Elor Azaria est sorti de prison
Rechercher

Elor Azaria est sorti de prison

Le soldat accusé d'avoir tué un assaillant palestinien devait être libéré le 10 mai ; une libération anticipée lui a été accordée pour pouvoir assister au mariage de son frère

L'ancien soldat Elor Azaria à son arrivée à la prison militaire de Tsrifin, à Rishon Lezion, le 9 août 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
L'ancien soldat Elor Azaria à son arrivée à la prison militaire de Tsrifin, à Rishon Lezion, le 9 août 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Un soldat franco-israélien condamné pour homicide pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé a été libéré de prison après neuf mois derrière les barreaux, a annoncé l’armée mardi.

Elor Azaria, dont le procès avait déchaîné les passions dans son pays, avait été condamné à 18 mois de prison pour avoir tué en 2016 un assaillant palestinien dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée. Ce dernier venait d’attaquer des soldats israéliens au couteau et gisait au sol, apparemment hors d’état de nuire.

Le chef d’état-major des forces armées, Gadi Eisenkot, a par la suite réduit cette peine de quatre mois et en mars, une commission a ordonné une nouvelle réduction de peine.

« Je peux confirmer qu’il a été libéré », a déclaré mardi à l’AFP un porte-parole de l’armée israélienne. L’armée avait dans un premier temps annoncé que le soldat serait libéré le 10 mai mais, selon les médias israéliens, sa libération a été avancée pour lui permettre d’assister au mariage de son frère.

En Israël, les prisonniers voient souvent leurs peines réduites d’un tiers en cas de bonne conduite.

Elor Azaria, qui avait 19 ans au moment des faits, a commencé à purger sa peine le 9 août 2017.

Membre d’une unité paramédicale, il avait été filmé le 24 mars 2016 par un militant pro-palestinien alors qu’il tirait sur Abdel Fattah al-Sharif à Hébron. La vidéo s’était propagée sur les réseaux sociaux.

Elor Azaria a été déchu au rang de lieutenant.

Azaria a été reçu chez lui, dans la ville de Ramle, dans une ambiance festive, avec bannières et tee-shirts personnalisés.

« C’est bon de t’avoir à la maison, Elor, notre soldat », pouvait-on lire sur une banderole.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait initialement condamné Azaria, avant d’appeler à son amnistie, a déclaré qu’il était « heureux que tout soit terminé ».

Le ministre des Transports et du Renseignement Israel Katz a demandé à ce qu’Azaria puisse bénéficier du droit à l’oubli et que son casier judiciaire soit effacé. « Il est temps pour Elor de rentrer auprès de sa famille et de ses amis. J’en appelle au président Reuven Rivlin d’agir pour effacer le casier judiciaire d’Elor, afin qu’il puisse réintégrer la vie civile et reprendre sa vie en main. »

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a publié sur Twitter une photo d’Azaria avec sa famille, et a écrit : « Elor, c’est bon de t’avoir à la maison ».

Azaria, « le tireur de Hébron », n’a jamais exprimé de remords pour ses actons. Il maintient qu’il a ouvert le feu parce qu’il pensait que Sharif, l’assaillant, cachait une bombe sous ses vêtements. En revanche, le tribunal militaire a rejeté cette défense, mettant l’accent sur la nonchalance avec laquelle il a tué Sharif, et sur ses déclarations à ses camarades avant de passer à l’acte, lorsqu’il a dit que l’assaillant méritait de mourir.

L’affaire Elor Azaria a divisé le pays et a amené la société israélienne à s’interroger sur les activités de l’armée en Cisjordanie. Certains, majoritairement droitistes, estimaient qu’il s’était comporté en héros en tuant l’assaillant palestinien, et d’autres clamaient qu’il avait violé la loi et qu’il méritait une peine plus sévère que celle qui lui a été infligée.

Judah Ari Gross et Sue Surkes ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...