Rechercher

Frontières maritimes: Amos Hochstein présente la proposition libanaise à Israël

Après la réunion entre le représentant américain et les négociateurs libanais, le ministère de l'Énergie espère que le conflit sur le champ gazier pourra être bientôt résolu

Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran sur YouTube)
Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran sur YouTube)

L’envoyé américain Amos Hochstein s’est entretenu avec l’équipe de négociations israélienne, vendredi, pour évoquer la proposition soumise par le Liban pour résoudre le conflit sur les frontières maritimes, un conflit en lien avec des travaux d’exploration de forage dans des réserves offshore de gaz naturel, qui oppose les deux pays.

Hochstein a présenté ce plan lors d’un appel par visioconférence, a fait savoir la chaîne publique Kan.

Le ministère de l’Énergie a fait savoir dans un communiqué qu’il espérait que le conflit serait réglé dans un avenir proche.

« L’équipe de négociation israélienne qui travaille sur les frontières maritimes a eu une rencontre professionnelle, hier, avec le médiateur américain Amos Hochstein », a indiqué le ministère dans un communiqué, samedi.

« L’équipe a été informée du déroulement de la visite du médiateur au Liban et les parties ont évoqué la formulation d’une orientation constructive de manière à ce que les pourparlers puissent aller de l’avant tout en préservant les intérêts économiques et sécuritaires d’Israël, avec l’intention de trouver un accord dans ce dossier dans un avenir proche ».

Les tensions entourant cette querelle se sont accrues ces dernières semaines après l’arrivée d’une plateforme de production gazière en vue du lancement de travaux d’extraction dans le champ de gaz offshore de Karish. Le Liban, qui dit être propriétaire d’une partie de cette réserve, s’est insurgé contre cette initiative prise par l’État juif.

Israël, de son côté, affirme que le champ est situé dans sa zone économique exclusive.

Le ministre des Affaires étrangères libanais Abdallah Bouhabib, à gauche, rencontre l’envoyé américain aux Affaires de l’énergie Amos Hochstein à Beyrouth, au Liban, le 14 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

Les négociateurs auraient dit à Hochstein, au début du mois, qu’ils souhaitaient abandonner leur revendication portant sur le contrôle d’une partie du champ de gaz Karish – qui est revendiqué par Israël – mais qu’en échange, ils voulaient avoir la pleine maîtrise de la réserve gazière Qana qui chevauche également les zones économiques des deux pays.

Les discussions indirectes entre Israël et le Liban, qui ont eu lieu par l’intermédiaire des négociateurs américains – notamment par le biais de Hochstein – étaient tombées dans l’impasse l’année dernière lorsque le Liban avait changé sa demande concernant la délimitation de sa frontière maritime, passant de la Ligne 23 à la Ligne 29, plus au sud – ce qui élargissait la zone revendiquée par Beyrouth d’environ 1 400 kilomètres-carrés et recouvrait une partie du champ de Karish.

Israël cherche actuellement à développer cette réserve particulière de gaz alors que le pays tente de se positionner comme fournisseur de gaz naturel à l’Europe.

Au début du mois, Israël, l’Égypte et l’Union européenne ont signé un protocole d’accord au Caire qui prévoit l’exportation par l’État juif de son gaz fossile au bloc de l’UE pour la toute première fois.

Cet accord historique augmentera les ventes de gaz liquéfié aux pays européens, qui veulent aujourd’hui réduire leur dépendance face aux ressources énergétiques russes dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine. Selon l’accord, Israël enverra son gaz via l’Égypte, qui a les structures nécessaires pour le liquéfier en vue de son transport par la mer.

La ministre de l’Énergie Karine Elharrar a indiqué que la signature de ce protocole d’accord venait cimenter le rôle tenu par le « petit Israël sur la scène énergétique mondiale.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...