisme en France.

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