Rechercher

Changement d’image : Netanyahu promet un « gouvernement d’union large »

Face à la montée d'Eisenkot au centre-droit, le Premier ministre prône le consensus pour séduire les modérés, malgré un agenda législatif clivant qui contredit son discours fédérateur

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la cérémonie de remise des diplômes d'officiers de l'armée israélienne dans le sud d'Israël, le 25 juin 2026. (Flash90)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la cérémonie de remise des diplômes d'officiers de l'armée israélienne dans le sud d'Israël, le 25 juin 2026. (Flash90)

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis un « large gouvernement national » à l’issue des élections d’octobre. Il a profité d’une conférence de presse consacrée pour l’essentiel à défendre sa façon de gérer les guerres à Gaza, au Liban et en Iran pour tenter de redorer son blason politique.

À première vue, ses déclarations visant à rechercher le consensus et l’unité semblent présager de la fin de sa dépendance envers une coalition de partis de droite et ultra-orthodoxes, comme en écho aux éléments de langage de plusieurs de ses rivaux centristes.

Mais selon des analystes politiques, l’appel de Netanyahu vise moins à courtiser les dirigeants de l’opposition en vue de futurs partenariats après le scrutin qu’à convaincre les électeurs modérés du Likud et du centre-droit qu’il est — lui, et non son rival Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, en plein essor — le mieux positionné pour diriger une large coalition gouvernementale sioniste à l’issue des élections.

L’objectif de Netanyahu, selon un analyste, est d’améliorer les mauvais sondages de son actuelle coalition — laquelle se dirige vers un score de 52 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Mais il est fort probable qu’il s’en tienne aux mêmes alliés d’extrême droite et ultra-orthodoxes si son stratagème réussit et qu’il est réélu.

« Il y a des forces parmi nous qui veulent provoquer une rupture au sein de notre société, qui veulent exacerber et approfondir les malentendus, les désaccords et les divisions entre nous. Et je pense que c’est une terrible erreur », a déclaré Netanyahu samedi.

« J’ai l’intention de mettre en place un large gouvernement national. Pas un gouvernement restreint, pas un gouvernement de gauche qui dépendrait des partis arabes, mais un large gouvernement national. Car c’est seulement de cette manière, je crois, que nous pourrons parvenir à des accords entre nous », a-t-il poursuivi.

Netanyahu a précisé que la coalition qu’il appelait de ses voeux exigerait de « mettre fin aux boycotts » entre les différents camps politiques. Elle s’articulerait en partie autour de ce qu’il a décrit comme un consensus populaire contre un État palestinien et un désir partagé d’éviter une « guerre civile » sur des questions intérieures clivantes, telles que la conscription des Haredim (ultra-orthodoxes).

Il a ajouté que son futur gouvernement serait ouvert à tous ceux qui en partageraient les principes fondamentaux, notamment le fait qu’Israël est l’État-nation du peuple juif, le respect des droits individuels, une économie libre et technologiquement avancée, ainsi que la capacité d’Israël à se défendre de manière indépendante.

« À mon avis, il y a beaucoup plus d’unité au sein du peuple que ce que l’on voit à la Knesset. Bien plus. Je crois qu’il y a un large accord sur de nombreux sujets », a affirmé le Premier ministre lors de la conférence de presse.

« Les gens ne veulent pas d’une guerre civile. J’en suis certain. Il y a ceux qui essaient de l’attiser et d’approfondir les divisions au sein de la population. Je veux faire tout mon possible pour apaiser les choses », a-t-il dit.

Figure clivante qui n’a pas hésité, par le passé, à diaboliser ses opposants politiques, traités de « gauchistes dangereux » et, aujourd’hui, à proposer des projets de lois controversées, Netanyahu n’a pas reconnu la moindre responsabilité personnelle dans la désunion nationale.

A un autre moment de cette conférence de presse, il a fustigé Eisenkot, auquel il a reproché son excessive prudence, laquelle aurait laissé, selon lui, « l’ensemble du Hamas » intact.

Évoquant des informations faisant état de menaces de violences contre des manifestants haredim lors de récents rassemblements de masse contre la conscription des ultra-orthodoxes, Netanyahu a déclaré : « Quelqu’un a sorti une arme, et je crois qu’une femme a été blessée. Nous ne voulons pas en arriver là. »

Il n’a pas jugé pertinent de mentionner les violences perpétrées par des manifestants ultra-orthodoxes, notamment les récentes attaques contre le domicile du vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, et d’autres hauts responsables chargés de faire appliquer la loi contre les réfractaires au service militaire.

Des manifestants soutenant la conscription des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée bloquent une route dans la ville haredi de Bnei Brak, au centre d’Israël, affrontant des habitants, le 26 juin 2026. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

Il a également formulé une curieuse critique à l’encontre de ceux qui enverraient la police dans les yeshivot pour arrêter les étudiants refusant de s’enrôler, affirmant que cela empêcherait à jamais les hommes ultra-orthodoxes de vouloir servir : « Nous avons constaté une réaction considérable de la part de la population haredi. Les jeunes hommes haredim veulent faire leur service. Mais lorsque des arrestations sont menées dans des lieux d’étude de la Torah, cela produit l’effet inverse », a-t-il déclaré. En réalité, aucune arrestation de ce type n’a été signalée, et cette affirmation semble bien n’être qu’une tentative de fomenter le mécontentement tout en affirmant un désir d’unité.

« Si je vous disais que dans un pays européen, la police entre dans les yeshivot, arrête des jeunes hommes qui étudient la Torah et les met en prison, vous seriez choqués », a-t-il lancé.

Une manœuvre pour séduire le centre politique

Ses propos tombent à point nommé. En effet, Netanyahu tente d’endiguer l’érosion de ses soutiens au sein des électeurs modérés du Likud et du centre-droit. Selon un sondage de la chaîne N12 publié en mai dernier, 42 % des Israéliens ayant voté pour le Likud en 2022 auraient décidé – ou seraient presque décidés – à voter cette fois pour un autre parti.

Certains d’entre eux se sont peut-être déjà tournés vers Eisenkot, ex-chef d’État-major de Tsahal, dont les compétences en matière de sécurité, la réputation de droiture et le sacrifice personnel — il a perdu son fils dans la guerre à Gaza — en ont fait l’un des hommes d’opposition les plus séduisants pour les électeurs du centre-droit.

« Netanyahu essaie de déplacer son parti vers le centre afin de capter cet électorat », explique le professeur Gideon Rahat, chercheur principal au programme de réforme politique de l’Institut israélien de la démocratie. Il estime que cette tentative est trompeuse.

« Si cela fonctionne, après les élections, il refera exactement le même gouvernement que celui qu’il a actuellement — avec [les dirigeants d’extrême droite Itamar] Ben Gvir, [Bezalel] Smotrich et les ultra-orthodoxes. »

De gauche à droite : l’ancien Premier ministre Naftali Bennett s’exprime lors d’une conférence de presse à la Knesset à Jérusalem, le 20 mai 2026. (Yonatan Sindel/Flash90) ; le député Yair Lapid, chef de file de l’opposition et membre du parti Yesh Atid, préside une réunion de son groupe parlementaire à la Knesset le 25 mai 2026 (Yonatan Sindel/Flash90) ; Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, s’exprime lors d’une conférence à l’université de Tel Aviv, le 12 mai 2026. (Avshalom Sassoni/Flash90) ; Le chef du parti des Démocrates, Yair Golan, préside une réunion de son groupe parlementaire à la Knesset à Jérusalem, le 25 mai 2026. (Yonatan Sindel/Flash90) ; Le président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, préside une réunion de groupe à la Knesset le 25 mai 2026. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de précédentes élections, il est arrivé que Netanyahu tende la main à ses rivaux et opposants, notamment Naftali Bennett, Benny Gantz, Gideon Saar ou Avigdor Liberman, les invitant à mettre de côté leurs différends pour faire cause commune avec lui.

Selon Rahat, bien loin de signaler une volonté sincère de gouverner avec des dirigeants de l’opposition tels qu’Eisenkot, Liberman, Yair Lapid ou Bennett — lesquels ont tous fait savoir qu’ils ne s’associeraient pas avec lui —, le message de Netanyahu, cette fois-ci, s’adresse surtout aux électeurs mécontents du centre-droit, histoire de leur signifier que le Likud reste leur foyer politique.

Cette stratégie, développe Rahat, explique également pour quelle raison, malgré ses appels répétés à l’unité, Netanyahu a défini sa future coalition comme excluant les partis arabes et la gauche politique, tout en consacrant une bonne partie de sa conférence de presse à s’en prendre à Eisenkot, dont le parti a pour la première fois dépassé le Likud dans un sondage du Zman Yisrael publié la semaine dernière.

Un message d’unité en contradiction avec les priorités de la coalition

L’affirmation faite par Netanyahu, samedi, selon laquelle il serait capable de parvenir à un consensus autour de deux des questions les plus clivantes en Israël — à savoir la conscription des ultra-orthodoxes et le rôle de la justice — contraste fortement avec les priorités législatives de son gouvernement : sa coalition tente en effet de faire passer des lois controversées sur ces sujets précis avant les élections du 27 octobre prochain, et dans l’immédiat, avant la suspension des travaux de la Knesset, le 16 juillet prochain.

Cette semaine, la commission de la Knesset a programmé des sessions marathons pour faire avancer un projet de Loi fondamentale faisant de l’étude de la Torah une valeur fondatrice de l’État d’Israël : il s’agit d’un texte promu par les partis ultra-orthodoxes, pour protéger des sanctions et poursuites les étudiants de yeshiva réfractaires au service militaire.

Par ailleurs, Netanyahu et son ministre de la Défense ont présenté un projet de loi qui vise à empêcher l’arrestation des réfractaires comme des déserteurs.

Le projet de loi sur l’étude de la Torah progresse sur fond de rumeurs d’un accord conclu entre Netanyahu et les deux partis ultra-orthodoxes, visant à promouvoir une partie de leur agenda législatif en échange de leur soutien aux priorités de la coalition.

Bien que Shas et Yahadout HaTorah aient tous deux nié l’existence d’un tel accord, l’agenda législatif de la coalition a été de facto gelé pendant deux semaines en raison d’un boycott des partis haredim, initialement déclenché par le refus de la coalition de faire avancer la loi dite « des crèches » (rétablissant les subventions pour les enfants de réfractaires au service militaire) avant de s’étendre à d’autres exigences liées à la conscription.

Le président de Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, et le député Moshe Gafni à la Knesset, Jérusalem, le 27 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le même temps, la coalition tente de faire adopter deux autres projets de loi des plus polémiques qui s’inscrivent dans sa tentative de refonte du système judiciaire. Ces textes visent à limiter les pouvoirs de la procureure générale et complexifier l’inculpation de hauts responsables publics, à commencer par le Premier ministre, actuellement jugé pour corruption. Selon les détracteurs de ces textes, ces projets de lois ont pour but d’affaiblir l’un des principaux contre-pouvoirs institutionnels du gouvernement avant les élections.

En 2023, Netanyahu avait rejeté la proposition de refonte judiciaire consensuelle formulée par le président Isaac Herzog.

Le Premier ministre s’oppose également au principe d’une commission d’enquête d’État au sujet des défaillances qui ont permis le pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas, que les sondages présentent comme un sujet qui fait très largement consensus au sein de la société israélienne. Il est plutôt favorable à une enquête politique supervisée par sa propre coalition.

Netanyahu a jusque-là éludé toute responsabilité personnelle dans les manquements ayant conduit au pogrom du Hamas et catégoriquement refusé de présenter sa démission.

Le décalage entre le discours de Netanyahu, samedi soir, et les mesures prises par son gouvernement nourrit un scepticisme généralisé.

Les chefs de l’opposition l’accusent de chercher, par l’hypocrisie et le cynisme, à se poser en champion de l’unité nationale après des années d’aggravation des dissensions politiques et certains membres de sa propre coalition rejettent la perspective du large gouvernement qu’il évoque.

« Un Premier ministre qui a aveuglément conduit Israël à son niveau le plus bas, qui travaille jour et nuit pour semer les divisions et inciter à la haine, et consacre toute son énergie à encourager l’insoumission militaire n’est pas digne de ce pays, et n’a aucune légitimité pour donner des leçons d’unité », a réagi Eisenkot.

Il a promis que Netanyahu serait remplacé par une « majorité sioniste et nationaliste au service des intérêts d’Israël ».

« Ce soir encore, vous avez menti au sujet de Gaza et du Liban », a ajouté le chef de Yashar.

Yair Golan, le chef du parti HaDemocratim a lui aussi balayé la promesse du Premier ministre, déclarant que « l’homme responsable du plus grand désastre de toute l’histoire d’Israël ne mettra pas en place un gouvernement d’unité — ni même aucun gouvernement ».

Ironisant au sujet de l’appel au consensus de Netanyahu, il a ajouté que le Premier ministre était « plus que bienvenu pour s’unir avec Ben Gvir, Smotrich et les partis ultra-orthodoxes dans l’opposition », tout en invitant les partis de l’actuelle opposition à déclarer clairement qu’ils ne prendraient pas part à un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Au sein même de la coalition, le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a lui aussi critiqué cette promesse de « large coalition nationale » faite par le Premier ministre, qu’il a qualifiée de « très préoccupante ». Il a affirmé que les précédents gouvernements d’unité de Netanyahu avec des figures telles que Tzipi Livni ou Gantz avaient « paralysé le gouvernement, alors incapable de mener un programme de droite » et que Netanyahu ferait bien de chercher à établir « un gouvernement de droite à part entière ».

Une ouverture pour Gantz ?

Les propos de Netanyahu appelant à un gouvernement large et d’unité font écho aux propos du président de Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, et de ses possibles partenaires politiques — l’ex-chef des services d’incendie et de secours et père endeuillé Dedy Simhi, ainsi que le parti des Réservistes de Yoaz Hendel. Tous soutiennent qu’Israël a besoin d’un large gouvernement sioniste indépendant des partis arabes.

La convergence de leur discours pose question sur l’éventualité que Netanyahu tente de faire de Gantz et ses alliés de futurs partenaires de coalition, en dépit de leurs critiques envers le Premier ministre et de leurs divergences politiques, particulièrement sur la place des partis ultra-orthodoxes au sein de l’exécutif.

Le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, présidant une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 24 novembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Gantz, qui a catégoriquement rejeté l’ouverture faite par Netanyahu, avait permis à ce dernier de rester Premier ministre en 2020 grâce à un accord prévoyant une rotation à la tête du gouvernement — un accord qui s’était effondré quelques mois plus tard, sans que Gantz ait pu exercer les fonctions. Il avait également permis à Netanyahu de gouverner avec une relative stabilité en rejoignant un gouvernement d’urgence nationale quelques jours après le massacre du 7 octobre 2023.

« Monsieur le Premier ministre, nous ne vous croyons plus », a déclaré Gantz samedi soir. « Si cela ne tenait qu’à vous, vous mettriez une fois de plus en place un gouvernement avec les partis ultra-orthodoxes et des éléments extrémistes qui continueraient à bloquer Israël. »

Malgré ses critiques publiques, Gantz demeure le seul chef de l’opposition à ne pas avoir explicitement exclu de rejoindre une future coalition dirigée par Netanyahu. Simhi, qui a confirmé son alliance avec Gantz, a répété à plusieurs reprises qu’il prendrait part à tout gouvernement sioniste non dépendant des partis arabes, même un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Dans le même temps, les négociations entre Gantz, Simhi et le parti des Réservistes de Hendel seraient au point mort, précisément sur cette question : Hendel exclut catégoriquement de siéger au sein d’un gouvernement avec les partis ultra-orthodoxes, tandis que Simhi, et apparemment Gantz, y sont disposés.

S’ils se présentaient séparément, aucun de ces trois hommes n’obtiendrait probablement le score nécessaire pour franchir le seuil électoral, alors qu’ensemble, ils pourraient bien remporter jusqu’à sept sièges, disent les derniers sondages.

Un tel résultat pourrait faire de l’alliance dirigée par Gantz le faiseur de rois, offrant à Netanyahu un possible partenaire de coalition au-delà de ses alliés traditionnels ultra-orthodoxes et d’extrême droite.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.