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En Irak, le grand ayatollah se dissocie du futur gouvernement, la rue mobilisée

La semaine dernière, c'est un prêche en son nom qui avait précipité la chute du gouvernement d'Adel Abdel Mahdi, un an après sa prise de fonctions

Des partisans irakiens du groupe armé Hashed Al-shaabi tiennent une photo de la plus haute autorité religieuse chiite du pays, l'Ayatollah Ali Sistani, alors qu'ils manifestent sur la place Tahrir de la capitale Bagdad, le 4 décembre 2019. 
(Photo par AHMAD AL-RUBAYE / AFP)
Des partisans irakiens du groupe armé Hashed Al-shaabi tiennent une photo de la plus haute autorité religieuse chiite du pays, l'Ayatollah Ali Sistani, alors qu'ils manifestent sur la place Tahrir de la capitale Bagdad, le 4 décembre 2019. (Photo par AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Le grand ayatollah Ali Sistani a refusé vendredi d’être associé au futur Premier ministre en Irak dont les partis négocient la nomination sous égide iranienne au moment où les pouvoirs à Bagdad et Téhéran sont conspués dans la rue.

Le dignitaire de 89 ans, plus haute autorité religieuse chiite d’Irak, passe pour avoir fait et défait tous les Premiers ministres depuis le renversement du dictateur Saddam Hussein après l’invasion américaine du pays en 2003.

La semaine dernière, c’est un prêche en son nom qui avait précipité la chute du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi, un an après sa prise de fonctions.

Mais cette fois-ci, a prévenu l’ayatollah Sistani, il ne joue « aucun rôle » et ne fait « pas partie » des négociations, menées sous l’égide des émissaires de Téhéran – le général iranien Qassem Soleimani et le dignitaire chiite en charge du dossier irakien au Hezbollah libanais, Mohammed Kaoutharani.

« La nomination du Premier ministre doit se faire loin de toute ingérence étrangère », a martelé son représentant dans la ville sainte chiite de Kerbala au sud de Bagdad. Comme chaque vendredi, il a lu le sermon du grand ayatollah qui n’apparaît jamais en public.

Car les manifestants l’ont déjà dit : ils refusent quiconque sera nommé à la tête d’un pouvoir qui n’a pas été entièrement revu. Ils veulent une nouvelle Constitution et une nouvelle classe politique après que l’actuelle, inchangée depuis 16 ans, a fait s’évaporer l’équivalent de deux fois le PIB du pays dans les volutes de la corruption.

Vendredi, des centaines de clercs chiites et d’employés de différents lieux saints d’Irak – venus principalement de Najaf et de Kerbala – se sont mêlés aux manifestants de la place Tahrir de Bagdad, épicentre de la contestation entrée dans son troisième mois.

« Nous sommes solidaires des manifestants pacifiques, nous voulons des élections rapidement et un nouveau Premier ministre », a déclaré à l’AFP Fadhel Aouz, venu de Kerbala.

Des soutiens irakiens du groupe armé Hashed Al-shaabi manifestent sur la place Tahrir de la capitale Baghdad, le 5 décembre 2019. (Photo par AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Ce soutien des religieux a été exprimé au lendemain du déferlement place Tahrir de milliers de partisans du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par les pro-Iran et intégrée à l’Etat irakien, veut croire Thaër Steifi, un manifestant de 41 ans.

« Comme on redoutait des violences, on a appelé les religieux des lieux saints et ils sont venus. ».

Certains des manifestants antigouvernementaux ont dit craindre que les pro-Hachd ne se préparent à « nettoyer » la place pour « en finir » avec leur mouvement.

Les manifestants ont déjà renforcé des barrages filtrants installés autour de Tahrir.

Depuis le début de la semaine, deux figures de la contestation à Tahrir ont été enlevées alors que d’autres sont victimes d’intimidations, des actes contre lesquels l’Etat assure ne rien pouvoir faire.

Jeudi, le père de Zahra Ali, manifestante de 19 ans, a dit à l’AFP avoir retrouvé le corps sans vie et torturé de sa fille, qui distribuait des repas sur Tahrir.

Et vendredi, des proches de Zeid al-Khafaji, un photographe de 22 ans connu sur Tahrir, ont indiqué qu’il avait été enlevé devant sa porte en arrivant à l’aube chez lui de Tahrir.

Sous les yeux de sa mère, assurent des militants sur les réseaux sociaux, il a été embarqué dans un 4X4 noir.

Des dizaines de militants ont été retenus plus ou moins brièvement par des hommes armés et en uniformes que l’Etat assure également ne pas pouvoir identifier.

Amnesty International a accusé les autorités d’envoyer « le message qu’elles tolèrent ces abus » en « échouant à faire cesser arrestations arbitraires et enlèvements ».

Des manifestants s’en prennent à véhicules anti-émeute de la police irakienne au cours d’une manifestation contre la corruption de l’Etat et les mauvais services publics, entre la place Tahrir et le quartier de haute sécurité de la Ligne Verte de la capitale Baghdad, le 1 octobre 2019. (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Malgré cette menace, les Irakiens sont de nouveau par milliers dans la rue vendredi dans le sud de l’Irak, tribal et pétrolier.

Depuis le 1er octobre, l’Irak vit au rythme des violences et de manifestations contre le pouvoir dans l’un des pays les plus corrompus au monde, contre le chômage qui touche un jeune sur quatre, la pauvreté endémique et les ingérences étrangères, tout particulièrement celles de l’Iran.

Près de 430 personnes ont été tuées, majoritairement des manifestants, et quelque 20 000 blessées, selon un bilan compilé par l’AFP à partir de sources médicales et policières.

Les manifestants on obtenu une première victoire avec la démission le 1er décembre d’Adel Abdel Mahdi qui gère les affaires courantes jusqu’à la désignation de son remplaçant par le président Barham Saleh à qui il reste une dizaine de jours pour le faire.

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