France/Antisémitisme : 127 universitaires juifs contre la définition de l’IHRA
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France/Antisémitisme : 127 universitaires juifs contre la définition de l’IHRA

Sans valeur contraignante, la résolution, qui sera discutée mardi, ne fait pas consensus dans la majorité

L'Assemblée nationale française. Illustration. (Crédit : Pol/CC BY 3.0/Wikimedia commons)
L'Assemblée nationale française. Illustration. (Crédit : Pol/CC BY 3.0/Wikimedia commons)

Un collectif de 127 intellectuels juifs a appelé les députés français à s’opposer à une proposition initiée par un député de la majorité présidentielle pour lutter contre de « nouvelles formes » d’antisémitisme, qui doit être examinée mardi à l’Assemblée.

« Nous, universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, dont beaucoup de spécialistes de l’antisémitisme et de l’histoire du judaïsme et de l’Holocauste, élevons notre voix contre cette proposition de résolution », écrit ce collectif dans une tribune au Monde (réservée aux abonnés) datée de mardi.

« La montée de l’antisémitisme dans le monde, y compris en France, nous préoccupe profondément. Nous considérons l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme et de xénophobie comme une menace réelle contre laquelle il convient de lutter avec la plus grande fermeté, et exhortons le gouvernement et le Parlement français à le faire. »

Parmi les signataires, dont l’historien israélien Zeev Sternhell, figurent plusieurs professeurs – ou ex-professeurs – en poste à Paris, Oxford (Royaume-Uni), Princeton (États-Unis) ou encore Jérusalem.

Sans valeur contraignante, la résolution soumise à l’Assemblée ne fait pas consensus dans la majorité.

La résolution suggère de reprendre la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), déjà validée par plusieurs pays et appuyée par le président français Emmanuel Macron en février devant le Conseil représentatif des institutions juives de France. M. Macron avait alors affirmé vouloir élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme.

La résolution est « hautement problématique », affirme le collectif dans sa tribune, parce qu’elle « assimile (…) l’antisionisme à l’antisémitisme ». Or « pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux », affirme le collectif.

« Certains juifs s’opposent au sionisme pour des raisons religieuses, d’autres pour des raisons politiques ou culturelles. De nombreuses victimes de l’Holocauste étaient antisionistes », lit-on dans le texte.

« Pour les Palestiniens, le sionisme représente la dépossession, le déplacement, l’occupation et les inégalités structurelles. (…) Ils s’opposent au sionisme non par haine des juifs, mais parce qu’ils vivent le sionisme comme un mouvement politique oppressif ».

La deuxième raison est que la définition de l’antisémitisme de l’IHRA elle-même est « hautement problématique », « peu claire et imprécise », estiment les signataires.

Selon eux, « l’antisémitisme doit être combattu sur des bases universelles, au même titre que d’autres formes de racisme et de xénophobie, pour lutter contre la haine ».

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